Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)


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Une macédoine de peuples et de conflits / A medley of peoples and conflicts

Déjà plus d’un mois que nous sommes partis.

Already more than a month since we left.

Les paysages n’ont rien d’exotique : on pense au fil des jours à la Provence, au Liban, au Luberon, à la Grèce que l’on connait un peu, aux Pyrénées. Pas de palmiers ou de baobabs à l’horizon. Et pourtant que d’interrogations, de découvertes, de questions.

The landscapes are not exotic: it reminds us of Provence, Lebanon, Luberon, Greece that we know a little, the Pyrenees. No palm or baobab trees on the horizon. Yet so many interrogations, discoveries, questions.

Les frontières françaises sont grosso modo stables depuis plusieurs siècles, si l’on ne parle pas de l’Alsace-Lorraine. Ici la carte des pays n’a cessé de changer : Les religions et les empires (Habsbourg et Ottomans), les guerres des Balkans de 1912-1913, les deux guerres mondiales, le conflit des indépendances des membres de l’ex-Yougoslavie, le Kosovo, la question insoluble des minorités nationales, tout cela rend la région passionnante, mais bien épuisante pour nos neurones de touristes européens nantis et sûrement naïfs.

French borders have been roughly stable for centuries, if one does not speak of Alsace-Lorraine. Here the maps of the countries have been changingall the time : religions and empires (Ottoman and Habsburg), the Balkan wars of 1912-1913, the two world wars, the war of independence of the embers of the former Yugoslavia, Kosovo, the insoluble question of national minorities, all this makes the region exciting to discover, but exhausting for our brains of wealthy and naive European tourists.

L’exemple de la Macédoine est édifiant. Ce petit pays était le plus pauvre de l’ex-Yougoslavie. Revendiquée au début du XXème siècle par la Serbie, la Bulgarie (même langue ou presque), la Grèce qui ne supporte pas l’idée même de son existence, avec une forte minorité albanaise (20%) qui revendique des droits, placée sur l’axe Belgrade-Thessalonique, elle a été ballottée par tous les conflits du siècle.

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The example of Macedonia is instructive. This little country was the poorest of the former Yugoslavia. Claimed in the early twentieth century by Serbia, Bulgaria (same language or almost), Greece, which does not support the idea of its existence, with a strong Albanian minority (20%) claiming rights, placed on the Belgrade-Thessaloniki  axis, it has been tossed about by the conflicts of the century.

N’ayant pas grand chose à offrir sinon ses vins distribués dans tous les Balkans et sa riviéra autour du lac Ohrid (très jolie ville UNESCO que nous avons visité sous la pluie), elle se dépeuple de manière exponentielle : une baisse de 10% de la population depuis 2002 !

Not having much to offer except its wines distributed throughout the Balkans and its riviera round Ohrid lake (beautiful UNESCO town we visited in the rain), it looses its population on a large scale : a 10% decrease since 2002!

Le conflit avec la Grèce est caricatural. Après la deuxième guerre des Balkans de 1913, provoquée par la Bulgarie contre la Grèce et la Serbie pour récupérer la Macédoine, la Grèce a obtenu la moitié de la macédoine historique et procédé à une « héllénisation » en appliquant un nettoyage ethnique contre les macédoniens… d’origine et les a repoussés en Macédoine. Aujourd’hui, le simple terme de Macédoine pose problème aux grecs qui ont bloqué son adhésion à l’ONU sous ce terme : officiellement le pays s’appelle FYROM (Former Yougoslav Republic Of Macedonia). l’Université et l’aéroport de Thessalonique sont baptisés « Macédoine », la région autour de la ville est la province de Macédoine centrale (y aurait-il une Macédoine du nord ?). Elle refuse aussi le drapeau national représentant un soleil rayonnant sur fond rouge : il a été choisi en référence à un dessin sur le tombeau de Philippe II… de Macédoine, père d’Alexandre le Grand et donc gloire grecque, même si sa tombe est de l’autre côté de la frontière. Un ministre grec vient d’être démissionné pour avoir parlé de Macédoine dans un discours officiel !

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The dispute with Greece is a caricature. After the Second Balkan War of 1913, caused by Bulgaria against Greece and Serbia to recover Macedonia, Greece got half the historic Macedonia and conducted a « Hellenization » by applying ethnic cleansing against the original Macedonians. and repelled them… in Macedonia. Today, the simple term of Macedonia is a problem for the Greeks who blocked its UN membership for that : the country is officially called FYROM (Former Republic of Macedonia Yougoslav). The university of Thessaloniki and the airport are named « Macedonia », the area around the city is the Central Macedonia province (could there be a northern Macedonia?). Greece also rejects the national flag with a radiant sun on a red background : it was chosen in reference to a design on the tomb of Philip II of Macedonia…, father of Alexander the Great and therefore a Greek glory, although his grave is on the other side of the border. A Greek minister had to resign this year for having talked about Macedonia in an official speech!

Coincée entre le grand frère serbe et le cousin bulgare, après avoir subi l’embargo lié aux conflits OTAN-Serbie, puis à celui décrété par la Grèce au moment de son indépendance, la Macédoine est aujourd’hui dans sa partie ouest en proie aux revendications des albanophones et sur sa frontière sud aux prises avec la question des réfugiés syriens. Beaucoup de charge pour un petit pays pauvre !

Wedged between the Serbian older brothers and the Bulgarian cousins, after suffering the embargo during the NATO-Serbia conflict, and the one decreed by Greece at the time of its independence, Macedonia is today subject to Albanian-speaking demands on her western side and is struggling on its southern border with the issue of the Syrian refugees. A big burden for a small, poor country!

On pourrait multiplier les exemples de conflits récents ou potentiels dans les Balkans entre tous les voisins. Et pendant ce temps là, nous nous baladons en touristes heureux et rajeunis dans des paysages magnifiques au milieu de gens chaleureux et accueillants. La naïveté a peut-être du bon, bien que ça fume sérieusement sous les capots!

There are so many other examples of recent or potential conflicts in the Balkans between all neighbours. And meanwhile, we are walking around, happy and rejuvenated tourists, in the midst of warm and welcoming people, through stunning scenery. Naivety may be a good thing , but it sure generates steam under the hood !