Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)


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Fin de Turquie / End of Turkey

Après une semaine depuis la frontière bulgare, nous nous rapprochons de la Géorgie. On rencontre quelquefois des panneaux originaux.

Already one week since the Bulgarian border, we are getting closer to Georgia. We sometimes meet original road signs.

Depuis Sinop, la quatre-voies longe la côte en évitant par le bord ou par des tunnels les montagnes qui plongent dans la Mer Noire. Quelques tronçons sont encore en travaux mais le réseau routier turc est impeccable : Pratiquement que des autoroutes et quatre-voies depuis la Bulgarie jusqu’ici.

From Sinop, the dual carriageway runs along the coast, avoiding the mountains that plunge into the Black Sea, by sticking to the sea shore or through tunnels. Some stretches are still under construction but the Turkish road network is impeccable : Practically only motorways and four-lanes  for us since Bulgaria.

Nicolas Bouvier est passé par là en 1953, en route pour l’Iran, mais à l’époque, pas de goudron et pas de tunnels :

« La piste [du col d’Ordu] étroite et grasse grimpait tout droit à travers à travers un maquis de noisetiers et de sorbiers. Quand la pente devenait trop forte, le conducteur tirait les gaz à main, sautait et aidait la voiture de l’épaule tout en conduisant par la fenêtre. Quand le moteur calait tout de même, il fallait aussitôt plonger sur le frein à main, ou placer une pierre sous les roues arrière pour éviter que la voiture lourdement chargée ne brise un pignon de vitesse en reculant. Il n’y avait alors plus qu’à siffler et appeler jusqu’à ce qu’un ou deux paysans arrivent la houe sur l’épaule. Lorsqu’ils comprenaient qu’il s’agissait de pousser, ils s’illuminaient tout de suite. »

Nicolas Bouvier crossed this region on his way to Iran in 1953, but it was not the same trip, with dirt roads and mountain passes !

De plus, notre monture avale allègrement les kms, sans rechigner.

And more, our motorhome swallows all those kms without any begrudging.

Les villes de Samsun et Trabzon ne sont plus du tout de gros villages comme les a vus Bouvier et son compagnon, mais de grandes cités industrielles dont les immeubles escaladent les collines.

Samsun and Trabzon are no more the market towns Bouvier and his mate crossed, but big industrial cities with high buildings escalading the hills.

Nous avons passé la nuit chez Temel, rencontré via Couchsurfing,  un peu après Trabzon, dans sa maison haut dans la montagne. Soirée très agréable avec ce producteur de noisettes (la Turquie en produit 80% de la production mondiale), qui est revenu au village près avoir été caviste en Suisse, puis guide touristique en Cappadoce. Grand voyageur, son projet est de rejoindre la Thaïlande par la route en moto ! Il ne porte pas Erdogan dans son coeur et le muezzin de la mosquée toute proche l’agace particulièrement. Mais on n’en saura pas plus. On est discret en Turquie ces jours-ci.

We spent the night at Temel’s, a couchsurfing friend, a little after Trabzon, in his house high in the mountains. A very pleasant evening with this producer of hazelnuts (Turkey produces 80% of the world production), who returned to his village after having worked in a winery in Switzerland, then as a tourist guide in Cappadocia. Great traveler, his project is to go to Thailand on a bike ! He does not carry Erdogan in his heart and the muezzin of the nearby mosque particularly irritates him. But we will not know more. People are discreet in Turkey these days.

Il nous reste 200 kms à faire avant la frontière géorgienne et il commence à faire très, très chaud. On a vraiment envie que ce long  voyage d’approche se termine !

We still have 200 kms to go before the border and it gets really very hot. We are  looking forward for what should be the real start of our trip !

 

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Bains de mariés / newly-weds baths

La presqu’ile  de Persembe entre Samsun et Trabzon est un havre de paix et de tranquillité. On y a bifurqué depuis la quatre-voies à Fatsa. La petite route grimpe sur les falaises boisées et redescend vers des petits ports de pêche et des plages cachées dans des criques.

The Persembe peninsula between Samsun and Trabzon is a haven of peace and tranquility. The small road climbs up over the wooded cliffs and down to small fishing villages and hidden beaches.

A la recherche d’un coin pour la nuit, nous avons suivi l’indication « Jason’s church » par curiosité. Sur un cap se trouve en effet une église désaffectée (Géorgienne ? Arménienne ?) bizarrement baptisée « Eglise de Jason ».

Looking for a place to sleep, we followed the « Jason’s church » sign. On a cape stands a desused church (Georgian ? Armenian ?) strangely called after the greek hero.

C’est de là que serait parti Jason avec son bateau Argo et son équipage (les Argonautes) pour conquérir en Colchide (l’actuelle Géorgie) la toison d’or. Une plaque raconte son épopée à l’entrée du site.

That is supposed to be the place from where Jason with his ship Argo (and his crew the Argonauts) left for Colchide (the actual Georgia) to conquer the Golden Fleece.

Depuis la pointe (un petit côté cap d’Erquy), la mer est magnifique. Les photographes l’ont bien compris puisqu’ils amènent les futurs mariés de la région pour des clichés romantiques. Ainsi se sont succédés six couples au moment du coucher du soleil. La diversité des tenues féminines turques semble bien se refléter jusque dans les robes de ces jeunes femmes.

From the cape, the view is magnificent. That is where the local photographers bring the newly-weds for romantic pictures. That evening, six couples were there at the same time for the sunset. The diversity of Turkish feminine outfits seems to be reflected even in the dresses of these young women.

 

 

Le top du top, c’est bien sûr la photo les pieds dans l’eau.

The best is of course to take the picture in the water.

à condition de ne pas oublier la mariée en partant.

but be careful not to forget the bride when leaving.

Le coucher du soleil, c’est aussi le moment où toutes les familles du coin viennent pique-niquer à la fraîche. Du coup on a été obligé de s’éloigner un peu pour s’installer pour la nuit. le patron d’un café nous a sauvé la mise en nous ouvrant gentiment la barrière de son champ (N 41.1261278, E 37.6836083 ).

Sunset is also the time when all the families of the neighbourhood gather for a picnic. As a consequence, we had to move a little for the night. A nice cafe owner nearby kindly opened up his field for us ((N 41.1261278, E 37.6836083 ).

Quand à Jason, on le retrouvera sans doute dans quelques jours en Géorgie.

As for Jason, we sure will find him again in Georgia in a few days.


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Hospitalité turque / Turkish hopitality

Sinop, petite cité balnéaire très agréable sur un promontoire de la Mer Noire, est une vraie ville, avec ses magasins, son port et le long des quais ses grands cafés ombragés, bondés le soir à la fraîche.

Sinop, a very pleasant seaside town on a promontory of the Black Sea, is a real city, with its shops, its harbour and along the quays its large cafés in the shade, crowded in the evening when the temperature coools off.

On y joue pendant des heures au Okey, une sorte de rami national à base de chiffres.

There the locals play Okey for hours, a kind of Rami played with numbers.

On s’y promenait le nez au vent et l’appareil photo en bandoulière quand on a été interpellé en français devant l’ancienne gendarmerie, un bâtiment superbe.

We were strolling around when someone talked to us in French in front of the ancient Gendarmerie.

C’est ainsi qu’on a fait la connaissance de Resmine et de son mari Hassan. Ce couple charmant habite Orléans en hiver et vient passer les beaux jours au pays. L’internationale des retraités en quelque sorte. Resmine était ouvrière en usine à Giens et Hassan a travaillé quarante ans dans le bâtiment en France.

This is how we met Resmine and Hassan. This charming couple lives in Orléans, France in winter and spends the rest of the year in Turkey. The International of retirees in some ways. Resmine used to work in a plant in Giens while Hassan was a mason.

Après un thé partagé sous les tonnelles de Sinop, ils nous ont invités chez eux à 30 kms de là, dans leur grande maison dans les collines, construite par Hassan.

They invited us to their large house in the hills, of course built by Hassan, 30 kms from Sinop.

Ils y passent huit mois de l’année, avec leur potager, leur vache, leurs poules et leur énorme chien, entourés de noyers, muriers, cerisiers. Aujourd’hui, la vie est facile mais ce n’a pas toujours été le cas. Arrivés en France en 1975, ils rentraient chaque été avec leur Citroën C35 (quatre jours et trois nuits ) sur des routes qui n’avaient rien à voir avec les autoroutes actuelles. Hassan avait aménagé l’arrière pour faire dormir toute la famille (7 enfants !). Le plan immigré dans toute sa splendeur.

They spend there eight months per year, with their vegetable garden, their cow, chickens and huge dog, surrounded by cherry, mulberry and walnut trees. Life is easy, but it has not always been the case. Installed in France in 1975, they would come back home every summer in their Citroen C35 (four days and three nights) on roads that were not the motorways of today. Hassan had arranged the back of the van to make everyone sleep (seven children !).

Le soir, nous voici installés devant le journal télévisé où passent en boucle les images des arrestations des journalistes de Cumhurryet accompagnées de commentaires -qu’on ne comprendra pas- sur Fetullah Gülen (le diable incarné pour Erdogan, et visiblement  aussi pour nos hôtes). Hassan et Resmine admirent beaucoup Erdogan, portent à son crédit le miracle économique turc et ne s’alarment pas du procès des journalistes. Difficile d’échanger à ce sujet.

In the evening, we sat in front the news on TV, watching the images of the arrest of the Cumhurryet journalists, with video inserts of Fetullah Gülen (the devil for Erdogan, and obviuously also for our hosts). Resmine and Hassan admire Erdogan. For them he is responsible of the economic boost of Turkey and they do not seem to care about the trial of the journalists. Hard to talk about that.

Nos nouveaux amis nous ont ensuite invités dans une pisciculture qui fait aussi restaurant près de chez eux pour un repas de truites au fromage et aux champignons, cuites au four. Un régal et une soirée magnifique et bien sûr, pas question de payer ! Au matin, après un petit déjeuner copieux on est repartis avec une motte de beurre du lait de leur vache !

Our new friends took us to a fish farm in the countryside which is also a restaurant. We had a great meal of trouts, cooked in the oven with cheese and mushrooms. Delicious. And of course, we could not pay ! In the morning, we left after  a large breakfast and with a pound of home made butter.

Dix kilomètres plus loin, on s’arrête à un carrefour pour positionner le GPS. Le paysan du coin vient nous inviter chez lui. A nouveau des sourires et une proposition de deuxième petit déjeuner. On s’en sort avec un thé et une botte de poivrons !

Ten kms later, as we stopped to set up the GPS, a farmer came up to invite us to his nearby house, with a proposition of a second breakfast. With smiles and gestures we managed to get away with tea and a bunch of green peppers.

Notre objectif pour la soirée était le village de pêcheurs de Yaliköy, dans la presqu’ile de Persembe.

Our objective  for the evening was the fishing village of Yaliköy.

On avait lu sur internet que ce petit village avait de bons petits restaurants de fruits de mer. L’endroit est très agréable : un  petit port, une plage, quelques cafés et un restaurant qui était décoré de fleurs pour un mariage. On est approchés… pour un thé par un monsieur qui se révèle un retraité (encore un) de la police, et on se retrouve chez lui pour une troisième invitation, autour d’une assiette de prunes cueillies sur l’arbre.

It is a nice place with a harbour, a beach and a few cafes. The restaurant was all decorated with flowers for a marriage. There we got invited again at a retired policeman’s house. We were offered one more tea and prunes from the tree.

Après une série de photos, on réussit à les quitter sans les vexer, mais notre policier nous invite au bal donné le soir dans le restaurant à l’occasion du mariage d’un policier. Le bal de la police en quelque sorte !

After a few photos, we managed to leave without offending them. But our policeman invited us to stay at night for the wedding of a colleague, with the perspective of dancing all night !  We kindly refused with a smile.

On prétexte je ne sais plus quoi pour partir, sous un Güle Güle (au revoir) de notre troisième hôte de la journée, et en route pour « l’église de Jason » !

We eventually left, accompanied by a Güle güle (bye bye) from our third host of the day, en route for the « Jason’s church » further up the road.

 


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De retour chez les Ottomans / Back to the Ottomans’ time

Que ce pays est grand ! La frontière bulgare est à 700km et il nous reste encore près de 1000 pour atteindre la Géorgie. Aujourd’hui nous avons zigzagué le long de la côte ou plutôt navigué dans les routes sinueuses des collines boisées de la Mer Noire. Un petit arrêt à la station balnéaire de Agva, plage, transats et parasols et en route pour Safranbolu.

How wide this country is ! The Bulgarian border is 700km away and we still have nearly 1000 more to reach Georgia. Today we have zigzagged along the coast or rather drove through the winding roads of the forested hills of the Black Sea. A small stop at the seaside resort of Agva, with beach, deckchairs and umbrellas and we were on our way to Safranbolu.

Il était temps qu’on se trouve un endroit à visiter : rouler pour rouler depuis Limoges commençait à être lassant.

It was time we found a place to visit. Driving everyday was becoming rather boring.

Heureusement Safranbolu ne nous a pas déçus.

Luckily, we were not deceived by Safranbolou.

Nous sommes installés sur une aire de camping cars très agréable au dessus de la vieille ville, dépendant de l’hôtel Kadyoglü en contrebas (N41°14’56,04 E41’38,04, 10€) . L’hôtel est une vieille maison ottomane comme on en a tant croisées à Sarajevo, à Gjirokaster en Albanie,  à Melnik en Bulgarie ou à Ohrid en Macédoine. On retrouve l’empire Ottoman qu’on avait parcouru l’an dernier. Après avoir été dominée par les Gasgas, les Paphlagons, les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Seljoukides, elle est devenue ottomane en 1392. Mais qui diable sont ces Gasgas et ces Paphlagons ?

We are staying on a very pleasant aire above the old town (N41 ° 14’56,04 E41’38,04, 10 €) depending of the Kadyoglü hotel. It is an old Ottoman house like those we found in Sarajevo, Gjirokaster in Albania, Melnik in Bulgaria or Ohrid in Macedonia last year.  After being dominated by the Gasgas (?), The Paphlagons (?), The Greeks, the Romans, the Byzantines, the Seljoukids, Safranbolu became Ottoman in 1392. But who the hell are those Gasgas and Paphlagons ?

Au hasard de notre balade dans la petite ville, on découvre une ruelle, une mosquée, une placette couverte de vigne. C’est charmant.

Des fruits sèchent au soleil. Grosses cerises ? Petits abricots ? Prunes ? Tomates locales ?

Fruit are drying in the sun. What are they ? Big cherries, apricots, prunes or tomatoes ?

Ici, comme partout en Turquie, des drapeaux flottent au vent. Ils sont souvent immenses. les Turcs ont-ils peur qu’on oublie qu’on est chez eux ? Cela a-t-il quelque chose à voir avec la situation politique du pays  après le référendum d’Erdogan ? Ou simplement aiment-ils les drapeaux ?

As everywhere else in Turkey, flags are flying high. They are huge. Are the Turks afraid that we’d forget we are in their country ? Has it something to do with the political situation of the country after Erdogan’s referendum ? Or do they just like flags ?

Nous avons fini notre tour de Safranbolu par une étape dans un très beau caravansérail transformé en café.

We ended up sitting in a beautiful caravanserail transformed as a cafe.

Eh oui, nous sommes déjà sur la route de la soie ! Safranbolou a dû sa prospérité à sa situation au carrefour de deux routes commerciales vers la lointaine Chine. Son unité architecturale lui a valu d’être labellisée UNESCO depuis 1994. La prochaine ville UNESCO sur notre route sera Chiatura en Géorgie.

Yes, we are now on the Silk road. Safranbolu’s properity was due to its location as a crossroad towards far away China. The next UNESCO city on our route will be Chiatura in Georgia.

Et ici comme partout dans le monde, les photos de mariage restent incontournables…

And here as everywhere in the world, wedding pictures are a must…

 


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Asie, nous voici / Asia, here we come

Nous sommes aujourd’hui à Sahilkoÿ, à 60 kms au nord est d’Istanbul, au bord de la Mer Noire dans un « kamp » de bungalows et tentes (SahilKamp N 41.210112 E 29.398789) Comme visiblement rien n’est prévu pour les camping cars, on nous a installés… sur la terrasse du restaurant, vide de clients. C’est une autre Turquie que celle des côtes méditerranéennes, visiblement totalement ignorée des touristes européens. Cette vidéo trouvée sur Youtube donne une idée de l’endroit, sans les problèmes de déchets !

Sur la plage, une famille turque prend le soleil, et les femmes se baignent toutes habillées. Mais sous la tonnelle du café deux jeunes filles en short et épaules nues sont accrochées à leur portable. Nous sommes pratiquement seuls, à part un ou deux bungalows occupés sur la cinquantaine du camping. Hors saison en juillet ?

We are today in Sahilkoÿ, 60 kms north east of Istanbul, by the Black Sea in a « Kamp » of bungalows and tents. As obviously nothing is ready for motorhomes, we were asked to park… on the restaurant terrasse. A turkish family is bathing -dressed- in the beach below, while two girls in shorts and with bare shoulders play with their phone at the open air café. There is almost nobody in the Kamp. Is it the low season in July ?

Le camping car est garé tout contre la falaise, avec la mer en contrebas. On ne peut pas faire plus proche. Sur la plage -sale- un café dans un cabanon attend lui aussi les clients, avec la musique à fond. Sous les pins, des dizaines de tentes igloos vides -à louer- baillent à tous vents.

Le patron du camping vaut le détour : C’est une sorte de vieux hippy (pléonoasme?) bavard avec une crinière à la Georges Moustaki. Il ne connait que deux mots en « étranger », Senor et Senorita , et pense qu’on parlant très fort (en turc) on le comprendra mieux. Visiblement personne par ici ne parle autre chose que turc et c’est bien dommage de ne pas pouvoir échanger avec les gens.

We are parked on top of the cliff, facing the sea. No one in the restaurant. The boss of the camping is a talkative old hippy who only knows two words in « foreign language », Senor and Senorita. He seems to think that by talking very loud we would understand his turk better. No one seems to speak anything else around here.Too bad.

C’est un lieu étrange, quasi désert, assez crapoteux, mais on était très content de le trouver hier soir. On venait de se faire 1300 km en deux jours depuis la frontière Hongrie-Serbie, et surtout la traversée d’Istanbul qui nous a pris trois heures dans les embouteillages. On avait dormi la veille dans « notre » parking préféré de Sofia, où nous avions nos habitudes l’an dernier (N 42.67759 E 23.31844).

It is a weird place, almost empty, quite dirty, but we were happy to have found it last night. We had driven 1300 kms in two days since the Hungarian-Serbian border and had to spend three hours in huge trafic jams to pass Istanbul.

La mer et la plage nous font furieusement penser aux plages du Liban et de Jbeil en particulier. Quant aux embouteillages, Istanbul n’a rien à envier aux entrées de Beyrouth il y a vingt ans.

The sea, the dirty beaches… and the trafic jams make us think of Lebanon !

Ce midi, au menu, magret de canard hongrois (le second pays du foie gras), ratatouille bulgare avec une pointe d’eau de fleurs d’oranger marocaine. Cet après-midi, au programme, lessive, lectures, et surtout repos en profitant du soleil, du vent rafraîchissant et de la vue imprenable sur la mer et les bateaux qui entrent dans le Bosphore.

For lunch, it will be duck magret from Hungary, (the other country for foie gras), ratatouille from Bulgaria with a touch of Morrocan orange flowers water. This afternoon, reading, washing clothes, resting and enjoying the sun, the refreshing wind and the unbeatable view over the sea and the ships entering the Bosphorus straits.

Ca y est, nous sommes en Asie !

Yesss, we are in Asia !


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Istanbul ne dort jamais / Istanbul never sleeps

Que dire de nos 5 jours à Istanbul ? On a adoré cette ville et l’énergie qu’elle dégage. On ne va pas vous faire un descriptif des richesses touristiques de la ville : internet est là pour cela.  Quelques impressions tout de même :

La mosquée bleue est vraiment extraordinaire.

What about our five days in Istanbul? We loved this city and the energy it gives off. We will not make you a description of the tourist attractions of the city : the internet is there for that. Only a few impressions :

The Blue Mosque is truly extraordinary

bleue.JPG

Saint Sophie, sa jumelle chrétienne, transformée en musée,  de l’autre côté du parc , est superbe aussi, avec ses magnifiques mosaïques mais nous avons tous les deux, préféré la mosquée bleue, sa grandiose architecture en coupoles et demi coupoles et sa simplicité intérieure.

Saint Sophia, its Christian sister, now a museum, on the other side of the park,  is also superb, with beautiful mosaics but we both preferred the Blue Mosque, its grand architecture domes and half domes and inner simplicity.

sofia

Le superbe palais de Topkapi illustre la puissance des sultans ottomans. Quant à la citerne souterraine, c’est sans doute le lieu le plus magique du quartier de Sultanahmet avec ses 100 m de long et ses 350 piliers.

The magnificent Topkapi Palace illustrates the power of the Ottoman sultans . As for the underground cistern, it is probably the most magical place in the Sultanahmet district with its 100 m long and 350 pillars.

citerne.jpg

Notre arrivée sur le parking gardé au pied de la colline de Sultanahmet, sur l’avenue Kennedy (Oto park Kennedy N41.00205 E 28.58062 10€/jour), a été un beau moment d’adrénaline. L’agglomération compte 15 millions d’habitants et commence 40 km avant le centre ville !

Reaching the guarded car park at the foot of  Sultanahmet hill, on Kennedy Avenue, was a great moment of adrenaline . The town has 15 million inhabitants and starts 40 km before the center!

Istanbul_panorama_and_skyline

Comme le GPS s’est planté plusieurs fois, nous avons mis 3 heures pour arriver, entre les autoroutes, les quartiers d’immeubles ultra modernes, les banlieues populaires, les rues bloquées par des travaux. La dernière partie a été épique, le camping car se glissant au pas dans les petites rues encombrées de voitures en double file, au milieu des piétons dans tous les sens !

As the SatNav  crashed several times, we needed 3 hours to get there between highways, ultra modern buildings quarters, popular suburbs, streets blocked by the road works. The last part was epic , the motorhome sneaking throuigh small crowded streets  in the middle of delivery trucks and pedestrians going in all directions!

Le parking, idéalement placé au pied de Sultanahmet, est un monde à lui tout seul. Il donne sur l’entrée du Bosphore et des dizaines de tankers passent sous votre nez pour rejoindre ou quitter la mer noire. Dans la journée, pas grand monde à part notre camion et des pêcheurs à la ligne.

The car park, ideally located, is a world of itself . It faces the entrance to the Bosphorus and dozens of tankers pass under your nose to enter or leave the Black Sea. During the day, hardly anyone except our camper and turkish anglers .

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Il s’anime le soir, avec des dizaines de voitures qui viennent se garer face à la mer. Beaucoup de couples ou des groupes de jeunes viennent y passer des heures dans leur voiture en écoutant de la musique. Un marchand de moules s’y installe tous les soirs et un gamin passe de voiture à voiture pour distribuer du thé. Une vieille dame essaye de vendre des roses. Tout cela est très romantique mais cela dure très très tard ! On a même eu droit à un concert à 6h du matin !

It comes alive at night , with dozens of cars coming to park facing the sea . Many couples or groups of young people come to spend hours in their car listening to music. A mussels seller settles there all evening, a kid goes from car to car distributing tea and an old lady tries to sell roses. All this is very romantic but it goes on until very very late! We even got a concert at 6 am !

Beaucoup de touristes sur Sultanahmet, beaucoup de présence policière aussi. La tension est assez palpable, avec les derniers attentats. De plus notre ami stanbouliote, Lionel, nous a confirmé que les gens ici détestent très majoritairement Erdogan. Istanbul ville rebelle. Lionel est prof de français et lors d’un cours sur le polar, il a demandé à ses lycéens de faire une phrase avec le verbe « assassiner », qu’ils venaient d’apprendre. Un élève lève le doigt : «  je veux assassiner Erdogan »! Sur la grande place Taksim, lieu de toutes les manifestations, des barrières anti-émeutes sont stockées au cas où.

Many tourists on Sulanahmet district, a lot of police  too. The tension is quite palpable, after the latest attacks. Our stanbouliote friend , Lionel , confirmed that people here overwhelmingly hate Erdogan. Istanbul is  a rebel city . Lionel is a  French teacher and during a course on thriller books, he asked his students to make a sentence with the word  » murder  » , they had just learned . A student raises his hand :  » I want to murder Erdogan  » ! On Taksim Square, the traditionnal place for demonstrations,  riot barriers are stored, just in case.

Le grand bazar nous a déçu. Connaissant les souks de Marrakech et Fès ou ceux d’Alep (avant sa destruction) et de Damas, il nous a semblé très touristique et pas du tout industrieux. Seulement des boutiques avec la déclinaison classique des bijoux, écharpes, porcelaines, tapis, sacs, verroterie, bibelots classiques. Bref, du déjà vu (non, on n’est pas snobs !)

The Grand Bazaar has disappointed us. Knowing the souks of Marrakech and Fez or those of Aleppo ( before its destruction ) and Damascus , it seemed very touristy and not industrious . Only shops with the classical variation of jewelry, scarves , porcelain, carpets , bags , beads , trinkets . In short, déjà vu ( no, we’re not snobs !)

Le quartier qui nous a séduit est celui entre le grand bazar et la Corne d’or, ce bras de mer qui sépare la ville moderne de la cité historique. A l’image de la Corne d’or quadrillée dans tous les sens par des bacs et ferries de toutes tailles desservant toutes les destinations, le quartier déborde d’activités.

The area that charmed us is that between the Grand Bazaar and the Golden Horn, the inlet that separates the modern city from the old part. As the Golden Horn crisscrossed in every direction by ferries of all sizes serving all destinations, the area is full of activities.

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La Turquie est avec la Chine l’atelier de confection de l’Europe. Dans ce quartier on sent battre le coeur de la ville : des petites rues parcourues par les chariots de ballots de vêtements, des ateliers, des marchés populaires, plein de petits restos où l’on mange pour 3 fois moins cher qu’à Sultanahmet, des pâtisseries de rêve, des centaines de gens dans les rues piétonnes, le marché aux fleurs, aux épices et aux oiseaux… et la poste centrale.

Turkey is with the China the workshop of Europe. In this area on feels the heartbeat of the city : small streets traveled by porters carrying bales of clothes, workshops, popular markets, small restaurants where you eat for 3 times cheaper than in Sultanahmet , fantastic pastries, hundreds of people in the pedestrian streets, the flowers, spices and pets market … and the central post office .

poste

Celle-ci nous laissera un souvenir impérissable. C’est en effet bizarrement apparemment le seul endroit en ville où l’on peut acheter une vignette automobile pour les autoroutes. Le très grand bâtiment abrite une grande salle avec un trentaine de superbes guichets en bois (ils étaient déjà là il y a 35 ans) dont seulement 2 sont ouverts. En arrivant on retire un ticket au distributeur et on attend l’affichage de son numéro : on avait le numéro 539, et le tableau électronique appelait aux guichets le 332 ! On a attendu notre tour 3 heures. Nous militons désormais fortement pour l’augmentation des effectifs du service public turc.

This will be a lasting memory. It is apparently the only place in town where you can buy a car sticker for driving on highways. The huge building houses a large room with  thirty beautiful wooden counters (they were already there 35 years ago ) of which only 2 are open. You get a ticket from a distributor and then wait for the display of your number : we had the number 539, and the electronic panel showed  332 when we arrived ! We waited our turn for  3 hours. We now advocate strongly the increase of staff at the Turkish public service.

Vendredi et samedi, on a déambulé sur Sultanahmet, avec la Mosquée bleue, Sainte Sophie, le musée des arts islamiques (superbe et très bien mis en valeur), un musée de mosaïques et la citerne souterraine.

Friday and Saturday, we wandered over Sultanahmet, with the Blue Mosqu, Hagia Sophia, the Museum of Islamic Art ( beautiful and very well presented ), a mosaic museum and underground cistern .

Dimanche on prévoyait d’aller prendre un ferry pour les îles des Princes, dans la mer de Marmara. Le port d’embarquement est à 10 km de notre parking. On y est allés en vélo le long du Bosphore, et à 500 m du but, crevaison. Chon, traumatisée par l’arrivée en ville, refusant catégoriquement qu’on aille chercher le camping car pour récupérer les vélos, on a fait le retour en poussant les engins et en découvrant des quartiers populaires, des petits marchés, bref, c’était crevant mais très sympa.

Sunday we expected to go and take a ferry to the Princes’ Islands in the Marmara Sea. The embarkation port was 10 km away from our car park. We went there by bike along the Bosphorus, and 500 meters from our goal, a puncture ! Chon, traumatized by the arrival in town, categorically refusing to fetch the camper to retrieve the bikes, we walked back pushing our bikes and discovering nice neighborhoods and small markets on the way. In short, it was an exhausting but very nice day .

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Lundi, c’était la journée « poste ». On prévoyait d’aller visiter ensuite le Palais de Topkapi, mais comme il ferme à 16 h, pas de palais. Et le soir, après un repas très sympa avec Lionel, qui n’a pas changé depuis 22 ans qu’on ne s’était pas vus, on a évidemment raté le dernier tram et on s’est fait Taksim-Sultanahmet à pied, encore 6 km dans les jambes !

Monday was the  « post office » day. We planned to go and visit the Topkapi Palace, but it closes at 6 pm ,and so,  no palace. And in the evening, after a very nice meal with Lionel , who has not changed for the 22 years we had not seen him, we, of course, missed the last tram  and we walked from Taksim to Sultanahmet, another 6 km in the legs !

Mardi, évidemment, Topkapi est fermé pour la journée. Mais d’un raté on a fait une belle réussite, la visite de l’église Saint Sauveur in Chora.

Tuesday, of course, Topkapi was closed. But from a missed goal we made a great success , visiting the Church of St. Savior in Chora .

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Dans un quartier excentré de jolies maisons en bois, cette petite église renferme les plus belles mosaïques qu’on n’ait jamais vues ! Mais cela se mérite, car c’est loin du tram et du métro !

In an outlying neighborhood of pretty wooden houses, this small church has the most beautiful mosaics we’ve ever seen ! It is far from the tram and metro but it is worth it !

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On a beaucoup aimé cette ville, qu’on a sillonné dans tous les sens et qu’on a commencé à apprivoiser. C’est sans doute une des plus belles que l’on connaisse. 35 ans après la dernière visite de Daniel (en stop !), elle s’est énormément développée, modernisée (les trams et le métro sont impeccables). Elle n’a cependant rien perdu de son âme, même si la plupart des hommes turcs ne portent plus trop la moustache, systématique dans les années 70, que les femmes ont de plus en plus le voile et que les babas cools ont disparu !

We loved this city , we went all over the place and we felt that we were beginning to understand it. This is undoubtedly one of the most beautiful towns we’ve ever seen. 35 years after the last visit of Daniel ( hitchhiking ! ), it has grown enormously into a modern metropolis ( trams and metro are impeccable ) . However, it has not lost its soul, although most Turkish men no longer wear the mustache they proudly showed in the ’70s , although many women are now dressed in black hijab and there are no more hippies around !

Quant à nous on en sort ravis et épuisés !

As far as we are concerned, we left Istanbul exhausted but delighted !