Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)


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Flânerie…

Après Saint-John, direction Grand-Sault / Grand Falls. Comme son nom l’indique, la ville est réputée pour ses chutes et les gorges de la rivière. Pas de chance, en ce milieu d’été, les cascades ne sont pas spectaculaires.

On n’est pas encore au Québec mais Grand-Sault est francophone. il s’agit d’une communauté acadienne. C’est toujours la surprise au Nouveau-Brunswick : les villages acadiens sont un peu partout. Visiblement les enfants de l’école en sont un peu fiers et leur fresque sur le mur du bureau de tourisme donne une idée du volume d’eau au printemps.

Après un passage par le parc national Temiskouata (sapins, lacs, sentiers de randonnées, feu de bois et barbecue… bref, la routine), nous avons retrouvé le Saint-Laurent et ça nous a fait quelque chose : c’est vraiment retrouver l’âme du Québec, et on adore.

Déjà sept mille kms au compteur ! En arrivant à Kamouraska, on a eu envie de se poser un peu et de profiter de cette jolie petite ville sur le fleuve.

Pour les bibliothécaires, Kamouraska est d’abord le roman d’Anne Hébert, mais pour les Québécois, c’est surtout un des plus beaux villages de la province et ils ont raison.

On a donc longuement flâné le long des quelques rues qui longent le fleuve – en fait Kamouraska, c’est tout petit !-. Toutes les maisons sont superbes et les jardins sont fleuris en ce moment. Les québécois ont un vrai goût des couleurs, parfois surprenantes, pour leurs maisons.

Un village québécois sans dépanneur, ça n’existe pas.

Et c’est sur la place devant l’église que vous trouverez la meilleure boulangerie du pays : on vous conseille fortement le pain  aux figues et celui aux olives. Un vrai régal !

On vous laisse rêver un peu avec encore quelques images de ce petit joyau de la côte sud du Saint-Laurent.

On peut même y croiser des guides touristiques en costume d’époque.

Et pour terminer la promenade, quoi de mieux qu’un petit café dans le jardin ?

Comme ils disent dans les guides, « Vaut le voyage » !

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PS : la bière du jour sera la Moosehead. A défaut d’avoir vu le moindre orignal, malgré les centaines de panneaux routiers nous mettant en garde contre la traversée possible de l’animal, nous buvons à sa santé !

 

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Pots de fleurs et Pow Wow

Bye bye Nouvelle-Ecosse, bonjour Nouveau-Brunswick.

Une bonne journée de route nous a amené jusqu’à la baie de Fundy, au Nouveau-Brunswick. Elle est célèbre pour ses marées : elles sont censées être les plus hautes du monde, avec seize mètres de marnage. On n’a pas vérifié car on a surtout vu la côte à marée basse.

Ce qui est certain c’est qu’au pied des falaises, ce sont des grèves qui se prolongent sur de grands plateaux de vase. On n’a pas spécialement envie de se baigner.

Par contre la mer a creusé les falaises en champignons gigantesques, appelés ici des « pots de fleurs ».

A Hopewell rocks, en fonction de la marée, on peut marcher sur le « plancher de l’océan » et déambuler entre ces structures de grès sculptées par les vagues. Ne pas hésiter à venir tôt le matin -si la marée le permet- avant la foule ! Selon l’humeur, on peut y voir des animaux, des visages ou des créatures fantastiques.

Fundy, c’est aussi un parc national, qui, comme les autres, offre des randonnées dans les forêts et le long des rivières.

Même si on en a quelquefois un peu marre des sapins -ici on dit des épinettes-, cela reste un enchantement que de se balader sur ces sentiers.

On y était le week end -pardon, la fin de semaine- et par hasard on est tombés sur un Pow Wow de trois « premières nations » autochtones, les Mi’gmag, les Pestkotomuhkati et les Wolastoqiyk.

Difficile de définir ce qu’est un Pow Wow. Cela peut être vu comme un spectacle folklorique, avec costumes, musique et danses, mais c’est beaucoup plus que cela. C’est d’abord une rencontre de gens fiers de leur culture et qui aiment se retrouver pour la célébrer, avec aussi une dimension spirituelle suffisamment forte pour que même nous la ressentions. Bien sûr il y a des touristes avec appareils photos, mais il nous a semblé que ce n’était pas l’essentiel. Cela reste familial et sérieux en même temps.

Le Pow Wow a commencé par un mot de la députée du coin souhaitant la bienvenue aux participants et aux spectateurs au nom de gouvernement du Canada, avant qu’un autochtone fasse de même dans sa langue. Le speaker a rappelé que nous étions bienvenus sur leur territoire, et a signalé en passant qu’il n’avait jamais fait l’objet de traité entre l’état canadien et la première nation locale.

Puis tout le monde s’est levé, chapeau bas, pour écouter l’hymne national des autochtones, puis un chant en l’honneur des anciens combattants. On n’a pas compris s’il s’agissait des vétérans de l’armée canadienne ou des anciens guerriers améridiens.

Toujours est-il que la surprise est venue des spectateurs : Nous étions peut-être une centaine et au moins la moitié a levé le poing, comme les danseurs, pendant ce chant. Visiblement autour de nous, sans qu’ils soient identifiables par des vêtements ou un faciès particulier, beaucoup d’autochtones « en civil » étaient venus participer discrètement au Pow Wow.

 

La voix rauque des chanteurs, le battement du tambour, les pas des danseurs et danseuses nous renvoyaient aux images de westerns qui ont peuplé notre enfance.

Mais là, ce ne sont pas des acteurs mais des gens fiers de leur histoire et porteur de l’avenir de leurs enfants dans le monde d’aujourd’hui. Par un curieux hasard, Le Monde, dans son édition du 7 août faisait le lendemain un long article sur le renouveau des « indiens » des USA.

Après ce moment fort de notre voyage, qui nous nourrit de plus de questions que de réponses, nous avons mis le cap à l’ouest.

On avait une envie… de ville, après toutes ces étapes en pleine nature. Notre choix est tombé sur Saint-John, une petite cité de soixante dix mille habitants, à l’embouchure de la rivière Saint-Jean. Sans le faire exprès, on a pu continuer à filer la métaphore western, tant la vielle ville sentait l’ouest américain.

Bâtiments construits en fronton, de bois ou de briques, rues en pente comme un mini San Francisco, immeubles massifs style 1900, tout rappelait que nous sommes à cent kms de la frontière US.

On s’est offert un repas dans un restaurant décoré de filets de pêche et de casiers à homards. Mauvaise pioche : « l’assiette du pêcheur » de Chon, avec pétoncles, clams et haddock avait été noyée dans une friture épaisse qui tuait tout intérêt pour les fruits de mer et le sandwich au homard de Daniel avait un goût de chewing gum. Quel gâchis !

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Comme on était dimanche, les magasins étaient fermés. On n’a donc pas pu visiter le Musée de la Police, qui d’après les guides, nous aurait permis d’admirer un constable en uniforme de 1849 et même d’anciennes menottes et une volkswagen de 1965 ! Une vraie déception !

On essayera de se consoler en visitant, sur la route qui nous ramènera au Québec, à Edmunston, le Musée des religieuses hospitalières de Saint-Joseph, célébrant leur arrivée à Saint-Basile-de-Madawaska en 1873.

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Sûrement à ne pas manquer .

PS : et en préambule à cette visite, la bière du jour sera celle de Soeur Catherine brassée à Grand Sault. N’a-t-elle pas l’air hospitalière ?