Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)


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Milliardaires / Billionaires

Après avoir visité Tatev, nous avons mis cap au sud pour l’Iran. A mi-chemin, nous avons passé une nuit au calme près d’une petite rivière dans la forêt d’un parc national (39.05003, 46.45411), avant d’affronter le passage de frontière.

After visiting Tatev, we headed south to Iran. Halfway, we spent a quiet night near a small river in the forest of a national park, before facing the border crossing.

A l’entrée en Arménie on nous avait délesté de 50 € pour l’importation temporaire du véhicule, et on était partis confiants avec notre formulaire tout en Arménien qui en faisait foi. Nous n’avions pas vu que l’on nous avait seulement accordé 15 jours dans le pays. C’était bien mentionné en Arménien sur la feuille ! Résultat, à la sortie, on avait dépassé de 3 jours la date fatidique ! Les douaniers ont été inflexibles , sans la moindre compréhension: on a dû payer une amende de 590 € ! Dur dur !

When we entered Armenia, we had to pay 50 € for the temporary importation of the vehicle, and we left confident with our form, all written in Armenian. We did not see that we were only granted 15 days in the country, though it was well mentioned in Armenian on the paper ! As a result, at the exit, we had exceeded by 3 days the fateful date! The customs officers were inflexible, without the slightest understanding: we had to pay a fine of 590 € ! F*** !

Côté iranien, les choses se sont passés avec le sourire et nous voilà partis pour Tabriz, à travers un paysage encore plus aride qu’en Arménie.

On the Iranian side, things went smoothly with a smile and we left for Tabriz, through an even more arid landscape than in Armenia.

On nous avait parlé de la gentillesse des iraniens et nous en avons eu quelques exemples au cours de cette première journée.

We were told about the kindness of the Iranians and we had some examples on that first day.

A un carrefour dans la campagne, face à deux routes, et à un panneau tout en iranien, on hésite, la carte en main : aussitôt un camionneur s’arrête et nous met sur la bonne route.

Plus loin, une autre voiture nous fait signe de nous arrêter pour nous confirmer qu’on est bien dans la bonne direction.

A l’entrée de la ville suivante, on fait signe à une camionnette pour leur demander où on peut trouver du diésel : ils nous font traverser toute la ville, nous amènent à la station sur la route de Tabriz.

At a crossroads in the countryside, facing two roads, and with a road sign all in Iranian, we ere hesitating, the  map in hand: immediately a truck driver stopped and showed us on the right way. Further on, another car signaled us to stop to confirm that we were in the right direction. At the entrance of the next town, we asked a pick up driver whereto find diesel: he lead us cross the whole town, andbrought us to the station on the road to Tabriz.

A la station service, on découvre les charmes de la monnaie iranienne. Les billets sont libellés en rials, mais tout le monde parle en tomans, soit la somme en rials, amputée d’un zéro. Sur la pompe, le prix du litre est de 600 et la somme à payer pour notre plein était donc de 47 000. Royal, Daniel donne au pompiste un billet de 50 000 rials en lui disant de garder la monnaie. Sauf que les prix étaient indiqués en tomans. C’est donc un billet de 500 000 rials qu’il fallait donner ! Mais il n’y a pas de quoi s’affoler : le litre est à 16 centimes d’euro et le plein ne valait que 12 euros.  On n’a pas fini de se mélanger les crayons, car un euro vaut 45 000 rials. Plus tard, quelqu’un nous demandera le prix du camping car : neuf, il vaut 1,8 milliards de rials ! Nous voilà milliardaires d’un seul coup !

(ci-dessous le billet de 500 000 rials, soit un peu plus de 10 euros. Sur le verso, c’est indiqué en chiffres… arabes : ouf !))

At the gas station, we discover the charms of the Iranian currency. The notes are denominated in rials, but everyone speaks in tomans, the sum in rials, amputated by a zero. On the pump, the price of the liter is 600 and the sum to be paid for our full was therefore 47,000. Royal, Daniel gives the attendant a ticket of 50,000 rials telling him to keep the change. Except that the prices were indicated in tomans. It was therefore a ticket of 500,000 rials that had to be given! But there is nothing to panic: the liter is at 16 cent of euro and thewhole tank was worth only 12 euros. We have not finished getting mixed up because one euro is worth 45,000 rials. Later, someone asked us the price of the camper: new, it is worth 1.8 billion rials! Here we are billionaires all at once! (Below the 500,000 rials bill, a little over 10 euros)

La route pour Tabriz est excellente, et on y est arrivé vers 18h, à la plus mauvaise heure pour la traverser, avec comme objectif un camping à l’est de la ville. La conduite est sportive et les ronds points ont des airs de carrefour de l’Arc de triomphe à Paris, à l’heure de pointe, en dix fois pire.

The road to Tabriz is excellent, and we arrived at about 6pm, at the worst hour to cross it, with the objective of a campsite to the east of the city. The driving is sporty and the roundabouts look like the rond point de l’Arc de Triomphe  in Paris, at the rush hour, but ten times worse.

On est quand même arrivés à bon port au Mozafer passenger park (38°3.960 46°19.864). C’est un terrain gratuit et gardé assez étonnant. Un parking entoure une grande pelouse arborée. Les iraniens sont des fanatiques de camping ! On nous avait prévenus, mais ce soir c’était un vrai festival sur le parking !

We eventually made it to the Mozafer passenger park. It’s a pretty amazing free camp. a car park surrounds a large lawn with trees. Iranians are camping fanatics! We were warned, but tonight it was a real festival on the parking lot!

Ils posent leurs tentes sur le goudron et s’installent pour pique niquer sur l’herbe ! On dirait un camp d’indiens ou un festival rock sans la musique !

They put their tents on the asphalt and settle down to picnic on the grass ! It looks like an Indian camp or a rock festival without music!

On a fini la soirée en partageant un repas avec nos voisins, et en échangeant par applis de traduction sur les téléphones. Ils sont originaires de la grande tribu des Bakhtiaris, du sud de l’Iran, en vacances à tTbriz. Et bien sûr nos nouveaux amis nous ont fait promettre de passer les voir chez eux , à 1000 kms d’ici !

We ended the evening by sharing a meal with our neighbours, and exchanging by translation apps on the phones. They come from the great tribe of the Bakhtiaris, southern Iran, on vacation in Tabriz. And of course our new friends made us promise to go see them at home, 1000 km from here!

Mais demain, on va d’abord visiter la ville, qui fut la première capitale du pays.

But first of all, tomorrow, we are set to visit the city, the first capital of Iran.


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Séance de rattrapage / Catch up session

Avant de quitter l’Arménie, il nous faut signaler trois sites remarquables que nous n’avons pas mentionnés : un musée et deux… monastères.

Before leaving Armenia, we must point out three remarkable sites that we did not mention: a museum and two … monasteries.

Après notre retour du Karabagh, nous sommes allés voir le monastère de Tatev. Pour y arriver, soit vous prenez une route pas terrible, soit vous prenez un téléphérique. D’après le livre des records Guiness, c’est le plus long du monde (6 km).

After our return from Karabagh, we went to see Tatev monastery. To get there, either you take a dirt road or you take a cable car. According to the Guinness Book of Records, it is the longest in the world (6 km).

Le site de Tatev est époustouflant au dessus d’un canyon, au milieu des montagnes.

The site of Tatev is breathtaking over a canyon, in the middle of the mountains.

Le monastère est unique par l’état de conservation des bâtiments annexes à l’église. Jusqu’à un millier de personnes vivaient sur ce rocher qui était une véritable université au Moyen-âge.

The monastery is unique because of the state of conservation of the buildings annexed to the church. Up to a thousand people lived on this rock which was a true university in the Middle Ages.

Le seul problème de tous ces monastères est la pierre grise de leur construction qui les rend très austères et sombres à l’intérieur.

The only problem of all these monasteries is the gray stone of their construction which makes them very austere and dark inside.

Plus près d’Erevan, le monastère de Gueghard est lui remarquable pour les chapelles creusées dans la roche de la falaise, accessibles depuis le vestibule de l’église principale et pour la disposition de ses divers bâtiments autour de la cour centrale.

Nearer to Yerevan, the monastery of Gueghard is remarkable for the chapels dug in the rock of the cliff, accessible from the vestibule of the main church and for the arrangement of its various buildings around the central courtyard.

Ces grottes sont sculptées dans la pierre, et une source -évidemment miraculeuse- coule depuis le rocher. Cerise sur le gâteau, une voix magnifique s’est élevée d’une des chapelles et nous a gratifié d’un petit concert.

These caves are carved in stone, and a spring – miraculous of course- flows from the rock.Icing on the cake, a magnificent voice rose from one of the chapels and gave us a small concert.

Pour terminer notre séance de rattrapage, une mention spéciale pour le musée le plus étonnant de la capitale, le Matenadaran, à ne manquer sous aucun prétexte. (il n’y a pas que des monastères à voir en Arménie.) Ici sont rassemblés plus de 18 000 manuscrits, qui racontent en creux toute l’histoire de ce peuple très religieux.

And last but not least for this catch up sessionn, a special mention for the most amazing museum of the capital, the Matenadaran, not to be missed under any pretext. (There are not only monasteries to see in Armenia.) Here are gathered more than 18,000 manuscripts, which recount the whole history of this very religious people.

  Les documents viennent de partout dans la grande Arménie qui s’étendait jusque sur la moitié de l’Asie mineure, sans oublier les communautés installées dans l’Iran actuel. Une petite salle au rez-de chaussée présente aussi des manuscrits arabes, turcs et persans de toute beauté, et dans une vitrine, côte à côte, un Coran traduit en Arménien et une Bible traduite en Persan. Malheureusement, on avait oublié l’appareil photo. Cela nous a fait penser à la Bible polyglotte (en grec, latin, arabe et araméen ) de la Bfm de Limoges !

The documents came from all over the great Armenia, which extended to half of Asia Minor, not to mention the communities settled in present-day Iran. A small room on the ground floor also features beautiful Arabic, Turkish and Persian manuscripts, and in a window, side by side, a Koran translated into Armenian and a Bible translated into Persian. Unfortunately, we had forgotten the camera. This made us think of the polyglot Bible (in Greek, Latin, Arabic and Aramaic) of the Limoges public library !

Et maintenant, en route pour l’Iran !

And now, Iran !


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A la recherche du platane perdu / looking for the lost plane tree

Capture

Toutes nos amies arméniennes nous ont incité fortement à visiter le Nagorno Karabagh, ou plutôt l’Artsakh en Arménien. Le nom de Nagorno Karabagh est en soi une fabrication intéressante : Nagorno veut dire Haut en Russe, Kara, Noir en Turc et Bagh voudrait dire Jardin en Persan. Faut-il s’étonner que cela ait donné une situation inextricable à la fin de l’URSS ?

All our Armenian friends in Yerevan told us not to miss Nagorno Karabagh, or rather the Artsakh in Armenian. The name Nagorno Karabagh is in itself an interesting fabrication : Nagorno means High in Russian, Kara, Black in Turkish and Bagh, Garden in Persian. It is no wonder that this gave an inextricable situation at the end of the USSR !

Cette province autonome au sein de la république soviétique d’Azerbaidjan, peuplée à 75% d’Arméniens, mais sans continuité territoriale avec l’Arménie a déclaré immédiatement son indépendance à la fin de l’Union soviétique, au grand dam des Azéris. Résultat une terrible guerre d’indépendance entre Arméniens et Azéris, avec les armées régulières des deux pays, les résistants locaux et l’apport de mercenaires russes (des deux côtés), des tchétchènes, des afghans, le tout avec les armes et blindés sortis des stocks sur place de l’ex-armée rouge. De 1990 à 1994, les combats feront 30 000 morts, des milliers de personnes déplacées pour que finalement l’Arménie prenne le dessus en récupérant le territoire de la province autonome, en y rajoutant les régions azéries qui la séparait de l’Artsakh originel. La ligne de cessez-le-feu imposée par les Russes en 1994 tient plus ou moins, avec des accès de tension extrême comme en avril 2016 où près de 500 soldats des deux pays trouveront la mort  pendant la « guerre des quatre jours« .

This autonomous province in the Soviet republic of Azerbaijan, populated with 75% Armenians, but without territorial continuity with Armenia declared immediately its independence at the end of the Soviet Union, much to the chagrin of the Azeris. The result was a terrible war of independence between Armenians and Azerbaijanis, with the regular armies of the two countries, the local resistance and the contribution of Russian mercenaries (both sides), Chechens and Afghans, all armed with the ex-R ed Army’s on-site stocks. Between 1990 and 1994, 30,000 people were killed, thousands of people were  displaced, and Armenia eventually gained the upper hand by reclaiming the territory of the autonomous province, adding the Azeri regions that separated it from the original Artsakh. The 1994 ceasefire line is more or less effective with extreme tensionat times, as in april 2016 when nearly 500 soldiers from both countries will be killed during the « Four Day War ».

Pour les Arméniens, c’est une victoire hautement symbolique après 100 ans de revers terribles. Aussi, tout le monde nous a invité à visiter ce petit coin de montagnes couvertes de forêts et aujourd’hui uniquement peuplé d’Arméniens. Aucun pays n’a reconnu l’Artsakh, et cela reste une fiction : les voitures sont immatriculées en Arménie, la monnaie est le Dram arménien, et le drapeau est copié sur celui du grand frère (une sorte de triangle blanc ajouté, fait de briques ressemblant à des légos est la seule différence).

For the Armenians, it is a highly symbolic victory after 100 years of terrible setbacks. We can understand that everyone invited us to visit this small corner of mountains covered with forests and today only populated by Armenians. No country has recognized the Artsakh, and it remains a fiction : cars are registered in Armenia, the currency is the Armenian Dram, and the flag is copied on that of the big brother (a sort of white triangle made of lego-like bricks is the only the difference).

Quand on s’approche de la frontière, c’est une muraille de hautes montagnes qui se dessine effectivement à l’horizon.

When one gets closer to the border, the horizon is blocked by a high wall of mountains.

Le poste frontière est bon enfant. Le visa doit se prendre dans les 48h à Stepanakert, (Xankandi en Arménien) la capitale, au Ministère des affaires étrangères, pour 6 € par personne. Comme aucun état ne l’a reconnu, le poste de ministre ne doit pas être trop prenant ! Le visa est une feuille volante, car un visa karabaghti sur un passeport interdirait l’entrée en Azerbaidjan, et la Turquie le verrait d’un mauvais œil.

The border crossing is simple. A visa must be taken within 48 hours at the Ministry of Foreign Affairs in Stepanakert (Xankandi in Armenian), for 6 € per person. As no state has recognised Artsakh, the minister must not have too much work ! The visa is on a piece of paper, because a karabaghti visa on a passport would prohibit entry into Azerbaijan, and Turkey would see it with an evil eye.

La route -bien meilleure qu’en Arménie- nous amène à travers la montagne vers la première ville, Chouchi, perchée sur un promontoire. Les paysages sont grandioses, et les pentes sont effectivement souvent couvertes de forêts. Chouchi était la capitale du Karabagh avant qu’elle soit transférée à Stepanakert.

The road, better than in Armenia, leads us through the mountain to the first town, Shushi, perched on a promontory. The landscapes are magnificent, and the slopes are often covered with forests. Shushi was the capital of Karabakh before it was transferred to Stepanakert.

Chouchi était, paraît-il, un exemple de coexistence heureuse entre « Turcs » et Arméniens. Sauf que pendant la guerre, depuis cette petite ville à majorité azérie, l’armée azerbaidjanaise bombardait Stépanakert, que l’on aperçoit en bas dans la vallée. Sa conquête par les Arméniens marquera d’ailleurs la fin des combats.

Shushi was, it seems, an example of a happy coexistence between « Turks » and Armenians. Except that during the war, from this little city with Azeri majority, the aerbaidjani army bombarded Stepanakert,  down in the valley. His conquest by the Armenians will mark the end of the fighting.

Que reste-t-il de cette période de vie commune ? Rien, sinon des bâtiments de pierre blanche, sans toit, dans lesquels poussent des arbres et herbes folles : ce sont les ruines des maisons des Azéris de Chouchi, qui ont fuit en catastrophe. On parle de nettoyage ethnique de part et d’autres, ici pour les populations azéries, à Bakou pour les arméniens d’Azerbaidjan. Comment savoir ?

What is left of this period of common life? Nothing, except buildings of white stone, without roofs, in which grow wild trees and weeds : these are the ruins of the houses of the Azeris of Chouchi, who fled in catastrophe. There is talk of ethnic cleansing on both sides, here for Azerbaijani populations, in Baku for Armenians. How to know ?

Ce qui est certain c’est que cette ville est le symbole d’une guerre terrible, avec ses trois mosquées décapitées par les vainqueurs et sa cathédrale toute neuve faisant face à des immeubles déglingués.

What is certain is that this city is the symbol of a terrible war, with its three mosques decapitated by the victors and its new cathedral facing this kind of buildings.

Les remparts de sa forteresse dominent toujours la vallée, et le quotidien a repris le dessus, mais au long de ses rues tranquilles, les îlots de ruines envahies par la végétation nous font irrémédiablement penser à la rue de Damas, la ligne verte de Beyrouth à la fin de la guerre civile libanaise.

The ramparts of its fortress still dominate the valley, and everyday life has taken over, but along its quiet streets, islands of ruins invaded by vegetation make us irremediably think of Beirut’s Damascus street, the green line between east and west at the end of the Lebanese civil war.

Le musée local offrait une exposition de statues en extérieur, suite à une « convention » de sculpteurs venant de Serbie, d’Inde, de Russie et d’Arménie. Un bel office du tourisme flambant neuf semblait attendre d’improbables touristes comme nous, mais il était fermé. Quelques taxis en Lada attendaient d’hypothétiques clients devant la mairie.

The local museum offered an exhibition of outdoor statues, following a « convention » of sculptors from Serbia, India, Russia and Armenia. A beautiful brand new tourist office seemed to expect unlikely tourists like us, but it was closed. Some taxis in Ladas were waiting for hypothetical customers in front of the town hall.

Du coup on a continué vers Stépanakert pour y trouver un peu d’animation !

La petite capitale du Karabagh (40 000 habitants) est une ville agréable construite autour de larges avenues bien entretenues par des brigades de balayeurs.

The little capital of Karabagh is a pleasant city built around wide avenues well maintained by brigades of sweepers.

Des bâtiments modernes cohabitent avec des immeubles dégradés…

Cohabitation betwwen new and old buildings…

Sur le rond-point central de la ville, on emploie les grands moyens pour nettoyer la statue du héros national (que nous n’avons pas identifié) !

On the central roundabout of the city, they use the fire brigade to clean the statue of the national hero (which we have not identified) !

On n’y a pas vu de stigmates de la guerre, mais on n’y est pas resté longtemps. Juste le temps nécessaire pour récupérer un visa dans le petit ministère et visiter le musée national. Dans un immeuble fatigué, dans des salles mal éclairées, sont proposées toutes les richesses archéologiques et historiques du pays. C’est un fatras d’objets hétéroclites, de photos de personnalités, de souvenirs de l’histoire récente.

We did not see any stigmata of the war, but we did not stay there long. Just enough time to retrieve a visa in the small ministry and visit the national museum. In a tired building, in dimly lit rooms, are offered all the archaeological and historical wealth of the country. It is a jumble of miscellaneous objects, photos of personalities and memories of recent history.

Une exposition sur panneaux dans le hall d’entrée intitulée « L’Azerbaidjan, ennemi de la civilisation » rassemble des photographies de monuments, églises, cimetières, détruits par les Azéris sur leur territoire. C’est assez affligeant et la réconciliation semble un vœu pieux.

An exhibition on panels in the lobby entitled « Azerbaijan, enemy of civilization » brings together photographs of monuments, churches, cemeteries, destroyed by Azerbaijanis on their territory. It is rather distressing and reconciliation seems a wishful thinking.

Pour prendre l’air, on a décidé d’aller à la recherche du plus vieux platane du pays, fierté des karabaghtis. Un panneau indicateur à la sortie de Stépanakert l’indiquait à 37 kms. De nombreux ramasseurs de mûres étaient en action le long de la charmante route qui serpente dans les collines.

To get some fresh air, we decided to go in search of the oldest plane tree of the country, pride of the karabaghtis. A road sign at the exit of Stépanakert indicated it at 37 kms. Numerous blackberry pickers were in action along the charming road that winds through the hills.

35 kms après Stépanakert, un panneau nous a invité à prendre une piste qui montait dans la montagne. Après un km de caillasses et d’ornières pour 4X4, on a craqué et on a fait demi-tour ! Il restait 2 kms de piste, imposible avec le camping car !

35 kms after Stepanakert, a sign invited us to take a dirt road that climbed up the mountain. After one km of stones and ruts, we freaked out and turned back ! imossible with the camper !

Ce platane de 2037 ans cette année, fierté du pays, où les gens du coin adorent parait-il se retrouver sous son feuillage, restera un mystère pour nous. Il faudra faire confiance à Wikipedia pour en trouver trace. Il paraît que 40 personnes peuvent s’y tenir à l’ombre.

This 2037-year-old plane tree is  the country’s pride The locals are supposed to love sitting under its foliage, but it will remain a mystery to us. We’ll have to rely on Wikipedia to know more about it .

photo wondermondo.com

Quant à nous, cela a été le signal d’un retour en Arménie, où à défaut de platane, nous avons trouvé tout de même de l’ombre  sur une aire de pique nique très fréquentée le week end. L’occasion de voir confirmée la gentillesse et l’hospitalité des Arméniens : on s’est fait offrir fruits et brochettes toute la soirée !

As for us, it was the signal of a return to Armenia, where in default of plane tree, we still found a shade on a picnic area very frequented during weekend. The opportunity to see confirmed the kindness and the hospitality of the Armenians : we were offered fruits and kebabs all evening!

Demain, bye bye Arménie, Salam Iran !


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Sur la route du Karabakh / On the road to Karabakh

La route qui mène vers le Nagorno Karabakh ondule sur les hauts plateaux d’Arménie. Les arbres sont rares dans ces étendues encadrées de montagnes, sauf dans les creux de vallées.

The road leading to Nagorno Karabakh undulates on the high plateaus of Armenia. Trees are scarce in these landssurrounded by mountains, except in the hollows of valleys.

On est entre 1500 et 1800 m d’altitude et si les champs sont grillés, la chaleur y est moins pesante.

We are between 1500 and 1800 m of altitude and if the fields are dried up, there is less heat.

Partis d’un camping sympa à Yeghegnadzor, nous avons d’abord été voir le monastère de Noravank à quelques kms, en haut d’une gorge profonde aux falaises de pierres rouges.

After leaving a friendly camp site in Yeghegnazor, we first visited the Noravank monastery a few kms away, up a deep gorge with cliffs of red stones.

Superbe lieu et église à deux étages auquel on accède par un escalier extérieur assez scabreux. Les moines avaient le pied léger !

Superb place with a two floor church which is only accessed by a rather scabrous outside staircase. The monks had a light foot!

Un petit détour pour découvrir des orgues basaltiques impressionnantes, dans la falaise en bas de la route de Jermuk.

A small detour to discover impressive basalt organs, in the cliff below the  road to Jermuk.

Puis, près de Sisian, un crochet pour  voir les belles chutes d’eau de Shaki. Leur débit est réglé par une petite usine hydraulique. Heureusement, le robinet était ouvert !

Then, near Sisian, we turned left to see the beautiful Shaki waterfalls. Their flow is regulated by a small hydraulic plant. Luckily, the tap was open!

Sisian en soi est une petite ville bien triste, avec beaucoup de militaires (on se rapproche du Karabakh et de l’Azerbaidjan). On ne se sentait pas d’y passer la nuit. Cap donc sur Goris, dans sa vallée au carrefour des routes qui mènent à l’est au Karabakh et au sud à l’Iran. Et là, ce n’est pas seulement une ville triste qu’on a découvert, mais déprimante ! Chaussées défoncées, immeubles « soviétiques » en pierre grise, magasins ringards. Les gens sont par contre très dignes, bien habillés -mode 1960-, la ville est propre, mais quelle pauvreté ! Nous ne faisons que passer, mais y vivre toute l’année doit être d’un ennui mortel.

Sisian itself is a very sad little town, with a lot of soldiers (we are getting closer to Karabakh and Azerbaijan). We did not feel like staying overnight. We headed to Goris, in its valley at the crossroads of the roads that lead to the east to Karabakh and to the south to Iran. And it was not only a sad city again, but a depressing one ! Saddled pavements, « Soviet » buildings in grey stone, tacky shops. The people of Goris are on the other hand very dignified, well-dressed – in 1960 fashion-, the city is clean, but what a poverty! We are only passing by, but to live there all the year must be so boring.

Des photos valent mieux qu’un long discours. Autour de la place centrale, das bâtiments plus ou moins abandonnés et glauques. Les Ladas se déclinent sous toutes les formes – 4X4 ou non- et sous toutes les époques. Les camions sont de vieux Kamas russes. Bienvenue en URSS !

Pictures are better than a long speech. Around the central square, buildings are more or less abandoned and glaucous. Ladas are available in all forms – 4X4 or not-  and in all ages. The trucks are old Russian Kamas. Welcome back in USSR!

Pour dormir, nous sommes sortis de la ville et remontés sur le plateau sur le site de mégalithes de Zorats Kar, à quelques kms, où des archéologues étaient au travail.

To sleep, we drove out of the city and climbed up onto the plateau on the site of megaliths of Zorats Kar, a few kms away, where archaeologists were at work.

Ce n’est pas Stonehenge ou Barnenez, mais sur cet immense plateau grillé par le soleil, c’est très spectaculaire et Chon a trouvé cela plus grandiose que Carnac !

It’s not Stonehenge or Barnenez, but on this huge plateau grilled by the sun, it’s very spectacular and Chon found it more grandiose than Carnac!

Le lieu idéal pour une bonne nuit sans être gênés par les voisins.

The ideal spot for a good night sleep without being disturbed by the neighbours !


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Week end au lac Sevan/ week end around Lake Sevan

Le lac Sevan est une véritable mer intérieure (2 fois et demie la taille du lac Léman) haut dans les montagnes d’Arménie, à 1900 m d’altitude.

Lake Sevan is a real inland sea (2½ times the size of Lake Geneva) high in the mountains of Armenia, at 1900 m above sea level.

Les Erevanais viennent y prendre le frais le week end. Des restaurants, des aires de pique nique, des plages privées occupent tout le littoral au nord ouest du lac, autour de la petite ville de Sevan. La route depuis Erevan est une bonne 4 voies, mais dès qu’on arrive sur place, on retrouve les mauvais goudrons habituels d’Arménie.

The Yerevanese come to take the cool during the weekend. Restaurants, picnic areas, private beaches occupy the entire coastline northwest of the lake, around the small town of Sevan. The road from Yerevan is a good  4 lane highway, but as soon as one arrives there one finds the usual bad asphalt roads of Armenia.

La côte est est pratiquement inhabitée. La montagne, sèche, pelée, tombe directement dans la mer. Peu d’ombre à part de temps en temps un cordon d’arbres au bord de l’eau. La route y est vraiment mauvaise, mille fois rafistolée, avec des nids de poule et surtout des creux qui font tremplin même quand on roule à 40 à l’heure. Et toujours ces restes oubliés de l’époque soviétique.

The east coast is practically uninhabited. The mountain, dry, peeled, falls directly into the sea. Few shade apart from time to time a cordon of trees at the edge of the water. The road is really bad, it had been  patched up a thousand times, with potholes and especially troughs that have a springboard effect even when you drive at 40kms  an hour. And still these forgotten remains of the Soviet era everywhere.

On a finalement pu trouver tout de même un petit coin de paradis au bord du lac. Sous des arbres, un espace pour nous tout seuls, les pieds dans l’eau et la tête à l’ombre !

We finally found a little paradise spot by the lake. Under trees, a space for us all alone, with our feet in the water and our head in the shade!

Il ne faut pas trop s’enfoncer dans le petit bois, car c’est un peu un dépotoir : il y a encore du boulot avant que les Arméniens ramènent avec eux leurs poubelles de pique-nique.

You should not walk too far into the bushes, because it’s a bit of a dump. There’s still a lot to go before the Armenians bring their picnic rubbish with them.

Malgré cela, c’était l’endroit idéal pour récupérer de nos ennuis intestinaux ! Et avec la baignade en plus, dans une eau transparente et agréable malgré l’altitude (plus chaude qu’à Locquirec ! ).

Nevertheless, it was the perfect place to recover from our intestinal troubles ! And with the bathing in addition, in a clear and pleasant water  despite the altitude (warmer than in Locquirec !).

Et les couchers de soleil sont magnifiques !

Le dimanche, on a fait un crochet par Noratus. Et là, formidable surprise : le cimetière local est hérissé de 800 Kachkars, ces pierres levées « celtiques » dont les plus anciennes datent du VIIIème siècle.

On Sunday, we crossed the lake to Noratus. And there, a tremendous surprise : the local cemetery is bristling with 800 Kachkars,  the oldest dating from the 8th century.

Elles forment sur la butte comme une armée morte. D’ailleurs la légende veut qu’un conquérant arabe l’ait pris pour un bataillon ennemi !

On the hill, they form  a strange army. A legend says that an Arab conqueror took them for an enemy battalion!

Quant au cimetière proprement dit, les locaux perpétuent la tradition en ornant leurs tombes de Kachkars modernes.

As for the cemetery proper, the local people perpetuate the tradition by adorning their tombs of modern Kachkars.

Il y règne une drôle d’atmosphère, qui nous a fait penser à des lieux comme Stonehenge, Carnac , ou même la colline des croix en Lettonie.

There is a weird atmosphere, which made us think of places like Stonehenge, Carnac, or even the Hill of Crosses in Latvia.

Mystère et puissance des pierres… Heureusement que de braves moutons nous ramènent à la réalité.

Mystery and power of stones … Fortunately, some good old  sheep bring us back to reality.

En remontant vers Sevan, un arrêt obligé au monastère de Hayravank sur son piton dominant le lac. Les moines avaient bon goût pour choisir leurs emplacements. Par contre on commence à être lassés de toutes ces églises sombres, sans décoration intérieure. La pierre noire ou brune ne leur apporte pas beaucoup de clarté !

Going back towards Sevan, we could not miss Hayravank monastery on its peak overlooking the lake. The monks had good tastewhen choosing their locations. On the other hand we area bit tired of all these dark churches, without interior decoration. The black or brown stone does not bring much clarity!

Lundi, retour à Erevan pour récupérer nos visas iraniens (yessss !), repasser faire un check up chez le toubib (re-yesss!), et remplir le frigo et les placards au Carrefour du Yerevan Mall. Tous ces immenses centres commerciaux qui s’intitulent Mall pour faire chic et américain, se ressemblent quelque soit le pays, avec les mêmes marques internationales, Mango, Zara, Célio, New Yorker, Benetton, et… Carrefour. Peut-être celui de Yerevan sera-t-il le dernier du genre  sur notre route ? Y en aura-t-il en Iran ?

Monday, we were back in Yerevan to collect our Iranian visas (yessss!), Take a check up at the doctor’s (re-yesss!), And fill the fridge and cupboards at the Yerevan Mall Carrefour. All these huge shopping centeres called Mall to look chic and American, resemble each other, with the same international brands, Mango, Zara, Célio, New Yorker, Benetton, and … Carrefour. Perhaps that one in Yerevan will be the last of its kind on our road ? Will there be any in Iran?

Puis, ravitaillement fait, on a pris la route du sud, en passant tout près du mont Ararat, où Noë est censé avoir échoué son arche.

Then, refueling done, we took the road to the south, passing very near Mount Ararat, where Noë is supposed to have landed his arch.

Le Mont Ararat et le monastère Khor virab (photo prise sur internet)

On l’a seulement deviné dans la brume de chaleur. Aujourd’hui en Turquie, il est présent ô combien  dans le quotidien des Arméniens : bière Ararat, banque Ararat, eau Ararat, cigarettes Ararat, vin Ararat, brandy Ararat.

We only guessed it in the heat mist. Today in Turkey, it is so much present how much in daily life : Ararat beer, Ararat bank, Ararat water, Ararat cigarettes, Ararat wine, Ararat brandy.

Laissant derrière nous ce symbole de l’Arménie perdue, nous nous sommes engagés dans la montagne pour rejoindre Yeghegnadzor.

Leaving behind this symbol of lost Armenia, we embarked on the mountain to join Yeghegnadzor.

Le décor est magnifique et après deux heures de montées, on découvre des oasis de verdure au milieu du paysage minéral.

The scenery is magnificent and after two hours of ascents, one discovers oases of greenery in the middle of the mineral landscape.

Sommes-nous arrivés dans l’Anti Atlas marocain ?

Are we now in Morocco’s Anti Atlas ?


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La coiffeuse, la vache et le lavash / The hairdresser, the cow and the lavash

Capture

A une heure de Yerevan, dans la montagne, un couple de Hollandais a installé un superbe petit camping (3GS camping 40°8.263′ 44°46.635′) dans le village de Goght. L’idéal pour oublier les 40° de la capitale.

One hour from Yerevan, in the mountains, a Dutch couple has set up a superb little campsite (3GS camping 40 ° 8.263 ’44 ° 46.635′) in the village of Goght. Ideal for forgetting the 40 ° of the capital.

Après une journée de farniente et de piscine, autour d’une bière avec Sandra et Marty les propriétaires, Daniel a évoqué son plaisir d’aller se faire couper les cheveux dans les endroits les plus incongrus. Il n’en a pas fallu plus pour que Sandra ouvre son portable et prenne rendez-vous avec la coiffeuse du village.

After a day of lazing around and swimming, sharing a beer with Sandra and Marty the owners, Daniel evoked his pleasure of going to have his hair cut in the most incongruous places. That was enough for Sandra to open her cell phone and make an appointment with the hairdresser of the village.

Au bout d’un chemin de terre à peine carrossable, elle nous a amené avec son 4X4 (indispensable) au salon de coiffure !

At the end of a very bad dirt road, she took us with her 4WD (indispensable) to the hairdressing salon!

Pendant que la coiffeuse officiait, Chon a été invitée dans la maison d’à côté chez la belle mère pour découvrir le lavash de fruits. Le lavash est une galette de pain commune à toute la région. Au Liban, c’est un des pains classiques. Mais ici c’est aussi avec des compotes de fruits  -prunes, abricots, pêches- qu’on le fabrique. Les compotes sont étalées sur de grandes feuilles de plastique et déshydratées au soleil.

While the hairdresser officiated, Chon was invited to the house next door by the mother-in-law to discover the fruit lavash. The lavash is a bread crepe common to the whole region. In Lebanon, it is one of the classic breads. But here it is also made with compotes of fruit,prunes, apricots, peaches. The compotes are spread on large sheets of plastic and dehydrated in the sun.

L’aspect final est celui d’une feuille de cuir rouge ou jaune, que l’on roule en crêpe. On en vend dans tous les lieux touristiques, quelquefois enroulant une brochette de noix.

The final aspect is that of a leaf of red or yellow leather, which one rolls in pancake. They are sold in all tourist places, sometimes wrapping a skewer of nuts.

A la fin de la coupe, on a assisté à la traite des deux vaches de la famille et la grand mère nous a invité, avec la belle-fille coiffeuse et son fils -très fier de son énorme chien de garde- à un prendre un café, à nouveau accompagné de lavash aux prunes.

At the end of the hair cut, the two cows of the family were milked in front of us, and then the grandmother invited us, with the daughter-in-law and her son – very proud of his huge guard dog – to take a coffee, again accompanied by plum lavash.

Sandra parlant arménien, on a évoqué les petits enfants à Marseille. Visiblement, ils goûtent peu les séjours au bled , au grand dépit de leur grand mère !

Sandra speaking Armenian, we evoked the grand children living in Marseille. Obviously, they have little taste for stays in Goght, to the dismay of their grandmother!

Voila comment, avec une coupe de cheveux à 2 €, on entre dans le quotidien des gens en Arménie. Nous sommes repartis avec des sourires, un sac de prunes et un paquet de feuilles de lavash.

Here is how, with a 2€ haircut, one enters the daily life of the people in Armenia. We left with smiles, a bag of plums and a packet of lavash sheets.

Cellles-ci nous laisseront un souvenir cuisant, une tourista de compétition pendant plusieurs jours. Après le lavash, le lavage (d’estomac) ?

These left us with a burning memory, a huge traveller’s diarrhea, for several days. After the lavash, the wash (of stomach)?


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Erevan, l’autre ville rose / Erevan, the pink city.

A notre arrivée à Erevan, Chaghig et sa fille Tzovinare nous ont accueillis avec le sourire dans leur petit appartement d’Erevan (on dit aussi Yerevan). C’était un moment particulier car trois jours plus tôt, Tzovinare, 24 ans, avait été baptisée à l’église. Dans la tradition arménienne, une deuxième cérémonie a lieu à la maison.

When we arrived in Yerevan, Chaghig and her daughter Tzovinare greeted us with a smile in their little apartment in Yerevan. It was a special moment because three days earlier, Tzovinare, 24, had been baptized in church. In the Armenian tradition, a second ceremony takes place at home.

Après une courte prière, les parrain et marraine baignent la tête, les bras, les jambes de la nouvelle baptisée, qui n’a pas eu le droit de se laver depuis la cérémonie à l’église. Elle est ensuite séchée avec une serviette blanche neuve et imprégnée du saint-chrême du baptême. Cette serviette sera ensuite conservée précieusement.

After a short prayer, the godfather and godmother bathe the head, the arms, the legs of the newly baptized, who has not had the right to wash since the ceremony in the church. She is then dried with a white towel, impregnated with the holy chrism of baptism. This towel will then be carefully preserved.

Leur appartement est situé dans un grand immeuble de pierre rose, près du rond-point de France, au centre de la ville.

Their apartment is located in a large pink stone building, near France roundabout, in the center of the city.

En fait c’est toute la ville qui est construite de cette pierre volcanique, qui lui donne une vraie unité. Cette unité est renforcée par l’histoire même de la construction de la ville.

In fact it is the whole city that has been built with this volcanic stone, which gives it a real unity. This unit is reinforced by the very history of the construction of the city.

Bien que revendiquant sa création en 782 avant J.-C., elle n’était qu’un gros village avant le génocide, et la constitution de la première république arménienne (1918-1920). Elle ne deviendra réellement la ville d’aujourd’hui qu’avec les réfugiés et après l’intégration dans l’URSS en 1920. Un architecte et urbaniste, Alexandre Tamanian, dessinera le plan global de la ville nouvelle en 1924, en forme de raquette de tennis. Sa statue est impressionnante.

Although claiming its creation in 782 BC, it was only a large village before the genocide, and the constitution of the first Armenian republic (1918-1920). It will become the city of today only with the refugees and after the integration in the USSR in 1920. An architect and urban planner, Alexandre Tamanian, will draw the overall plan of the new city in 1924, in the form of tennis racket. His statue is impressive.

Du haut des collines, la statue de la Mère Arménie, avec son épée, surveille la ville. Elle a remplacé la statue de Joseph Staline !

From the top of the hills, the statue of Mother Armenia , with her sword, watches over the city. She has replaced the at of Joseph Stalin !

Les larges avenues sont  bordées d’arbres. Des immeubles roses de style classique sans être trop massifs font aujourd’hui d’Erevan une ville agréable, avec de nombreux parcs et cafés en terrasse.

The wide avenues are lined with trees. Classical pink buildings now make Yerevan a pleasant city, with many parks and outside cafes.

La place de la République, avec ses bâtiments officiels est le centre de la cité. Pas de vieille ville à visiter comme à Tbilissi, mais une atmosphère paisible pour la capitale de l’Arménie qui a retrouvé son indépendance en 1991.

Republic square, with its official buildings, is the center of the city. No old town to visit like in Tbilisi, but a peaceful atmosphere for the capital of Armenia which regained its independence in 1991.

Le lendemain, nous étions dimanche et nous avons accompagné nos amies à l’église du quartier pour une messe un peu particulière puisque c’était l’assomption pour les Arméniens et la bénédiction du raisin. Cette vieille coutume d’origine païenne marque la date à partir de laquelle le raisin est consommable. Les paroissiens avaient amené des grappes posées sur une grande table devant l’autel.

The next day we were Sunday and we accompanied our friends to the neighborhood church  for a very special mass since it was the assumption for the Armenians and the blessing of the grapes. This old custom of pagan origin marks the date from which the grapes are consumable. The parishioners had brought their own, displayed on a large table in front of the altar.

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Après la bénédiction, la messe a commencé, dans une petite église pleine à craquer. Cela a commencé par la procession autour de l’église des bannières que chacun essaie d’embrasser au passage. Une dizaine de prêtres officiaient dans une débauche d’encens et de signes de croix, et portés par de très beaux chants. La ferveur des paroissiens était étonnante, malgré la chaleur de plomb. Ceci dit, on circule beaucoup dans ces messes et on n’hésite pas à sortir prendre l’air quand il fait vraiment trop chaud !

After the blessing, the mass began in a small church full to bursting. This began with the procession of the banners around the church. Everyone tried to kiss themin passing. A dozen priests officiated in a cloud of incense, carried  on by very beautiful songs. The fervor of the parishioners was astonishing, in spite of the scorching heat. That said, people circulate a lot in these masses and do not hesitate to go out to take the air when it is really too hot!

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Pour la nuit, nous sommes garés sur le parking du mémorial du génocide (40.186822, 44.487749). C’est une vaste plate-forme sur une colline au-dessus de la ville. Une flamme éternelle brûle entourée de douze stèles de pierre représentant les douze provinces perdues, aujourd’hui en Turquie. Une pointe de granite de 44 m de haut représente la renaissance de la nation arménienne.

For the night, we are parked in the car park of the genocide memorial (40.186822, 44.487749). It is a vast platform on a hill above the city. An eternal flame burns surrounded by twelve stone steles representing the twelve lost provinces, today in Turkey. A 44 m high granite needle represents the rebirth of the Armenian nation.

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Un mur de cent mètres de long porte le nom des villages de l ‘Empire ottoman où ont eu lieu les massacres. Une stèle rappelle la reconnaissance du génocide par la France en 2001.

A hundred meters long wall bears the name of the villages of the Ottoman Empire where the massacres took place. A stele recalls the recognition of the genocide by France in 2001.

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Tout près un jardin est planté de sapins offerts par des personnalités du monde entier. Et dans la matinée, des chants a cappella sont sortis de hauts parleurs disséminés parmi les arbres. Ces voix cristallines qui s’élèvent sur cette colline du souvenir donnent le frisson.

Nearby is a garden planted with fir trees offered by personalities from all over the world. And in the morning, songs a cappella come out of speakers scattered among the trees. These crystalline voices that rise on this hill of memory really give the thrill.

Le musée du génocide sous le mémorial est poignant. 1 500 000 victimes. Cette haine est inimaginable : villages rasés, tortures, exterminations systématiques, déportations vers les déserts syriens. Tout un pays rayé de la carte lors des opérations de 1915 de l’armée turque et des tribus kurdes.

The genocide museum under the memorial is poignant. 1,500,000 victims. This hatred is unimaginable: destroyed villages, tortures, systematic exterminations, deportations towards the Syrian deserts. A whole country wiped off the map during the operations of 1915-1916 by the Turkish army and Kurdish tribes.

Comment la Turquie peut-elle ne pas reconnaître  l’évidence de ses villages détruits ?

Et si cela ne suffisait pas, après le traité de Sèvres de 1920 qui accordait à l’Arménie des provinces lui donnant un accès à la Mer Noire, la Turquie lui déclare la guerre et ampute la jeune république de ses provinces de Trabzon, Erzurum et Van.

How can Turkey not recognize the evidence of these destroyed villages? And if that was not enough, after the Sevres Treaty of 1920, which granted Armenia provinces giving her access to the Black Sea, Turkey declared war on her and amputated the young republic of its provinces of Trabzon, Erzurum and Van.

Le mémorial est le lieu de balades des familles d’Erevan. On y pratique le jogging, les enfants font du roller ou de la trottinette, on y joue au badmington à la fraîche sur le parking ou on y promène les poussettes. La revanche de la vie sur les massacres.

The memorial is the place where the families of Yerevan come for a stroll. Joggers, children roller-skating, adults playing badminton  on the parking lot or strolling around. The revenge of life over the massacres.