Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)


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De Padoue à Jérusalem

Après Cracovie, nous voulions passer par Lublin, souvenir des lectures de Isaac Bashevis Singer oblige. Beata et Marek nous ont convaincus de faire le détour par Zamość. Et ils ont bien fait.

La vieille ville de Zamość a été créée ex nihilo en 1588 par Jan Zamoyski, riche noble, homme politique et diplomate du XVIème siècle.  La ville, établie sur son domaine privé, a été conçue à des fins de commerce et de résidence personnelle ; il y a élevé son palais. Le résultat est spectaculaire.

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Bâtie au centre d’un système de défense avec redoutes, douves, fortifications, elle a été dessinée par un architecte originaire de Padoue, Bernardo Morando, dans un style Renaissance. D’où son surnom de Padoue du nord.

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La synagogue blanche a été réhabilitée et abrite un petit musée.

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Se promener dans le centre piétonnier et se balader en vélo dans les jardins qui entourent les fortifications est un vrai plaisir. C’est sans doute une des plus jolies petites villes que nous ayons rencontrées jusqu’ici, même si on trouve sur la grand-place des publicités incongrues.

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Le ciel était digne d’une peinture flamande ce jour-là…

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150 km plus au nord,  Lublin, en plus d’être un centre de commerce important entre Vilnius et Cracovie,  était bien sûr un grand centre talmudique et les rabbins de la place avaient une grande autorité, bien au delà des frontières. De là vient son titre de  Jérusalem de Pologne. Ceci bien sûr avant la Shoah qui a, comme partout en Pologne,  vidé Lublin de sa population juive. C’est aussi ici qu’a été signé le traité d’Union entre la Pologne et la Lituanie, formant la République des Deux Nations, en 1569. Cette union durera jusqu’en 1791.

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Sur une butte, le château et son donjon du XIIIème siècle surveillent la ville.

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La chapelle du château et ses fresques russo-byzantines témoignent de l’ampleur des échanges commerciaux à Lublin, entre est et ouest, Baltique et Mer Noire. La cathédrale est aussi assez étonnante.

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Riche de son passé glorieux de carrefour commercial entre la Baltique et le sud de l’Europe, Lublin est une très belle ville avec des maisons décorées de fresques.

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Sur la place principale, un restaurant juif emblématique, la Mandragora, où on goûte toutes les spécialités  du petit monde yiddish, sur fond de  musique Klezmer et de murs dessinés dignes de Chagall, maintient la tradition.

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On pourrait se croire dans le violon sur le toit !

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Surprise le lendemain matin : nous étions garés pour la nuit sur un parking au pied de la vieille ville, et dès 6h du matin, nous avons été réveillés par un marché aux volailles, aux pigeons et aux lapins ! Nous étions au milieu de la basse-cour, mais visiblement cela ne dérangeait personne.

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Quittant Lublin pour Varsovie, il nous restera à vérifier un jour si Padoue et Jérusalem méritent les titres de Zamość du sud et de Lublin d’Israël !

 


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Birkenau, la mort industrielle

Tout a déjà été dit et écrit sur Auschwitz-Birkenau. On a tous en tête les images terribles des camps et le regard halluciné des rescapés. Il n’empêche que visiter les lieux du plus grand massacre de l’histoire reste incontournable ne serait-ce que pour honorer la mémoire du million de morts.

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la visite se fait en deux temps : tout d’abord Auschwitz, le camp originel. C ‘était au départ un camp d’internement des opposants polonais et soldats soviétiques. C’est devenu très vite un camp de travail puis d’extermination. Sous un ciel plombé, nous avons parcouru les allées  entre les bâtiments de brique rouge à un étage.

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Chaque bloc abrite des expositions qui racontent l’horreur. Impossible cependant de prendre le temps de la réflexion : il y avait tellement de monde que nous étions littéralement poussés de pièce en pièce, dans une file ininterrompue digne des couloirs du métro à 6h.  Il nous restera tout de même des images terribles, comme la montagne de cheveux humains, les tas de chaussures et les papiers commerciaux : commandes de ballots de cheveux par des usines textiles en Allemagne, accusés de réception de lingots d’or provenant de la fonte des dents des suppliciés. La machine administrative était bien rodée. La visite d’Auschwitz se termine par le passage dans une chambre à gaz que jouxtent 2 fours crématoires. Glaçant.

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Birkenau a été créé un peu plus tard, à 3 km d’Auschwitz, quand la solution finale a été mise en place. 300 baraques de bois ou de briques ont accueilli jusqu’à 95 000 détenus destinés à être gazés. Et ce sont eux qui ont entièrement construit le camp ! Les wagons y entraient en passant sous le fameux porche, déchargeaient leur cargaison humaine qui était immédiatement triée sur le quai.

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Ceux qui étaient aptes au travail bénéficiaient d’un sursis, et rejoignaient des baraquements où ils étaient entassés à raison de 1000 à 1300 personnes par bâtiment prévus pour 750, dormant sur des bas-flancs de bois, dans des conditions effroyables.

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Les autres étaient directement dirigés au fond du camp vers les chambres à gaz. Celles-ci ont été dynamitées par les Nazis avant l’arrivée de l’Armée Rouge. Les ruines sont toujours là. Les allemands ont forcé les survivants à les accompagner dans des marches terribles vers les camps en Allemagne. 15 jours après leur départ, les Russes découvraient le camp, et les 7 000 malades qui avaient été abandonnés sur place.

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Comment des êtres humains ont-ils pu atteindre ce degré de déshumanisation ? Comment des millions de soldats et de fonctionnaires allemands, issus de ce peuple de grande culture qui a porté la littérature et la musique à son sommet au XIXème siècle, ont-ils pu en arriver là et participé à cette entreprise de haine et de mort industrielle ? Les questions restent sans réponse et on en sort avec la peur au ventre : cela pourrait-il se reproduire un jour ? Ces questions sont d’autant plus présentes que l’Europe vit un moment terrible de montée des égoïsmes, du racisme, des nationalismes, du repli sur soi, de haine de l’Autre. Vit-on un remake des années 30 ?

A la sortie du camp, comme une bouffée de vie malgré tout, le premier immeuble que l’on rencontre propose au rez-de-chaussée des cours de tango et de danses de salon. De grandes affiches  montrent des couples virevoltant sur une piste de danse. La vie a quand même repris à Auschwitz.


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On a craqué pour Cracovie

Voyager au long cours, c’est garder la curiosité, l’envie de découvrir sinon on emmagasine les visites de sites et très vite, le regard s’émousse. On se dit : à quoi bon continuer ? C’est un petit peu ce qui nous est arrivé entre le 14 juillet et le 15 août. Du coup nous sommes un peu passés à coté de la Hongrie et surtout de la Slovaquie. L’arrivée en Pologne a déclenché, chez tous les deux, un regain d’énergie, et c’est reparti ! Et comme voyager au long cours, c’est aussi s’offrir le luxe de prendre son temps, on a passé une semaine entière à Cracovie, garés sur la pelouse d’un concessionnaire de camping cars (ElCamp N50.03445 E 19.87665 10€), puis sur un parking gardé du centre-ville (rue Karmelika N50.0653 E19.9282, 13€). Cela a été aussi l’occasion de renouer avec le couch surfing. Nous avons ainsi rencontré Marek, Beata et leur fils Tomek, qui nous ont accueillis très chaleureusement et avec lesquels on a passé deux après-midis très intéressantes. Ils sont, eux aussi, comme nous, inquiets de la tournure populiste et raciste que prend l’Europe toute entière.

La vieille  ville de Kracow est entourée d’une ceinture verte avec pistes cyclables et c’est un bonheur d’en faire le tour en vélo. Il fait bon vivre dans cette ville et on y mange pour pas cher !

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La grand-place est annoncée comme la plus grande d’Europe. En son centre se trouve une grande halle, magnifique. Autour, des grands cafés et des stands d’artisanat,  de babioles et de sandwichs attendent les 10 millions de touristes annuels. (photo prise sur internet)

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La très belle église Sainte Marie dans un de ses angles est envahie par les visiteurs en dehors des heures des messes. Et il y en a des messes ! Nous sommes en Pologne et les curés ne chôment pas, comme on peut le voir sur cette photo prise à Sanok.

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On a vu dans la campagne de nombreuses églises où les fidèles débordaient à l’extérieur, faute de place, pendant les offices. On est arrivé de plus une semaine après les JMJ. La ville était encore pavoisée de calicots  l’effigie de François et de Jean-Paul II.Celui-ci est une vraie star. On ne compte plus les statues et portraits de l’ancien évêque de la ville.

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Cracovie a été capitale du pays pendant plusieurs siècles et son château domine la vieille ville. C’est aussi là que se trouve la cathédrale. Celle-ci est très décevante car remplie de chapelles aux décorations surchargées, et des grands tapisseries pendent aux murs et coupent toute perspective architecturale. Le château lui-même, de style renaissance, ne nous a pas réellement passionné. Il faut dire qu’à 10h du matin, après une heure de queue, tous les billets de la journée pour visiter les appartements royaux étaient vendus ! Dommage.

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Cracovie c’est aussi bien sûr le souvenir de la seconde guerre mondiale.  La ville comptait 25% de juifs et ceux-ci ont grandement participé au développement de la cité. D’après Marek et Beata, on doit à leurs ingénieurs l’installation du réseau d’eau potable et de l’électricité.

La Pologne est le pays martyr de la guerre : 17% de la population, soit 6 millions de personnes, dont la moitié de polonais juifs y ont trouvé la mort. Pour la France, on compte 600 000 morts, soit 1,35% de la population.

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Il faut rappeler que les polonais n’ont jamais signé d’armistice et que le gouvernement en exil à Paris puis à Londres a toujours continué le combat, via la résistance intérieure et l’intégration de bataillons polonais dans les armées alliées. Pour les Nazis, la notion même de nation polonaise devait disparaître et devenir une colonie de peuplement pour les allemands. Si à Cracovie les chrétiens ont subi le joug nazi, avec son lot de privations, d’humiliations et de travail forcé, ce sont bien sûr les 70 000 juifs de la ville qui ont été la cible première. Réduits à l’esclavage, puis emmurés dans le ghetto, ils seront finalement tous expédiés à Auschwitz où ils seront exterminés.

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Du ghetto, il ne reste que quelques pans de murs – suprême sophistication dans l’horreur, les dalles du mur avaient la forme de pierres tombales- et la place centrale où les gens étaient rassemblés avant d’être embarqués pour les camps. Sur la place, des chaises métalliques symbolisent ces départs.

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La vie quotidienne à Cracovie pendant la guerre est mise en scène de manière spectaculaire et poignante dans l’exposition installée dans l’ancienne usine Schindler, cet industriel nazi qui a finalement ouvert les yeux sur les souffrances de ses employés juifs et réussi à en sauver 1 100 avant qu’ils ne soient gazés, en transférant son usine en Allemagne en 1945. C’est ce que raconte La liste de Schindler, le film de Spielberg.

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Le parcours dans l’exposition est chronologique et montre bien comment les Nazis avaient décidé de rayer la Pologne de la carte. On y voit la progression dans la répression, jusqu’à la liquidation du ghetto les 13 et 14 mars 1943.

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On y a passé 4 heures et on n’en est pas sorti indemnes. Le soir on s’est fait un film idiot sur l’ordi pour se sortir des images récurrentes de l’exposition, et des citations hallucinantes des monstres nazis (« Il est normal que le niveau de vie des polonais ne soit pas celui des allemands : on ne peut pas comparer une race de maîtres avec une race de serviteurs« , « Il faut se débarrasser des poux et des juifs« ,…).

Le quartier juif de Kazimierz est peu spectaculaire et ressemble à tous les autres quartiers de la ville. On y trouve plusieurs synagogues, parfois utilisées comme salles d’exposition ou de concert.

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Le cimetière de la synagogue Remu’h avait été détruit. Il a été reconstitué et les pierres tombales qui n’ont pas retrouvé leur emplacement d’origine ont été intégrées dans un mur d’enceinte émouvant.

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Dans les rues commerçantes, les restaurants proposent soit les falafels et cuisines méditerranéennes des Séfarades, soit les recettes plus locales des Ashkénazes, dont la célèbre carpe farcie, gefilte fish en Yiddish, qui se mange avec du raifort ou de la betterave rouge..

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On y passera une soirée mémorable entre un concert de musique Klezmer dans la Haute synagogue et une dégustation de gefilte fish arrosée de vodka. Les pistes cyclables étaient bienvenues pour retrouver le camping car en toute sécurité.

 

 


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Une cathédrale qui ne manque pas de sel

Les mines de sel ont fait la fortune de la Pologne pendant des siècles. «L’or blanc » était aussi précieux que le métal jaune et son commerce payait les dépenses de la cour de Cracovie et son armée. Wielikczka, à 20 km au sud,  est la plus grande mine de sel de Pologne. Elle fait toujours la fortune de la ville, mais ce n’est plus vraiment le sel qui fait vivre Wielikczka, mais le tourisme. En effet, classée par l’UNESCO, c’est un passage obligé pour tous ceux qui visitent Cracovie. Mais cela vaut le détour. La mine est organisée sur 9 niveaux, et compte 250 km de galeries, toutes creusées dans le sol et solidement étayées de troncs d’arbre. On y aura parcouru seulement 3 km.

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Les murs des couloirs sont bien en sel, comme certains l’ont vérifié.

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Pour y accéder, on commence par descendre un escalier en bois de 350 marches qui nous amène au 2ème niveau. De là, les galeries se succèdent dans toutes les directions. Par groupes de 30, les visiteurs -plus de 1 000 au total à l’instant T- se croisent dans les couloirs. Certaines salles sont énormes, on y trouve même des salles de sports et un sanatorium pour les malades des poumons, au 5ème sous-sol ! De magnifiques charpentes soutiennent des salles spectaculaires.

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Des statues de sel ont été sculptées par les générations de mineurs qui se sont succédées depuis le XIIIème siècle. Ici une représentation de Cunégonde, princesse hongroise, reine de Pologne et sainte patronne de la mine. La légende voudrait qu’elle ait lancé sa bague en l’air en Hongrie, et qu’elle ait été retrouvée  à l’emplacement de la future mine en Pologne : encore plus fort que le Seigneur des anneaux !

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Au détour d’un couloir, on tombe sur une chapelle et ses statues en sel. Il y a ainsi des dizaines de ces petites chapelles dans la mine. Elles étaient là pour bien entendu assurer la protection divine aux travailleurs, mais aussi pour servir de repères dans ce dédale incroyable.

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Le plus étonnant, c’est quand même la cathédrale du 3ème sous-sol. Elle mesure 54 m de long sur 12 de haut et ses murs sont sculptés de bas reliefs représentant des scènes de l’évangile ou des moments de l’histoire polonaise. le tout est en sel comme il se doit, la couleur grise venant des impuretés qu’il contient.

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On y trouve aussi des statues de la vierge, qui éclairées par derrière, paraissent translucides. Sans oublier l’inévitable représentation de Jean-Paul II. On y donne la messe tous les dimanches.

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La sortie se fait via un restaurant (comment remplissent-ils les salières ?) et la boutique de souvenirs – le tout à 135 m sous terre – et un long parcours d’un km dans le labyrinthe pour atteindre enfin un ascenseur qui nous ramène à l’air libre. Le seul bémol à cette journée dans les entrailles de la terre est le prix de la visite : 180 Zlotys, soit 45 € : la note est un peu… salée.


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La Pologne, coincée entre l’histoire et la géographie / Poland, stuck between History and Geography

Warning :  the operation Vistula we talk about in this post is our vision of it through readings. It might be biased and only the view of two naive tourists. There are certainly many aspects we missed !

Les paysages de l’autre côté de la frontière slovaque en Pologne ne sont pas très différents. Le coin sud-est de la Pologne est très beau, avec des paysages de petite montagne.

The Polish landscapes on the other side of the slovak border are not very different. Poland’s south eastern corner is very beautiful, with its low mountains.s1

La ville de Sanok nous a fait penser (en plus petit) à Sibiu en Roumanie ou Eger en Hongrie avec sa place centrale et ses belles maisons baroques.

The town of Sanok made us think of Romanian Sibiu or Hungarian Eger, with its central square and its handome barocco buildings.P2

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C’est à Sanok que le tchèque Jaroslav Hasek a situé l’Histoire du brave soldat Schveïk. Il a droit à sa rue, et à sa statue sur un banc.

The czech writer Jaroslav Hasek has set his History of the good soldier Scvejk in Sanok. He has his street and his statue on a bench.

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L’office du tourisme fournit d’excellentes brochures en français, dont une proposant des circuits de découvertes des églises en bois de la région. Elles sont des dizaines, des plus modestes aux plus sophistiquées.

The tourist office provides excellent brochures in French, one offering tours of the wooden churches in the region. They are dozens, from the smallest to the most sophisticated ones.p4.JPG

Les églises y sont toutes décrites en quelques mots et la plupart ont été construites pour les rites grec-catholique ou orthodoxe mais le texte précise qu’elles sont désormais soit désaffectées, soit utilisées comme églises catholiques romaines. Bizarre. Y a-t-il eu des conversions en masse ? On s’est posé beaucoup de questions pendant notre journée de balade dans la campagne, d’autant que les polonais sont catholiques, alors que leurs voisins ukrainiens sont justement orthodoxes ou grecs-catholiques.

The churches in it are described in a few words, and most were built for the Greek Catholic or Orthodox rites but the text specifies that they are now either abandoned or used as Roman Catholic churches. Strange . Are there been mass conversions ? We asked ouselves many questions during our day trip into the countryside, especially as the Polish are Catholic, while their Ukrainian neighbors are precisely Orthodox or Greek Catholic .

Une longue soirée sur internet nous a permis de comprendre un petit peu ce qui s’est passé …

A long evening on the internet gave us some answers …

A la fin de la seconde guerre mondiale, les frontières de la Pologne ont été repoussées de 200km vers l’ouest. les soviétiques ont mangé un espace équivalent pour l’intégrer à l’URSS via les républiques socialistes d’Ukraine et de Biélorussie, et la Pologne a récupéré des territoires précédemment allemands, à l’ouest et au nord. Un vrai glissement de terrain à l’échelle d’un pays !

At the end of WWII, Poland’s borders were pushed 200km to the west. The Soviets swallowed a space equivalent to integrate it to the USSR via the socialist republics of Ukraine and Belarus, and Poland engulfed previously German territory in the west and the north. A true landslide on the scale of a country !Les-deplaces-allemands-apres-la-seconde-guerre-mondiale3

Le résultat, c’est que 2 millions de polonais ont été rapatriés d’Ukraine, 400 000 ukrainiens de Pologne expulsés et 5 millions d’allemands poussés vers la sortie en 1945. De plus, le 28 avril 1947, l’armée et la police polonaises communistes ont lancé l’opération Vistule (en polonais : Akcja Wisła), du nom du grand fleuve polonais,  qui a consisté à vider l’est de la Pologne de tous ses ukrainiens restants ! On a raflé brutalement en trois mois les  140 000  ukrainiens qui habitaient encore les territoires de l’est polonais, et on les a déportés manu militari vers l’ouest  et le nord vers les terres abandonnées par les allemands. Il s’agissait de les empêcher de soutenir les indépendantistes ukrainiens qui se battaient contre les soviétiques. Il faut aussi rajouter que des soldats ukrainiens étaient au côté des SS pendant la guerre. Des wagons à bestiaux de sinistre mémoire ont repris du service.

The result was that 2 million Polish were repatriated from Ukraine, Poland expelled  400,000 Ukrainians and 5 million Germans were  pushed out in 1945. In addition, in April 1947, the army and the Polish communist police launched operation Vistula (in Polish: Wisła Akcja), named after the great Polish river. Their goal was to empty the east of Poland of all its remaining Ukrainians ! In three months 140,000 Ukrainians who still lived in the Polish eastern territories were brutally swept, and forcibly deported  to the west and the north to the lands abandoned by the Germans. This was to prevent them from supporting the Ukrainian separatists who fought against the Soviets. One must also add that Ukrainians soldiers were aside the SS during the war. The infamous freight cars resumed service.

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Ceci explique que toutes ces églises ont changé de fonction. Il n’y avait plus de paroissiens de rite oriental ! Ceci explique aussi que cette région des basses-Carpates soit si vide de population et les champs souvent à l’abandon. En effet, on a l’impression de traverser un désert humain, seulement habité par de maigres villages.

This explains why all these churches have changed function. There were no more parishioners of Eastern rite ! This also explains why this region of the lower Carpathians is so empty of population and fields often abandoned. Indeed, we felt like crossing a human desert, only inhabited by meager villages.

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L’exemple du village de Piatkowa est typique : il comptait 2000 habitants avant la guerre, et 80 % d’entre eux ont été déportés. Reste la superbe église en bois de Saint-Dimitri perdue dans la forêt, loin des quelques habitations qui restent dans le village, mais il n’y a plus personne pour la fréquenter.

The example of the village of Piątkowa is typical : he had 2,000 inhabitants before the war, and 80 % of them were deported. Only remains the beautiful wooden church of St. Dimitri, lost in the forest, far from the few houses left in the village, but there is no one any more to take care of it.

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Ces chapelles et églises des basses Carpates sont les fantômes d’un monde paysan disparu dans les tourments de l’Histoire.

These chapels and churches of the low Carpathian region are the ghosts of a peasant world, now disapeared in the turmoils of History.

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Slovaquie limousine

Nos premières impressions de Slovaquie sont rafraichissantes. 25° à l’ombre et un paysage de forêts, de collines, de montagnes. Cela fait du bien après la chaleur de la plaine hongroise. Notre première étape sera pour Banska Stiavnica, une charmante petite ville baroque avec son château et pour le bonheur de Chon : le petit musée de miniatures en bois. la ville est très jolie, mais on en a sans doute trop vu depuis 5 mois pour s’émouvoir vraiment de cette ville classée à l’UNESCO.

Our first impressions of Slovakia are refreshing. 25 degrees in the shade and a landscape of forests, hills, mountains. It feels good after the heat of the Hungarian plain. Our first step was to Banska Stiavnica, a charming baroque town with its massive castle. And last but not least the wooden miniatures museum. The city is very pretty , but we have probably seen too much for 5 months to really be moved by this cit y, even if it is classified by UNESCO.

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Le lendemain, une journée de pluie diluvienne, mais le long de la route, le paysage est splendide. Les parcs nationaux de l’est du pays se succèdent jusqu’à l’Ukraine.

The next day it was raining cats and dogs, but along the road, the scenery was beautiful . The national parks of the east follow one another up to the Ukrainian border.s3

Le plus haut est celui des Hautes Tatras, le « plus petit massif de haute montagne d’Europe » (30km de long).

The highest of them is the High Tatras, the « smallest high mountain range in Europe » (30 km long).slovaquie-hauts-tatras

Comme il est censé être envahi l’été, nous avons opté pour celui du « Paradis slovaque » (c’est son nom). Notre vieux Routard de 2010 le recommande pour sa tranquillité. Au passage, petit détour sympa par le village de Vlkolinec et ses maisons en bois, lui aussi classé UNESCO, même si la pluie nous a empêchés d’en profiter vraiment.

As it is supposed to be overcrowded in  summer, we opted for one of the  » Slovak Paradise  » (that’s its name). Our old  2010 Routard recommended it for its tranquility. On the way,we took a nice little detour through the village of Vlkolinec and its wooden houses , also classified by UNESCO, although the rain prevented us to really enjoy it.s15.JPG

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Nous arrivons au « Paradis » dans un très grand camping de 600 places bien rempli. Le camping est une usine à touristes, avec barrière pour les voitures, badge et tourniquet comme dans le métro pour les piétions qui doivent en plus porter un bracelet de papier. C’est pas vraiment notre truc. A quand le bracelet électronique ?

We eventually reached the  » paradise  » in a very large campsite with 600 pitches full. This campsite is a tourist factory , with automatic gate for cars, badges and turnstile like in the subway for the pedestrians who must also wear a paper wristband. It’s not really our thing. Will the electronic bracelet be the next step ?s8

Nous sommes partis de bon matin le lendemain pour la randonnée dans la gorge de Sucha Bela . Très belle balade pendant une heure au fond de la gorge, aidé par des passerelles en bois pour passer au dessus du ruisseau.

We left early the next day for a hike in the Sucha Bela Gorge. Very nice walk during one hour in the bottom of the gorge. It is equipped with wooden gangways to cross over the brook.s9

L’objectif était les cascades au bout du chemin. On peut remonter celles-ci par des échelles de bois à flanc de falaise. Super ! Mais il y a tellement de monde qu’on ne les verra pas, car pour les atteindre, c’est l’embouteillage et sans doute au moins une heure d’attente. On pense au cirque de Gavarnie en août. Sauf que le goulot d’étranglement rend les choses pires. Décidemment visiter des sites au mois d’août est une vraie galère.

The goal was to reach the waterfalls up the path. Ladders would take to us up the cliff over the falls. But there were so many people. We turned back without seeing them because of the traffic jam and probably at least one hour to wait. One thinks of Gavarnie in summer. Except that the bottleneck makes things even worse. Definitely visiting sites in August can be a real hassle.s10

On a craqué et on s’est échappés. On avait rencontré en Bulgarie un couple anglo-slovaque qui nous avait vanté le tout dernier parc national à l’est, comme un endroit sauvage. Et donc direction le parc national Poloniny. En route, le très grand château fort de Strecno, là aussi envahi par les touristes, d’autant plus que le premier dimanche de chaque mois, tous les monuments historiques de Slovaquie sont gratuits.

So we escaped from the  crowd. We had met in Bulgaria a British- Slovakian couple who had praised us the most eastern national park as a wild place. And therefore we headed towards Poloniny National Park. En route, we stopped at Strecno castle, also overrun with tourists, even more so because the first sunday of each month, all the historical monuments in Slovakia are free.s11.JPG

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On  a finalement trouvé ce qu’on cherchait tout au bout de la Slovaquie : des forêts superbes, presque personne et un camping  tranquille dans un grand bois de bouleaux (Snina N48.97384 E22.18919 10€).  On a du mal à trouver de l’info sur les sentiers du Parc mais peu importe : on va y passer quelques jours loin de la foule, les doigts de pied en éventail. On laissera passer le 15 août avant de rejoindre Cracovie.  10 millions de visiteurs s’y pressent chaque année et on espère qu’après cette date la foule sera (un peu) moindre.

We finally found what we were looking for at the far end of  Slovakia : beautiful forests,  no crowd and a quiet camping in a large birch wood (Snina N48.97384 E22.18919 € 10). It’s hard to find info on the trails of the Park but no matter : we will spend a few days here away from the crowd. We shall wait till after August 15 before going to Krakow. 10 million visitors flock there each year and we hope that after that time the crowd will be (slightly ) less compact.s14

Ce matin, on va aux champignons. On se croirait presque en Limousin sur le plateau de Millevaches.

This morning we go around for mushrooms. One could almost feel being in Limousin on the « plateau de Millevaches » !


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Bye bye la Hongrie

Schengen est une avancée formidable en Europe. Depuis la frontière Slovenie-Croatie, nous nous sommes arrêtés 24 fois au total à la douane pour changer de pays, la cerise sur le gâteau étant le passage pénible de la frontière hongroise depuis l’Ukraine. Entre Hongrie et Slovaquie, pas d’arrêt : nous sommes entre deux pays Schengen : on passe un pont et  Bienvenue en Slovaquie  !

Schengen is a tremendous step forward in Europe. Since the Slovenian-Croatian border, we have had to stop 24 times at customs, the icing on the cake being the arduous crossing of the Hungarian border from Ukraine. Between Hungary and Slovakia, no stop at all : we are between two Schengen countries : we cross a bridge and Welcome to  Slovakia !

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Ce n’est pas seulement les douaniers hongrois qui nous laisseront un souvenir mitigé de leur pays. A part pour Budapest qui vaut le voyage à elle seule, à l’instar de villes comme Berlin, Prague ou Rome, nous quittons la Hongrie sans trop de regret. Même si ony  a visité de jolies villes, Eger, Szentendre, Szeget, et la dernière, Keszthely au bord du lac Balaton.

It is not only the Hungarian customs officers whowill  leave us with mixed feelings of their country. Except for Budapest that is worth the trip alone , as cities like Berlin , Prague or Rome , we leave Hungary without much regret. Even though we visited beautiful cities , Eger , Szentendre, Szeget , and last , Keszthely on the edge of  Balaton.

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On y a visité le château et sa superbe bibliothèque (on ne se refait pas).

We visited its castle ad its superb library (we could not miss it).

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On trouve aussi à Keszthely un petit musée… de la Cadillac avec notamment une extraordinaire Eldorado 1954 décapotable crème avec une calandre impressionante :

There is also in Keszthely a small Cadillac museum, with among other treasures a fantastic Cadillac Eldorado 1954 :

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Il faudrait peut-être cette voiture pour ne pas trouver ennuyeuse la grande plaine hongroise.

May be in this car we would not have found the great Hungarian plain a bit boring.

Mais c’est surtout avec les Hongrois qu’on n’a pas accroché. Jusqu’ici, nous avions toujours été touchés par la gentillesse des gens, leur hospitalité, leurs sourires à défaut de langue commune. En Hongrie nous avons aussi rencontré des sourires, mais surtout des gens froids, fermés, voire rudes et même parfois agressifs.

But it is especially with the Hungarians that we did not connect.  So far, we have always been touched by the kindness of the people, their hospitality, their smiles even when we had no common language. In Hungary we also met smiling faces, but more often cold, stern, harsh or even aggressive people.

Il est vrai que nous avons abordé le pays en pleine saison touristique et en pleine canicule. Mais cela est-il suffisant pour être traités comme des meubles ? Est-ce parce que le mot meuble se traduit par butor en hongrois.

 It is true that we crossed the country in full tourist season and in the heat . Is it enough to explain the way we were « welcomed » ?

Une belle exception tout de même, les deux jours que nous avons passé à Koppanyszanto.

But the two days we spent in Koppanyszanto are an exception.

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Si nous n’avons pas eu de coup de coeur pour la Hongrie, ce n’est pas le cas de Sharon et Andrew. Ce couple se morfondait sous la pluie anglaise dans des boulots mornes. Ils ont croisé il y a 3 ans quelqu’un qui leur a parlé d’immobilier peu cher en Hongrie. Trois mois plus tard, ils avaient tout laissé tomber et acheté une maison dans la campagne magyare, à Koppanyszanto,  pour ouvrir un camping !

If we did not fall in love with Hungary, this was the case for Sharon and Andrew . This couple languished under English rain in dreary jobs. 3 years ago someone told them about cheap real estate in Hungary. Three months later, they dropped everything and bought a home in the Hungarian countryside, in Koppányszántó, to open a campsite !

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Koppanyszanto est un village de 300 habitants perdu dans une vallée verdoyante à 50 km au sud du lac Balaton, loin de toute agitation touristique et de toute grande route. Aucun touriste ne s’était jamais arrêté dans le coin et les habitants ont vu d’un œil suspicieux ces extra terrestres s’installer hors du bourg dans un hameau de 10 maisons surtout habité par des Roms.

Koppányszántó is a village of 300 inhabitants lost in a green valley 50 km south of Lake Balaton, away from tourist crowds and any main road. No tourist had ever stopped in the area and residents have seen with suspicion these aliens settling out of town in a hamlet of 10 houses mostly inhabited by Romas.

Leur camping commence à vivre, grâce aux heures passées sur Facebook pour le faire connaître sur tous les groupes de camping caristes, motards et autres voyageurs et nos Anglais trouvent petit à petit leur place dans le paysage. Nous avons pu le constater le lendemain de notre arrivée, lors de la fête du village.

Their campsite begins to live, thanks to hours spent on Facebook to introduce it to all the motorhome owners’ , bikers’ and other travelers’ groups. Now our English friends gradually are finding their place in the landscape. We witnessed it the following day of our arrival, during  the annual village festival.

Sur un pré étaient installés des tentes, une scène, et tout le village a fait la fête de 13h à 3h du matin. Le repas était préparé par les cuisinières dans d’énormes marmites dignes du village d’Astérix. Il était gratuit pour tout le monde.

Tents and a stage had been set up on a meadow, and the whole village was there from 1 pm to 1 am. The meal was prepared by the ladies in huge pots . It was free for everyone.

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L’après-midi, des concours du meilleur vin blanc, meilleur vin rouge, meilleur palinka (le schnaps local), la véritable potion magique hongroise – se sont succédés, après le discours du Maire, avant les danses des enfants de la maternelle. On a aussi eu droit à des sketches sûrement très drôles, au concours du plus rapide buveur de bière -c’est un grand et beau Rom basané qui a gagné- à une démonstration de fauconnerie et de chien d’aveugle. Les pompiers de la ville voisine avaient rempli une piscine de mousse pour les enfants.

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In the afternoon , competition for the best white wine, the best red wine and the best palinka (the local schnapps ) – the Hungarian real magic potion – , after the speech of the Mayor and  before the dances of the children from the kindergarten. We also were treated to probably very funny sketches, to the contest of the fastest beer drinker -won by a hansdsome and swarthy Roma – and to a demonstration of falconry and guide dog . Firefighters from the nearby town had filled a foam pool for children.

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Tout s’est terminé par un bal populaire sur l’herbe. Nous avions là une autre Hongrie que celle que nous avions croisée jusque là. Les tournées de palinka et de bière ajoutaient à l’ambiance chaleureuse et le plaisir de tous à faire la fête était évident ! Sharon et Andrew étaient aux anges.

Everything ended with dances on the grass. It was another Hungary than the one we had crossed before. Turns of palinka and beer added to the warm atmosphere and everyone enjoyed the party ! Sharon and Andrew were ecstatic .

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Leur affaire, assez improbable au départ, semble bien partie désormais. Il leur faut encore vaincre la question de la langue, et ça, c’est pas gagné !

Their business, rather unlikely at the start, now seems on its way. They have yet to overcome the issue of language , and it is not an easy one.

Mais la Hongrie restera quand même pour nous comme une vraie déception, même après quelques verres du superbe palinka au chocolat de Koppanyszanto  !

But Hungary will still remain as a real disappointment for us, even after a few glasses of the great chocolate flavoured Koppányszántó palinka !