Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)


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Pause grecque / Greek pause

Toujours en attente du circuit imprimé à changer sur notre frigo, nous sommes de retour samedi à Thessalonique, après un petit crochet par la Macédoine. Mais la pièce risquait de n’arriver qu’en fin de semaine prochaine ! Résultat, plutôt que de faire des centaines de kilomètres en aller et retour, nous décidons de faire un peu de farniente en Grèce et descendons  en Chalcidique, la péninsule au sud, celle avec 3 « doigts » qui s’enfoncent dans la mer Egée.

Still waiting for the electronic part that will fix our fridge, we are back in Greece, afetr a small detour in Macedonia. Instead of staying in Thessaloniki, we are now in Chalkidiki, the penisula with 3 « fingers », south of the city.

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Le « doigt » le plus à l’est est réservé aux moines du Mont Athos et interdit aux femmes (comme les espaces réservés aux hommes chez les « islamistes radicaux » ou la rue des prostituées interdite aux femmes à Hambourg). On peut d’ailleurs se demander comment ces popes se sont reproduits depuis des siècles dans cette situation. En ce qui nous concerne, nous avons choisi le « doigt » du milieu, Sithonia, pour cette pause forcée, celui le plus à l’ouest étant le plus touristique. De l’autre côté de la baie, le Mont Athos nous surveille !

 The eastern « finger » is reserved for the monks of Mount Athos, and forbidden to women. One may wonder how these popes have reproduced themselves for centuries in these conditions. As far as we are concerned, we have chosen the « middle finger », Sithonia, for this break in our trip. Across the water, Mount Athos is watching us !

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Sans rire, on a l’impression d’être en vacances, après un mois et demi de voyage ! Au menu, ne rien faire, lire, surfer sur internet, se baigner dans des criques désertes, un peu de vélo pour aller manger des souvlaki avec un ouzo à la taverne. La Grèce telle qu’on l’aime, loin des « stations » proches de Thessalonique.

Do not laugh, but we feel like being on holidays, after this month and a half of travelling ! Doing nothing more than reading, surfing on the internet, bathing in secluded and deserted coves, riding to the taberna for souvlaki and ouzo… this is the menu. Greece as we love it, away from the « resorts » near Thessaloniki.

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Et l’occasion du premier barbecue de l’année, avec brochettes et vin bulgare.

And the good time for the first barbecue of the year, with skewers and Bulgarian wine

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La côte est de Sithonia est magnifique, couvertes d’oliviers, de pins et de chênes verts, avec seulement des campings le long des plages, et comme la saison commence seulement le week end du 1er mai avec la Pâque orthodoxe, nous l’avons pour nous seuls, depuis le camping Melissi (15€ avec la carte ACSI), à Sykia, 150 km au sud de Thessalonique. Et le printemps est bien là !

The east coast of Sithonia is beautiful, with olive and pine trees and holm oaks, and only some campsites along the beaches. As the season starts on the first of May with the Orthodox Easter, we have it all to ourselves, we are the only campers in camping Melissi in Sykia, 150kms away from Thessaloniki.

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Mercredi, message : la pièce est arrivée. demain jeudi, inch’Allah, le frigo sera réparé et en route vers Istanbul pour le week end !

Today, a message : the part has arrived ! Tomorow thursday, inch’Allah, we will have our fridge fixed and head to Istanbul to be there for the week end !

 

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Intermède bulgare 2 : Rila / Bulgarian intermezzo #2 : Rila

Après une deuxième nuit à Melnik au pied du village, on est monté 100 kms plus au nord vers le monastère de Rila. En pleine montagne, au bord d’un torrent tumultueux, c’est le plus grand et le plus bel édifice religieux du pays. Une très grande enceinte pavée, blanche et noire elle aussi, délimite une grande cour où se trouve l’église.

After a second night in Melnik close to the village, we moved on 100 kms further north to the Rila Monastery. In the mountains, close to a raging torrent, it is the largest and most beautiful religious building in the country. A very large paved enclosure, white and black too, defines a large courtyard where the church is located .

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Celle-ci est peinte du sol au plafond, dehors comme dedans, de fresques et couverte d’icônes à l’intérieur : c’est vraiment extraordinaire, même pour des gens qui comme nous ne sommes pas bien religieux. Et si aux Météores un pope a refusé à Chon d’entrer dans l’église en pantalon, ce n’a pas été le cas à Rila. Un bon point pour les pappas bulgares !

It is painted from floor to ceiling, inside and outside, , covered with frescoes and icons inside : it’s really extraordinary  , even for people like us who do not care about religions. And if a priest in the Meteora refused Chon to enter the church in pants , this was not the case in Rila . A good point for Bulgarian pappas !

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Nous avons fini la journée devant des truites grillées délicieuses (5€ par truite !), en regardant le Pascal Sevran local officier sur « Folklore TV », chaine que le patron du resto  avait mis spécialement pour nous ! Quant au camping zodiac, (15 €) en pleine nature au dessus du monastère, nous y avons  dormi comme des sonneurs, accompagnés par le ronflement du torrent.

We ended the day in front of delicious grilled trouts ( € 5 per trout !) , Watching local dances on « Folklore TV », the channel that the owner of the restaurant had put on especially for us ! And we slept at  the zodiac camping (€ 15) in the countryside above the monastery, accompanied with the loud music of the river.

Nous sommes maintenant redescendus vers la frontière grecque dans un petit camping (15 €, N41.454200 E23.363300) tenu par un jeune couple anglais. Apparemment il y a une petite communauté de britanniques par ici : une maison correcte avec 3000 m2 de terrain se vend 40 000 € et le climat n’a rien à voir avec les brumes de Manchester !

We are now back down near the Greek border in a small campsite (15 € ) run by a young English couple. Apparently there is a small British community here : a proper house with 3000 square meters  of land is worth € 40,000 and the climate has nothing to do with the mists of Manchester!

 


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Une macédoine de peuples et de conflits / A medley of peoples and conflicts

Déjà plus d’un mois que nous sommes partis.

Already more than a month since we left.

Les paysages n’ont rien d’exotique : on pense au fil des jours à la Provence, au Liban, au Luberon, à la Grèce que l’on connait un peu, aux Pyrénées. Pas de palmiers ou de baobabs à l’horizon. Et pourtant que d’interrogations, de découvertes, de questions.

The landscapes are not exotic: it reminds us of Provence, Lebanon, Luberon, Greece that we know a little, the Pyrenees. No palm or baobab trees on the horizon. Yet so many interrogations, discoveries, questions.

Les frontières françaises sont grosso modo stables depuis plusieurs siècles, si l’on ne parle pas de l’Alsace-Lorraine. Ici la carte des pays n’a cessé de changer : Les religions et les empires (Habsbourg et Ottomans), les guerres des Balkans de 1912-1913, les deux guerres mondiales, le conflit des indépendances des membres de l’ex-Yougoslavie, le Kosovo, la question insoluble des minorités nationales, tout cela rend la région passionnante, mais bien épuisante pour nos neurones de touristes européens nantis et sûrement naïfs.

French borders have been roughly stable for centuries, if one does not speak of Alsace-Lorraine. Here the maps of the countries have been changingall the time : religions and empires (Ottoman and Habsburg), the Balkan wars of 1912-1913, the two world wars, the war of independence of the embers of the former Yugoslavia, Kosovo, the insoluble question of national minorities, all this makes the region exciting to discover, but exhausting for our brains of wealthy and naive European tourists.

L’exemple de la Macédoine est édifiant. Ce petit pays était le plus pauvre de l’ex-Yougoslavie. Revendiquée au début du XXème siècle par la Serbie, la Bulgarie (même langue ou presque), la Grèce qui ne supporte pas l’idée même de son existence, avec une forte minorité albanaise (20%) qui revendique des droits, placée sur l’axe Belgrade-Thessalonique, elle a été ballottée par tous les conflits du siècle.

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The example of Macedonia is instructive. This little country was the poorest of the former Yugoslavia. Claimed in the early twentieth century by Serbia, Bulgaria (same language or almost), Greece, which does not support the idea of its existence, with a strong Albanian minority (20%) claiming rights, placed on the Belgrade-Thessaloniki  axis, it has been tossed about by the conflicts of the century.

N’ayant pas grand chose à offrir sinon ses vins distribués dans tous les Balkans et sa riviéra autour du lac Ohrid (très jolie ville UNESCO que nous avons visité sous la pluie), elle se dépeuple de manière exponentielle : une baisse de 10% de la population depuis 2002 !

Not having much to offer except its wines distributed throughout the Balkans and its riviera round Ohrid lake (beautiful UNESCO town we visited in the rain), it looses its population on a large scale : a 10% decrease since 2002!

Le conflit avec la Grèce est caricatural. Après la deuxième guerre des Balkans de 1913, provoquée par la Bulgarie contre la Grèce et la Serbie pour récupérer la Macédoine, la Grèce a obtenu la moitié de la macédoine historique et procédé à une « héllénisation » en appliquant un nettoyage ethnique contre les macédoniens… d’origine et les a repoussés en Macédoine. Aujourd’hui, le simple terme de Macédoine pose problème aux grecs qui ont bloqué son adhésion à l’ONU sous ce terme : officiellement le pays s’appelle FYROM (Former Yougoslav Republic Of Macedonia). l’Université et l’aéroport de Thessalonique sont baptisés « Macédoine », la région autour de la ville est la province de Macédoine centrale (y aurait-il une Macédoine du nord ?). Elle refuse aussi le drapeau national représentant un soleil rayonnant sur fond rouge : il a été choisi en référence à un dessin sur le tombeau de Philippe II… de Macédoine, père d’Alexandre le Grand et donc gloire grecque, même si sa tombe est de l’autre côté de la frontière. Un ministre grec vient d’être démissionné pour avoir parlé de Macédoine dans un discours officiel !

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The dispute with Greece is a caricature. After the Second Balkan War of 1913, caused by Bulgaria against Greece and Serbia to recover Macedonia, Greece got half the historic Macedonia and conducted a « Hellenization » by applying ethnic cleansing against the original Macedonians. and repelled them… in Macedonia. Today, the simple term of Macedonia is a problem for the Greeks who blocked its UN membership for that : the country is officially called FYROM (Former Republic of Macedonia Yougoslav). The university of Thessaloniki and the airport are named « Macedonia », the area around the city is the Central Macedonia province (could there be a northern Macedonia?). Greece also rejects the national flag with a radiant sun on a red background : it was chosen in reference to a design on the tomb of Philip II of Macedonia…, father of Alexander the Great and therefore a Greek glory, although his grave is on the other side of the border. A Greek minister had to resign this year for having talked about Macedonia in an official speech!

Coincée entre le grand frère serbe et le cousin bulgare, après avoir subi l’embargo lié aux conflits OTAN-Serbie, puis à celui décrété par la Grèce au moment de son indépendance, la Macédoine est aujourd’hui dans sa partie ouest en proie aux revendications des albanophones et sur sa frontière sud aux prises avec la question des réfugiés syriens. Beaucoup de charge pour un petit pays pauvre !

Wedged between the Serbian older brothers and the Bulgarian cousins, after suffering the embargo during the NATO-Serbia conflict, and the one decreed by Greece at the time of its independence, Macedonia is today subject to Albanian-speaking demands on her western side and is struggling on its southern border with the issue of the Syrian refugees. A big burden for a small, poor country!

On pourrait multiplier les exemples de conflits récents ou potentiels dans les Balkans entre tous les voisins. Et pendant ce temps là, nous nous baladons en touristes heureux et rajeunis dans des paysages magnifiques au milieu de gens chaleureux et accueillants. La naïveté a peut-être du bon, bien que ça fume sérieusement sous les capots!

There are so many other examples of recent or potential conflicts in the Balkans between all neighbours. And meanwhile, we are walking around, happy and rejuvenated tourists, in the midst of warm and welcoming people, through stunning scenery. Naivety may be a good thing , but it sure generates steam under the hood !


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Intermède bulgare 1 : Melnik / Bulgarian intermezzo #1 : Melnik

Comme nous sommes suspendus à la livraison chez un réparateur de Thessalonique  d’une pièce de rechange pour notre frigo de camping car, nous avons décidé d’en profiter pour jeter un oeil sur la Bulgarie du sud ouest, à 150 km au nord de Thessalonique.

As we are waiting for the delivery of a part for the fridge of our motorhome to a repairer inThessaloniki,  we decided to take the opportunity to have a look on southwestern Bulgaria , 150 km north of Thessaloniki .

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Nous avons passé une première journée à Melnik, un village de poupées adorable entouré d’un cirque de « pyramides », en l’occurence des cheminées de fées. C’est un haut lieu de la production de vin. C’est tranquille, quelques touristes locaux et là aussi la gentillesse des gens nous frappe.

We spent the first day in Melnik , a doll village  surrounded by  « pyramids ». It is a center for wine production . It’s a quiet place with a few local tourists and there again the friendliness of people has struck us.

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Les maisons de Melnik sont blanches et noires, avec des étages en surplomb le long d’une rivière à sec . Elles sont récentes, reconstruites dans le style traditionnel mais avec une véritable unité architecturale qui fait de Melnik une sorte de village musée blotti au fond de la vallée.

Melnik houses are white and black , with upper  floors overhanging a dry river bed. They are new, rebuilt in traditional style but with an architectural unit that makes Melnik a kind  of museum village nestled at the bottom of the valley .

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La maison Kordopoulova se visite et impressionne par la taille de ses pièces et par l’âge canonique des deux gardiennes du lieu, et aussi par la taille des barriques dans la cave.

One can visit the Kordopoulova house. We were impressed by the size of its rooms and the canonical age of the  two women looking after it, and also by the size of the barrels in the cellar !

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A 5 kms de la ville, le monastère de Rozhen est accessible par une belle ballade au milieu des cheminées de fée (4 h aller et retour). Cela monte beaucoup mais après les Météores, on a l’habitude !

5 kms from the city, the Rozhen Monastery is accessed via a beautiful walk in the midst of the « pyramids » (a 4 hour round trip) . it’s hard to get to the top, but now, after the Meteors, we are professional hikers !

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Les Météores / Meteora

Après l’Albanie, notre prochain objectif est Istanbul, pour y retrouver Lionel, un ami de Marrakech que nous n’avons pas revu depuis 20 ans. C’est l’occasion d’un détour par les Météores, toujours aussi spectaculaires avec leurs monastères perchés sur les pitons. Mais des photos valent mieux qu’un long discours.

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After Albania, our next goal is Istanbul, to meet a friend from Marrakech  we have not seen for 20 years. It is the occasion of a visit to the Meteors, still so spectacular with their monasteries perched on the peaks. But pictures speak better than words.

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3 heures de marche très raide pour atteindre le monastère de la Grande Météore. D’en bas, il est tout petit, mais une fois arrivé on découvre presque un village enclos de murs, avec église, musée, boutique de souvenirs, centaines de touristes et … l’ossuaire où reposent les têtes des moines des siècles derniers.

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There is  a 3 hour steep walk to reach the monastery of the Great Meteor. From below, it is small, but once we arrived at the top, we discovered a small village ithin walls,s with church, museum, gift shop, hundreds of tourists … and the ossuary where lie the heads of monks from the last centuries.

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On est rentrés épuisés au camping Kastraki (17€ avec la carte ACSI), le dos en compote, mais heureusement avec encore la tête sur les épaules !

When we reached  the campsite we were exhausted, but fortunately still with our heads on our shoulders!

Après une bonne nuit de repos, cap sur Thessalonique, où une mauvaise surprise nous attendait. On avait des problèmes avec notre frigo et on avait rendez vous chez Zampetas, fournisseur et réparateur de camping cars près de l’aéroport. Le diagnostic est tombé : il faut changer un circuit imprimé et il faut commander la pièce en Suède ! On nous garantit qu’elle arrivera dans 4/5 jours. On croise les doigts.

After a good night sleep, we headed to Thessaloniki, where a nasty surprise was waiting for us. We had problems with our fridge and we had an appointment at Zampetas, supplier and repairer of campers near the airport. The diagnosis was that they have to change a circuit and order the part from Sweden ! They guaranteed that it will arrive in 4-5 days.  We keep our fingers crossed.

Plutôt que d’attendre sur place, on a décidé d’aller faire un tour dans le sud de la Bulgarie, en attendant le SMS qui nous dira que la pièce est arrivée.

So, instead of waiting there, we decided to go for a ride in southern Bulgaria, waiting for  the SMS that will tell us that the part has arrived.


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Le sud de l’Albanie / South of Albania

Nous avons fait pas mal de choses depuis notre dernier billet. Après avoir quitté nos jeunes amis de Lushnjie, nous nous sommes tout d’abord arrêtés à Appolonia. Cette ville grecque puis romaine a eu une importance considérable entre les VIème avant JC et le IIème siècle de notre ère. Bâtie sur une butte à quelques kms de la côte, reliée par une rivière à la mer ionnienne, elle a été brusquement abandonnée au Vème siècle suite à un tremblement de terre qui a détourné le cours de la rivière supprimant le port et transformé la région en marécages. Le site est immense mais peu de choses sont visibles. Il faut vraiment être spécialiste pour s’enthousiasmer. Seuls le petit musée et l’église orthodoxe à côté sont intéressants.

We’ve been quite around since our last post. After leaving our young friends in Lushnjie, we first stopped at Appolonia. The Greek and Roman city had considerable importance between the VIth century BC and the IInd century AD. Built on a hill a few miles from the coast, connected by a river in the Ionian Sea, it was abruptly abandoned in the Vth century following an earthquake that changed the course of the river and transformed the region into marshes. The site is huge but little is visible. You really have to be a specialist to get excited about it. Only the small museum and the Orthodox church next to it are interesting

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Après Appolonia, direction la Riviera albanaise au sud de Vlorë. Elle commence en fait 50 km plus bas, après avoir franchi les montagnes du parc national de Llogura qui est magnifique mais encore très froid à cette époque, nous empêchant d’y faire un arrêt prolongé. Après une descente vertigineuse sur la mer, c’est vrai que c’est superbe. Pas encore trop d’immeubles dans les villages, des criques isolées (pas faciles d’accès), des eaux cristallines. On a passé deux jours dans un camping sur la plage de Livadh, juste avant Himarë. On était seuls, et avions la grande plage rien que pour nous, comme d’habitude.

After Appolonia, we headed towards the Albanian Riviera south of Vlorë. It actually begins 50 km further south after crossing the mountains of Llogura National Park. After a very steep descent to the sea, it is true that it is superb. Not too many buildings in the villages, secluded coves (not easily accessible), crystal clear waters. We spent two days in a campsite on Livadh beach just before Himarë. We were alone, and had the beach and the campsite just for us, as usual.

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On est ensuite descendus tout au sud, en face de Corfou, jusqu’à Butrint, autre site archéologique. La ville est a été construite sur une colline en bord de mer, pratiquement entourée d’eau. Pas de déception comme à Appolonia, l’endroit est remarquable. De nombreux monuments encore identifiables sont dispersés sur le site. C’est très bucolique . Cela nous a fait penser à certains sites… mayas du Yucatan. Ici aussi on se promène sous les arbres qui ont poussé entre ou dans les monuments. Un temple d’Asclépios, un théâtre, des thermes et un forum romains, un baptistère et les arches d’une cathédrale byzantine, une forteresse vénitienne , un mur d’enceinte qui fait penser par endroit à Mycennes, le tout que l’on découvre en se baladant à l’ombre de la forêt, avec le chant des oiseaux en fond sonore. Superbe, et bien sûr l’ensemble du site était à nous !

We then descended all the way south to Butrint, another archaeological site, opposite the island of Corfu. . The city was built on a hill by the sea, virtually surrounded by water. No disappointment as in Appolonia, the place is remarkable. Many still recognizable monuments are scattered on the site. It’s very bucolic. It made us think of some… Maya sites of Yucatan. Here too we walk under trees, some of them having grown on the monuments. A temple of Asclepios, a theater, baths and a Roman forum, a baptistery and arches of a Byzantine cathedral, a Venetian fortress, a wall that is reminiscent in places of Mycennes, we discovered all this by walking in the shade of the forest, with birds singing in the background., and the sea all around. Superb, and of course the whole site was ours!

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De Butrint, on peut rejoindre la Grèce à 5 km à vol d’oiseau ou remonter vers Sarandë, puis de là, plein est par la montagne vers Gjirokaster. C’est ce que nous avons fait en empruntant un bac assez improbable, qui fait traverser la lagune de Butrint sur un radeau en planches tiré par des cables !

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From Butrint, one can reach Greece 5 km away ,as the crow flies, or go to Sarandaë and thence due east by the mountain to Gjirokaster. This is what we did by taking a rather unlikely “ferry” which crosses the lagoon of Butrint on a plank raft pulled by cables !

Gjirokaster, c’est bien sûr la ville d’Ismael Kadaré. Mais c’est surtout une ville labellisée UNESCO, et à juste titre. Accrochées à la montagne, des maisons de pierre grise forment une vieille ville aux rues pavées de gris, blanc et rose. Le tout est surveillé par une citadelle sur un piton. Les façades blanches et les toits de lauze forment un ensemble remarquable : la plus belle ville d’Albanie, avec Berat que nous avons loupée, et la plus belle cité ancienne que nous ayons vue depuis Mostar en Bosnie.

Gjirokaster is of course the city of Ismael Kadare. But it is mainly a city labeled UNESCO, and rightly so. Clinging to the mountain, gray-stone houses form an old town with cobbled streets of gray, white and pink. Everything is monitored by a citadel on a hill. The white facades and slate roofs form a remarkable ensemble: the most beautiful city of Albania with Berat and the most beautiful ancient city that we’ve seen since Mostar in Bosnia.

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De Gjirokaster, nous sommes descendus vers la Grèce et avons dormi juste avant la frontière dans un petit village à l’ombre du monastère orthodoxe. En allant voir un couple qui travaillait dans son potager à quelques mètres pour leur demander l’autorisation de rester là pour la nuit, nous avons encore une fois vérifié l’hospitalité du pays. Non seulement, ils ne voyaient aucun problème à ce qu’on dorme devant chez eux, mis on s’est retrouvé à partager un café, de la feta, des olives et des rakis dans leur salon. Giorgos et Maria sont des grecs albanais (ou l’inverse) qui passent leur retraite dans leur petite maison après des années de travail en Grèce. Nous n’avions aucune langue commune -Giorgos a seulement appris le russe à l’époque communiste- mais leur gentillesse et le regard espiègle du maître de maison qui essayait de nous remplir un troisième raki en nous faisant comprendre que nous ne conduisions pas après était plein de charme. Il a été difficile de les quitter ! Et ce matin, à 8h, Maria est venue frapper à la porte du camping-car avec un saladier de beignets chauds et de la confiture de cerises, en disant : breakfast, breakfast !

From Gjirokaster we went down to Greece and stopped just before the border in a small village in a quiet street. By going to see the couple who was working in their garden a few meters away to ask for permission to stay there for the night, we again checked the hospitality of the country. They not only saw no problem with us sleeping there, but we were offered coffee, feta, olives and rakis in their living room. Giorgos and Maria are a couple of Albanian Greek (or vice versa) who spend their retirement in their home after years working in Greece. We had no common language -Giorgos only learned Russian in communist time- but their kindness and the mischievous look of the householder trying to pour us a third raki was full of charm. It was hard to leave ! And this morning, Maria came knocking on the door to bring us a breakfast of donuts and cherry jam !

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Il est difficile de quitter ce pays si attachant. On ne comprend pas comment il peut avoir un telle mauvaise réputation.

Bien sûr, les routes sont bien pourries à part les grandes nationales, bien sûr, il y a beaucoup de décharges sauvages au long des routes, mais l’Albanie possède un tel potentiel touristique et ici l’hospitalité n’est pas un argument de vente comme dans beaucoup d’endroits. Et n’ayez pas peur des nids de poules : on y a survécu !

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It’s hard to leave a country so attractive. We do not understand how it can have such a bad reputation. Of course, the roads are ruined, apart from the national roads, of course, there are many illegal dumps, but Albania has such potential for tourism and hospitality here is not a business argument as in many places. And don’t be afraid of the potholes : we survived !

Dépêchez-vous de venir découvrir ce petit pays, avant que les promoteurs du tourisme de masse ne s’en emparent. Vous ne serez pas déçus !

Come and discover this small country, before mass tourism invade it, you will not be disappointed!


Friches et bunkers

L’héritage de l’Albanie d’Enver Hoxha, c’est aussi des friches industrielles un peu partout (ici à la sortie d’El Basan) et des  bunkers dans tout le pays. Le dictateur était tellement parano qu’il en a fait construire environ 700 000, au cas ou le Pacte de Varsovie, Tito ou la CIA attaqueraient son pays  !

The legacy of  Enver Hoxha’s Albania  is also abandonned industrial plants everywhere ( here on the edge of El Basan ) and bunkers all across the country . The dictator was so paranoid that he has built about 700 000 of them , just in case the Warsaw Pact , Tito or the CIA would attack his country !

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