Daniel et Chon

Limoges-Persépolis et retour !


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Le monde à l’envers / Upside down

Les blogs c’est sympa, mais ils souffrent d’une maladie congénitale : les derniers messages postés sont les premiers ! C’est le monde à l’envers.

Blogs are nice, but they suffer from a congenital disease: the last messages posted are the first shown ! It’s the world upside down.

Si quelqu’un veut suivre notre parcours dans le sens normal de son déroulement, voici trois liens vers à chaque fois le premier billet posté pour la Géorgie, l’Arménie et l’Iran.

If you want to follow our trip in the normal direction of its course, here are three links the first tickets posted for Georgia, Armenia and Iran.

En cliquant sur un des liens (« c’est par ici ») , vous serez amené au premier message du pays concerné. Il vous suffira ensuite de descendre tout en bas de la page, après les éventuels commentaires, et cliquer sur « message suivant » pour suivre notre périple dans le bon sens, plutôt qu’en marche arrière.

By clicking on one of the links (« c’est par ici »), you will be taken to the first message of the country concerned. You will thenonly have to go down the bottom of the page, and click on « Article suivant » to follow our journey in the right direction, rather than in reverse.

La Géorgie, c’est par ici

L’Arménie, c’est par ici

et l’Iran, c’est par ici

Bon voyage !

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Maison ! / Back home !

Et voilà ! La boucle est bouclée.

Nous sommes de retour chez nous depuis quelques jours. Ravis de ce magnifique voyage et contents d’être rentrés.

Le retour a été un peu long. Nous n’étions pas dans l’état d’esprit de visiter les pays que nous traversions. Il y avait bien sûr sur notre chemin la possibilité d’un détour par la Cappadoce au centre de la Turquie, mais l’Iran était tellement présent dans nos têtes qu’on s’est dit qu’on n’était plus disponibles pour de nouvelles découvertes et que ce serait pour une autre fois.

C’est donc en huit jours depuis la frontière Iran/Turquie à Bazargan que nous avons rejoint Limoges, après près de 5 000 kms plus ou moins non stop.

Nous avons tout de même passé une belle soirée avec notre ami Lionel à Istanbul.

Nous avons aussi fait un arrêt pour nous rassurer auprès du garage Ford de Plovdiv en Bulgarie à propos de la présence d’huile suintant du tuyau d’échappement. Pas de problème d’après les mécaniciens bulgares, qui parlaient anglais. On s’était déjà arrêté chez Ford à Erzurum en Turquie, mais on n’avait pas eu d’explication, faute de langue commune. On a donc repris la route rassurés. Et on est arrivés à Limoges sans encombres.

82 km/h ???

La France, cela a d’abord été une soirée dans une brasserie dans la vieille ville de Belfort, avec un menu franc comtois : saucisse de Morteau, cancoillotte et pommes de terre sautées, et friture de carpe, arrosés d’un petit Chablis. Là on a bien senti qu’on était près de l’arrivée !

On a encore dans la tête quelques billets de blog sur l’Iran, mais pour le moment, repos.

Il nous reste tout de même à résoudre l’énigme de cet étrange cactus qu’on nous a offert en partant de chez nos amis de Qazvin : qu’est-ce que cela peut bien être ? (Non, ce ne sont pas des stylos bic !).

Et un grand merci à tous ceux qui ont eu la gentillesse de nous mettre des petits mots de commentaires. Cela nous a fait chaud au cœur et au plaisir de vous voir / revoir en chair et en os !


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Derniers regards persans / Last Persian glances

On ne s’y attendait pas, mais il est là, en majesté. Au bout de la rue principale de la dernière ville d’Iran, juste avant la douane, il nous attendait. On l’avait à peine aperçu en sortant d’Erevan, la capitale arménienne, dans la brume de chaleur du mois d’août. Le mont Ararat, symbole de l’Arménie occupée, est couvert de neige, comme un Fuji Yama local. La boucle est bouclée et il est temps pour les cigognes de rentrer à la maison.

We did not expect it, but it is there, in majesty. At the end of the main street of the last city of Iran, just before the customs, it was waiting for us. We had barely  seen it when coming out of Yerevan, the Armenian capital, in the heat haze of August. Mount Ararat, symbol of occupied Armenia, is covered with snow, like a local Fuji Yama. The loop is complete and it is time for the storks to go home.

Ca y est. On est donc à la frontière turque ! Après deux jours à Qazvin et un dernier repas « en famille », on a pris la route de Limoges.

That’s it. We are at the Turkish border ! After two days in Qazvin and a last « family » meal « , we took the road to Limoges.

Hier soir on dormait à Tabriz et ce soir on est à Bazargan, avec devant nous l’immense Turquie à traverser.

Fin d’un tour de Perse qui aura duré deux mois. Assez pour prendre plein les yeux et plein la tête et pour repartir avec plein de questions sur ce pays si attachant. Il faudra un peu de temps pour décanter tout cela.

Last night we were sleeping in Tabriz and tonight we are in Bazargan, with the huge Turkey in front of us. End of a tour of Persia that lasted two months. Enough to fill our eyes and head s and to leave with many questions about this country so endearing. It will take a little time to decant all this.

Mais les peupliers d’Iran jaunissent et nous rappellent que notre visa vient à expiration. Demain, bonjour la Turquie !

But the poplars of Iran are turning yellow and remind us that our visa is about to expire. Tomorrow, hello Turkey!


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Le long de la Caspienne/ Along the Caspian sea

Déjà une semaine que nous avons quitté Mashad. En laissant derrière nous la grande ville, nous avons entamé le chemin du retour vers Limoges. Nous avons pris le chemin des écoliers pour rejoindre Qazvin et l’autoroute qui nous ramènera en Turquie.

Already a week since we left Mashad. With the greatbig city behind us, we started our way back to Limoges. We are on our way to reach Qazvin and the motorway which will bring us back to Turkey.

L’idée était de longer la Mer Caspienne et découvrir cette partie de l’Iran. En effet la chaîne de montagnes de l’Alborz retient les précipitations et l’humidité de la Caspienne et permet une végétation et un climat subtropicaux.

The idea was to go along the Caspian Sea and discover this part of Iran. the mountain range of the Alborz retains the rain andthe  humidity of the Caspian sea and allows a subtropical vegetation and climate.

Mais de jour en jour, nous n’avons eu pratiquement que des déconvenues !

But day after day, we had practically nothing but disappointments!

Le premier jour, nous nous sommes arrêtés à Nishapour pour saluer la tombe de Omar Khayyam, dans un parc où il cohabite avec un saint chiite et son mausolée. Le parc est séparé en deux : à droite le mausolée et un grand nombre d’iraniens, et à gauche derrière des grilles, la moité du jardin qui abrite le monument à Khayyam. Gratuité à droite, et ticket à gauche côté Khayyam. On n’est pas radins mais quand même ! Quand en plus on découvre que le monument est en réfection et couvert d’échafaudages, on comprend qu’il n’y ait personne et on a l’impression d’avoir été arnaqués !

The first day we stopped in Nishapur to greet Omar Khayyam’s grave in a park where he sleeps for ever near some Shiite holy man and his mausoleum. The park is separated in two: on the right the mausoleum and a large number of Iranians, and on the left, behind fences, the other half of the garden which houses the monument to Khayyam. Free entrance on the right, and ticket for the left side. When we discovered that the monument is being repaired and covered with scaffolding, we understood why there was nobody on that side and we felt a bit scammed!

On a repris la route vers le parc national du Golestan, à travers la chaîne de l’Alborz. Belles vues des montagnes couvertes de forêts et passage dans des gorges impressionnantes, mais à chaque fois qu’on envisageait de s’arrêter pour bivouaquer, on découvrait des tas d’ordures laissés par des pique-niqueurs.

We took the road to the Golestan National Park, through the Alborz. Beautiful views of the mountains covered with forests as we passed through impressive gorges, but whenever we planned to stop to bivouac, we discovered piles of garbage left by picnickers.

On a donc continué jusqu’à la nuit et un relais de camionneurs turcs au bord de la route à Soltan Abad. Ces forçats de la route font la navette entre la Turquie, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan !

So we continued until the night and a TIR car park for Turkish truckers at the roadside in Soltan Abad. These guys commute all year long between Turkey, Turkmenistan, Uzbekistan, Tajikistan and Kyrgyzstan!

Le lendemain, c’est le camping car qui nous a causé quelques frayeurs : il perd de l’huile par le tuyau d’échappement. Les mécaniciens parlent de turbo, d’injecteurs, mais nous disent qu’on peut rouler jusqu’en Turquie. Il n’y a pas de Ford en Iran, mais beaucoup de l’autre côté de la frontière. On croise les doigts !Le garage « spécialiste » des diesels de Gonbad-e Qabus vaut une photo quand même !

The following day, it was the camper that caused us some fears: it loses oil through the exhaust pipe. The mechanics talk about turbo, injectors, but tell us that we can drive to Turkey. There is no Ford in Iran, but a lot of Ford dealers after the border. the Gonbad-e Qabus  garage for diesel is worth a picture anyway!

La côte de la Caspienne est très décevante. On savait déjà que les Iraniens ont des progrès à faire question environnement, et que si les villes sont propres c’est parce que les services de nettoiement travaillent tout le temps.

The coast of the Caspian is very disappointing. We already knew that the Iranians have a long way to go about environmental issues, and that if cities are clean, it is because cleaning services work all the time.

Mais on n’a jamais vu des plages aussi sales. Le sable est marronasse, et couvert de détritus. Le plus incroyable est que cela ne semble gêner personne.

But we’ve never seen such dirty beaches. The sand is brown and covered with rubbish. The most incredible thing is that it does not seem to bother anyone.

On a donc roulé trois jours sur cette quatre-voies qui longe la côte, avec d’un côté un mur de maisons et d’immeubles qui privatisent en grande partie l’accès aux plages, et à gauche la montagne dans les nuages.

We therefore rode three days on this four-lane highway that runs along the coast, with on one side a wall of houses and buildings that largely privatize  access to the beaches, and on the left the mountain in the clouds.

Il faut dire aussi que le temps s’est bien détérioré et que nous avons traversé la région en grande partie sous la pluie. Cela n’arrange pas vraiment l’ambiance. Et quand il faut trouver un point de chute pour la nuit sous l’orage, ce n’est pas terrible. On a quand même trouvé ce qu’il fallait, avec une vue imprenable sur la mer, comme l’atteste la photo ci-dessous.

It must also be said that the weather has deteriorated considerably and that we have crossed the region largely under the rain. It does not really set the mood. And when you have to find a place to sleep for the night under the storm, it’s not very nice. We nevertheless found what we needed, with an unobstructed view of the sea, as the photo below shows.

En fait, il faut se retourner vers le côté montagne pour trouver un peu d’intérêt à la région. Le père du dernier Shah s’était fait construire à Ramsar une grande villa sur les contreforts de l’Alborz au milieu d’un jardin de palmiers et d’arbres tropicaux.

In fact, you have to turn to the mountain side to find a bit of interest in the area. The father of the last Shah had built a large villa at Ramsar in the foothills of the Alborz in the middle of a garden of palm trees and tropical trees.

La visite de l’intérieur n’est pas vraiment une surprise. On savait depuis son palais de Téhéran qu’il aimait les styles Louis XV, Louis XVI et Empire. On a demandé à une guide de retourner les assiettes sur la table dressée dans la salle à manger : c’est du Haviland de Limoges !

The visit was not really a surprise. We knew already from his palace in Teheran that he liked the Louis XV, Louis XVI and Empire styles. We asked a guide to turn the plates on the table in the dining room: it is from Haviland de Limoges!

Ce qui est par contre formidable c’est le tout nouveau musée de l’ivoire installé depuis six mois dans un pavillon du jardin. Les Pahlavi avaient collectionné des centaines d’objets, surtout d’origine indienne et chinoise, qui ont été rassemblés ici. C’est magnifique. C’est difficile de rendre compte de ces travaux d’une finesse incroyable. Complètement époustouflant !

What is worth the trip is the brand new ivory museum which has opened six moths ago in a pavilion in the garden.The Pahlavi Shahs had collected hundreds of objects, mostly of Indian and Chinese origin, which are now gathered here. That’s wonderful. It is difficult to account for these works of incredible finesse. Completely stunning !

50 kms plus loin, le « musée national du thé » à Lahijan est sans doute le plus ringard qu’on n’est jamais vu. Une grande salle avec mezzanine où trône le bureau du directeur du musée et de vagues objets sans intérêt. On est partis en courant !

On the other hand, the « National Museum of Tea » in Lahijan is without a doubt the takiest one we have ever seen. A large room with mezzanine where thrones the desk of the director of the museum and vague objects without interest. We ran away!

Après une dernière tentative toujours aussi vaine pour trouver une plage propre, nous sommes montés à Massouleh, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Tout en haut d’une vallée où se succèdent les espaces de pique nique et les restaurants, on découvre un joli village étagé à flanc de montagne.

After a last and still vain attempt to find a clean beach, we went up to Massouleh, a UNESCO World Heritage Site. At the top of a valley where picnic areas and restaurants alternate, we discovered a pretty village stepped on the mountainside.

Les toits des maisons du bas servent d’assises et de rues à celles au dessus. C’est assez étonnant mais on doit dire qu’on n’a pas été emballés : on se croirait au Maroc dans l’Atlas et on dirait un « Moulay Brahim » iranien.

The roofs of the houses below serve as foundations and streets to those above. It is quite astonishing but we must say that we were not wrapped: it looks like an Iranian « Moulay Brahim ».

Vous l’aurez compris, la traversée le long de la Caspienne ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Le temps gris et pluvieux y est peut-être pour quelque chose, mais on vit aussi le syndrome du retour. L’énergie pour la découverte s’est un peu émoussée. Mais la gentillesse des Iraniens est toujours au rendez-vous. Hier soir, garés dans une rue calme de village, trois femmes ont toqué à la porte pour nous apporter un plat tout chaud de spécialités locales, avant de nous inviter pour un thé en famille.

As you must have figured it out by now, the crossing along the Caspian will not leave us an imperishable memory. Gray and rainy weather is perhaps for something, but we hav also « the syndrome of the return trip ». The energy for discovery has a little blunted. But the kindness of the Iranians is always there. Yesterday evening, parked in a quiet village street, three women knocked at the door to bring us a hot dish of local specialties, before inviting us for a family tea.

C’est finalement sans regret que nous mettons cap sur la montagne, pour rejoindre l’autoroute qui nous mènera sans encombre, inch’Allah, jusqu’en Turquie, avec un arrêt à Qazvin pour saluer nos amis Fatemeh et Saïd, et une étape à Tabriz pour un dernier tour du bazar.

It is finally without regret that we set sail towards the mountain, to reach the freeway that will take us safely, inch’Allah, to Turkey, with a stop in Qazvin to greet our friends Fatemeh and Said, and a day in Tabriz for a final round in the bazaar.

Route terre, comme on dit au Guilvinec !

Let’s go back to the port, as they say in Brittany !


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Chez l’Imam Reza / At Reza’s place

Mashad, la deuxième ville du pays, est situé e au nord-est, aux confins du Turkmènistan et de l’Afghanistan. On a hésité à faire tout ce chemin pour y passer. On aurait eu tort de l’éviter. Nos amis iraniens nous l’avait dit : ne ratez pas Mashad et le sanctuaire de l’imam Reza. Ils avaient raison. Certains diront que c’est un sanctuaire de plus, un tombeau de plus et c’est aussi ce qu’on pensait. Mais en arrivant, on a du l’admettre, c’est un lieu incroyable !

Mashad, the second largest city in the country, is located in the northeast, on the borders of Turkmenistan and Afghanistan. We hesitated to go all the way to get there. It would have been wrong to avoid it. Our Iranian friends told us : do not miss Mashad and the sanctuary of Imam Reza. They were right. Some will say that it is one more sanctuary, one more tomb and that is what we thought. But when we arrived, we had to admit it, it is an incredible place !

Reza est le huitième imam du Chiisme. Il est mort empoisonné en 818 après J-C, et son sanctuaire est le plus grand lieu saint pour les Chiites, avec Kerbala et Najaf en Irak. Pour avoir visité Kerbala il y a vingt ans quand on habitait au Liban, on témoigne que c’est le plus important !

Reza is the eighth imam of Shiism. He died poisoned in 818 AD, and its sanctuary is the greatest holy place for the Shi’ites, with Kerbala and Najaf in Iraq. For visiting Kerbala twenty years ago when we lived in Lebanon, we testify that this is the most important!

En plein centre-ville, c’est un espace de 75 hectares ! Les chiffres donnent le tournis : dix grandes cours reliées les unes aux autres par des porches décorés, des mosquées énormes, des bibliothèques, des écoles, un restaurant, des musées, la tombe de Reza bien entendu, mais aussi celles d’autres dignitaires.

In the heart of the city, this is an area of ​​75 hectares! Numerous figures give vertigo : ten large courtyards linked together by decorated porches, huge mosques, libraries, schools, a restaurant, museums, Reza’s tomb, of course, but also those of other dignitaries.

Jusqu’il y a six mois, les non musulmans ne pouvaient pas y entrer. Maintenant c’est possible. On est accueillis comme des princes, avec un thé et des patisseries, avant d’être confiés à un guide (francophone). Grâce à lui, on a pu parcourir une grande partie du complexe et se rendre compte de son immensité.

Until six months ago, non-Muslims could not enter the shrine. Now it’s possible. We are welcomed like princes, with tea and pastries, before being entrusted to a guide (francophone). Thanks to him, we were able to go through a large part of the complex and realize its immensity.

Les cours succèdent aux cours, on descend en sous-sol pour découvrir une immense mosquée couverte de miroirs en mosaïque, on remonte pour visiter d’autres salles de prière.

Courtyards follow courtyards, we descend into the basement to discover a huge mosque covered with mosaic mirrors, and go up to visit other prayer rooms.

On passe des porches qui mènent à des medrassas ou des bibliothèques. C’est impressionnant.

We walk through porches that lead to more mosques,  medrassas or libraries. It’s impressive.

Pour le fun, on est allé voir la bibliothèque publique du site, qui revendique des livres en 93 langues, rangés en CDU. On y  a trouvé un Mary Poppins en latin !

For fun, we went to see the public library of the site, which claims books in 93 languages, arranged in CDU. We found a Mary Poppins in Latin!

On ne peut pas entrer sans le saint des saints, le mausolée de l’imam, mais ce qui est le plus extraordinaire, c’est la foule qui circule dans l’ensemble des espaces ; VINGT millions de pèlerins chaque année  ! On y vient de toute la galaxie chiite, Iran bien sûr, mais aussi Afghanistan, Pakistan, Inde, Irak, Liban, golfe persique.

Non muslims can not enter in the holiest part, the mausoleum of the Imam, but what is most extraordinary is the crowd which circulates in all the spaces; TWENTY millions pilgrims every year! They comme from all the Shia galaxy, Iran of course, but also Afghanistan, Pakistan, India, Iraq, Lebanon, the persian gulf.

Difficile de rendre compte de cette ville dans la ville avec quelques photos, le site officiel du sanctuaire propose des visites virtuelles qui permettent de réaliser l’importance de cet ensemble architectural unique. Le site (version anglaise) est un peu poussif mais cela vaut la peine d’y jeter un œil.

Difficult to account for this city in the city with a few photos, the official site of the sanctuary offers virtual tours that make it possible to realize the importance of this unique architectural ensemble. The site (English version) is a little bit slow but it’s worth taking a look.

http://razavitv.aqr.ir/panorma_pilgrimage/en

Et encore, nous sommes un jour de semaine, hors vacances ! Pour Norouz, le jour de l’an iranien, le sanctuaire accueille UN MILLION de visiteurs !

And again, we were there on a weekday, out of holidays! For Norouz, Iranian New Year, the shrine welcomes ONE MILLION visitors!

Pour vous donner une idée de l’ambiance,une vidéo filme en direct ce qui se passe autour du tombeau de Reza.

To give you an idea of ​​the atmosphere, a video clips live what happens around the tomb of Reza.

C’est ici/ It’s here : VIDEO

En tous cas, il est dit que tout visiteur au sanctuaire gagne sa place au paradis. Nous verrons bien, Inch’Allah !

In any case, it is said that every visitor to the sanctuary gains his place in paradise. We shall see, Inch’Allah !


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Opération Safran / Operation Saffron

La région du Khorasan, au nord est de l’Iran, est le pays du safran. Torbat-e- Heydariyeh est le centre de la zone de production qui fournit cinquante à soixante dix tonnes de la précieuse épice, la moitié de la production nationale. On a du mal à imaginer le volume d’un tel poids. Nous sommes en période de récolte et on voit dans les champs les cueilleurs à l’oeuvre.

The region of Khorasan, in northeastern Iran, is the country of saffron. Torbat-e- Heydariyeh is the center of the production area which provides seventy tons of the precious spice, half of the domestic production. It is difficult to imagine the volume of such a weight. It is harvest time and we can see the pickers at work in the fields.

On s’est arrêté dans le premier village sur la route (35.65515, 59.2622), pour essayer d’en acheter directement au producteur. Ce qui n’a pas été simple au départ car personne ne parlait un mot d’anglais et le réseau internet était si faible qu’on ne pouvait pas utiliser les dictionnaires en ligne. Finalement, on a fini par se faire comprendre par Hassan, le cafetier-restaurateur-épicier, qui nous a fait monter dans sa vieille 405 (un automobiliste iranien sur dix roule en Peugeot 405), avec son fils Amine Reza sur les genoux. Nous voilà partis pour une destination inconnue. En fait Hassan nous a amené à travers champs vers la parcelle familiale où la récolte battait son plein.

We stopped in the first village on the road (35.65515, 59.2622), trying to buy directly from the producer. It was not easy at first because no one spoke a word of English and the internet was so weak that you could not use online dictionaries. Eventually, Hassan, the owner od the restaurant-grocery store, understood what we wanted and pushed us in his old 405 (an Iranian motorist out of ten drives a Peugeot 405), with his son Amine Reza on his knees. We left for an unknown destination. In fact Hassan took us across fields to the plot where the harvest was in full swing.

Accueillis avec le sourire, nous sommes repartis avec une grosse poignée de fleurs offertes par une des ramasseuses. De quoi faire au moins un gramme de safran !

Welcomed with a smile, we left with a large handful of flowers offered by one of the pickers. Enough to do at least one gram of saffron!

 

De retour dans la voiture, Hassan a sorti deux paquets qu’il nous a fait respirer : un sac de safran rouge, et un de safran jaune. En sniffant les deux, on avait l’impression de dealer de la drogue en cachette au fin fond de la campagne !

Back in the car, Hassan took out two packages he made us breathe : a bag of red saffron, and one of yellow saffron. By sniffing the two, one felt like a drug dealer doing business away in the countryside!

Une fois au village, Hassan a ouvert les fleurs du safran de Chon, en conservant bien entendu les trois stigmates rouges, mais aussi, et séparément, la tige jaune qui porte les stigmates : d’où le sac de safran jaune. Celui-ci sent beaucoup moins fort et est vendu deux fois moins cher.

Returning to the village, Hassan opened Chon’s flowers of Saffron, preserving of course the three red stigmas, but also, and separately, the yellow stems that carry the stigmata : hence the bag of yellow saffron. This one feels much less strong and is sold twice cheaper.

Il nous a ensuite amené dans une autre boutique du village équipée d’un pèse-lettres et on s’est mis d’accord pour le prix, avec force écritures, calculs et gestes, faute de langue commune : 600 000 rials pour 10 grammes soit 1,30 € le gramme.

He then took us to another shop in the village equipped with a letter-weighing machine and we agreed to the price, after a lot of handwriting, calculations and gestures, for lack of a common language : 600,000 rials for 10 grams or 1,30 € per gram.

Résultat, s’étant quittés bons amis, après 20 kms, on a fait demi-tour pour en acheter un peu plus. Cette fois-ci, la transaction a été plus facile, car Hassan avait réquisitionné deux gendarmes qui passaient par là pour faire la traduction.

As a result, after 20kms, we turned around to buy a little more. This time, the transaction was easier, for Hassan had requisitioned two gendarmes who were passing by to do the translation.

Et bien sûr, tout s’est terminé avec un verre de thé !

Quant à Chon, elle surveille amoureusement ses deux petits tas de safran tout frais, mis à sécher sur le tableau de bord.

And of course, it all ended with a glass of tea!

As for Chon, she lovingly looks after  her two small batches of fresh saffron, put to dry on the dashboard.


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La diagonale du vide / crossing the void

La géographie de l’Iran est rythmée par deux chaines de montagnes : l’Alborz , ouest-est, qui longe la Caspienne depuis la frontière turque jusqu’à celle du Turkménistan, et le Zagros, depuis l’Arménie jusqu’au golfe persique. Ces deux massifs prennent en ciseaux les deux grands déserts iraniens, le Dasht-e-Kavir au nord, face au Turkménistan, et le Dasht-e-Lut au sud, face à l’Afghanistan et au Pakistan. Ils sont immenses et couvrent les deux tiers de la taille de la France !

The geography of Iran is punctuated by two mountain ranges: the Alborz, west-east, which runs along the Caspian from the Turkish border to that of Turkmenistan, and the Zagros, from Armenia to the Persian Gulf . These two massifs take in scissors the two great Iranian deserts, the Dasht-e-Kavir in the north, in front of Turkmenistan, and the Dasht-e-Lut in the south, in front of Afghanistan and Pakistan. They are huge and cover two thirds of the size of France !

Traverser en diagonale les 1 500 kms de Chiraz à Mashad n’est pas difficile car les routes sont bonnes mais c’est terriblement ennuyeux.

Crossing diagonally the 1,500 kms from Shiraz to Mashad is not difficult as the roads are good but it is terribly boring.

Si il n’y avait pas quelques villes comme Yazd et quelques oasis perdues dans l’immensité, on se croirait sur la lune. Les étendues de graviers, les zones de dunes, succèdent aux barres de pitons rocheux déchiquetés, en passant par des lacs de sel asséchés. Pas un arbre, peu de végétation à part de courageux tamaris de loin en loin.

If there were not a few cities like Yazd and some oases lost in the immensity, one would feel like being on the moon. The gravel stretches, the dune areas, are followed by bars of shattered rocky peaks, or dried salt lakes. Not a tree, little vegetation apart from some courageous tamaris from time to time.

On voit plus de panneaux « attention chameaux » que de chameaux ! On oublierait presque les caravanes de la route de la soie, si on ne croisait pas, de temps à autre, un caravansérail bien pratique pour se mettre à l’ombre à midi.

One sees more « beware of  camels » signs than the real animals! One would almost forget the caravans of the Silk Road, if one did not come across, from time to time, a convenient caravanserai to get into the shade at noon.

Tabas, à mi-parcours, est tout de même une étape sympathique. C’est une ville-oasis sous les palmiers, elle est dotée d’un magnifique jardin où poussent à profusion palmiers, orangers, citronniers, mûriers, grenadiers, le tout accompagné du murmure des bassins d’eau fraîche. Il y a en fait très peu de palmiers dans le désert du nord, car il y fait trop froid l’hiver.

Tabas, at the halfway point, is however a nice stage. It is an oasis town under the palm trees, it has a magnificent garden, where there is a profusion of palm trees, orange trees, lemon trees, mulberry trees, pomegranate trees, all accompanied by the murmur of pools of fresh water. There are actually very few palm trees in the northern desert, because it is too cold in the winter.

Une trentaine de kms plus loin, au hasard d’un virage (ils sont rares), nous est apparu un grand village de terre pratiquement abandonné.

About thirty kms further, around a curve (they are rare), we spotted a large adobe village, almost totally abandoned.

Faut-il rendre les tremblements de terre réguliers dans la région responsables de cet abandon ? On pense aux 40 000 morts de Bam en 2003, mais on a découvert que Tabas avait aussi été détruit en 1978, et subi 45 000 morts.

Are the regular earthquakes in the region responsible of the destruction ? One thinks of the 40,000 casualties in Bam in 2003, but we discovered that Tabas was also destroyed in 1978 and suffered 45,000 deaths.

Plus loin, nous laissons derrière nous, la ville poussiéreuse de Ferdows, avec une pensée pour Ferdowsi, le poète auteur du Shah Nameh, le livre des rois. Ce monument de la littérature persane est un poème épique, retraçant l’histoire de l’Iran depuis la création du monde jusqu’à l’arrivée de l’Islam, en plus de 60 000 couplets de deux vers, écrit aux alentours de l’an 1000. C’est un peu l’équivalent de l’Illiade et l’Odyssée, le Mahabaratha, l’Epopée de Gilgamesh ou les Chevaliers de la table ronde dans d’autres régions du monde. De nombreux iraniens portent comme prénom les noms de héros du Shah Nameh  et tout le monde ici connaît par cœur les exploits de Rostam, le héros pourfendant les méchants !

Further away, we leave behind us, the dusty city of Ferdows, with a thought for Ferdowsi, the poet author of the Shah Nameh, the Book of kings. This monument of Persian literature is an epic poem, retracing the history of Iran from the creation of the world until the advent of Islam, in  60,000 double verses, written around the year 1000. It is somewhat equivalent to the Illiad and the Odyssey, the Mahabaratha, the Gilgamesh Epic or the Knights of the round table in other parts of the world. Many Iranians wear the names of the heroes of the Shah Nameh as their first name, and everyone here knows by heart the deeds of Rostam, the hero fighting the villains !

Hercule et ses petits travaux font pâle figure devant le champion de tous les champions du Shah Nameh, défendeur de la nation iranienne face à tous les envahisseurs, hommes ou démons !

Hercules and his little works annot stand before the champion of all the champions of the Shah Nameh, the defendant of the Iranian nation against all invaders, men or demons!

Quant à nous, plus modestement, on a traversé confortablement ce grand désert à notre rythme. Ce soir nous dormons dans un parc à Torbat-e-Heydayeh (35.24878, 59.20954). C’est avec soulagement qu’on voit arriver le bout de cette diagonale du vide, et la ville de Mashad. C’est la deuxième plus grande ville d’Iran et elle abrite le plus grand sanctuaire chiite du pays autour du mausolée de l’imam Reza, particulièrement vénéré par les Iraniens. Ce sera notre prochaine étape.

As for us, more modestly, we comfortably crossed this great desert at our rhythm. Tonight we sleep in a park in Torbat-e-Heydayeh (35.24878, 59.20954). It is with relief that we see coming the end of this diagonal of emptiness, and the town of Mashad. It is the second largest city in Iran and is home to the largest Shi’a shrine in the country around the mausoleum of Imam Reza, particularly revered by the Iranians. This will be our next step.