Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)


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Achéménides

Excepté pour les lecteurs d’Hérodote, on n’avait plus entendu parlé de Cyrus, Darius ou Xerxès depuis la 6ème. On savait qu’ils s’étaient battus avec les Grecs, et qu’Alexandre le Grand les avaient définitivement vaincus sur la route de l’Inde. Nos deux jours autour de Persépolis nous ont fait réviser et approfondir cette histoire.

Except for the readers of Herodotus, no one had heard of Cyrus, Darius, or Xerxes since we were twelve, at school. It was known that they had fought with the Greeks, and that Alexander the Great had definitely defeated them on the road to India. Our two days around Persepolis have made us revise and deepen this history.

Tout d’abord, une carte de l’empire achéménide à son apogée au Vème siècle avant JC permet de situer l’importance de ce moment essentiel de l’histoire perse. On nous parle toujours de l’univers gréco-romain, mais on oublie que d’autres mondes ont existé !

First of all, a map of the Achaemenid empire at its peak in the 5th century BC shows the importance of this essential moment in Persian history. We are always talking about the Greco-Roman world, but we forget that other worlds existed!

A une heure au nord de Shiraz se trouvent trois sites achéménides importants.

One hour north of Shiraz are three important Achaemenid sites.

Pasargades est le premier site qu’on rencontre en arrivant d’Ispahan. C’était la capitale de Cyrus le Grand (559-529 avant JC), mais il n’en reste pas grand chose à part son tombeau, monumental et isolé dans la plaine écrasée de soleil. C’est lui qui, en vainquant les Mèdes, s’est taillé le premier empire perse de l’histoire.

Pasargades is the first site you meet when arriving from Isfahan. It was the capital of Cyrus the Great (559-529 BC), but there is not much left of it except for its tomb, monumental and isolated in the plain crushed with sun. He is the one who, in conquering the Medes, carved the first Persian empire of history.

Plus au sud, c’est bien sûr Persépolis, le site historique le plus important et le plus visité d’Iran. Il est aussi impressionnant que l’Acropole ! Ici c’est toute la puissance de l’empire achéménide qui se déploie. Sur une plate-forme de dix mètres de haut, dominant la vallée, adossée à la montagne, se dressent des vestiges des palais de Darius (522-486), Xersès et Artaxersès, ses successeurs.

Further south, of course, is Persepolis, the most important and most visited historical site in Iran. It is as impressive as the Acropolis! Here the whole power of the Achaemenid Empire is unfurled. On a platform ten meters high, overlooking the valley, leaning against the mountain, rise vestiges of the palaces of Darius (522-486), Xerses and Artaxersès, his successors.

On y entre en passant par la Porte des Nations et ses quatre taureaux ailés monumentaux, à visage humain.

Mais ce qui est le plus époustouflant, ce sont les bas reliefs qui ornent les escaliers menant à la grande salle de réception.

But what is most breathtaking are the bas-reliefs that adorn the stairs leading to the main reception room.

La capitale de l’empire était à Suse, à cinq cents kms à l’ouest et Persépolis ne servait que pour les fêtes de Norouz, le nouvel an solaire jour où toutes les nations vassales des Perses venaient prêter allégeance au Roi des rois. L’immense empire en effet avait soumis des peuples depuis l’Ethiopie jusqu’à l’Inde, en passant par la Grèce du nord, la Turquie et toute l’Asie centrale.

The capital of the empire was at Susa, five hundred miles to the west, and Persepolis served only for the feasts of Norouz, the new solar day, when all the vassal nations of the Persians came to lend allegiance to the King of kings. The immense empire had indeed subjected peoples from Ethiopia to India, passing through northern Greece, Turkey, and all of Central Asia.

Sur les bas-reliefs vingt huit nations sont représentées, apportant au souverain des cadeaux de leur pays. La qualité de la conservation de ces sculptures taillées dans la pierre grise est étonnante. On a l’impression qu’elles viennent d’être créées. Pierre Loti, qui a visité le site en 1900 et s’est fait prendre en photo devant la porte des Nations, en parle très bien :

On the bas-reliefs twenty-eight nations are represented, bringing to the sovereign gifts of their country. The quality of conservation of these carvings stone is astonishing. It seems that they have just been created. Pierre Loti, who visited the site in 1900 and had his photo taken in front of the door of the Nations, says it very well :

Les esplanades se superposent, les escaliers se succèdent à mesure que l’on s’approche des salles où trôna Darius. La face de chaque assise nouvelle est toujours couverte de patients bas-reliefs, représentant des centaines de personnages, aux nobles raideurs, aux barbes et aux chevelures frisées en petites boucles : des phalanges d’archers tous pareils et inscrits de profil ; des défilés rituels, des monarques s’avançant sous de grands parasols que tiennent des esclaves ; des taureaux, des dromadaires, des monstres. En quelle pierre merveilleuse tout cela a-t-il été ciselé, pour que tant de siècles n’aient même pu rien démolir ? Les plus durs granits de nos églises, après trois ou quatre cents ans, n’ont plus une arête vice ; ici toutes ces étranges figures, on dirait qu’elles sortent à peine de la main des sculpteurs.

Chaque nation est représentée par quelques dignitaires portant des présents, vêtements, coupes remplies d’or ou de bijoux, armes, animaux de leur région. Les Ethiopiens apportent des défenses d’ivoire, les arabes des chameaux, les indiens des éléphants.  Ils forment des fresques presque vivantes, tant le mouvement est bien rendu. L’ensemble de ces personnages en marche vers le souverain est symbolique de la puissance de l’empire. On s’ attend presque à les voir sortir des murs pour monter vers la salle de réception et se prosterner devant Darius !

Each nation is represented by a few dignitaries bringing presents, clothes, cups filled with gold or jewelry, weapons, animals from their region. The Ethiopians bring ivory tusks, Arab or Aghanis camels, Indian elephants. They form frescoes that are almost alive, as the movement is so realistic. These characters marching towards the sovereign are symbolic of the power of the empire. One almost expects them to come out of the walls to go up to the reception hall and prostrate before Darius!

Quant à Darius lui-même il est représenté en majesté à côté du dieu Mazda, symbolisé par un soleil ailé.

As for Darius himself, he is represented in majesty beside the god Mazda, symbolized by a winged sun.

Le site n’a malheureusement pas servi longtemps car en 330 avant JC, un certain Alexandre a vaincu les Achéménides, pillé la ville et, accident ou acte délibéré, celle-ci a été entièrement brûlée lors de son occupation par les Macédoniens. La ville ne s’en remettra jamais et sera définitivement abandonnée.

The site unfortunately did not serve long because in 330 BC, Alexander defeated the Achaemenids, plundered the city and, accident or deliberate act, it was completely burned during its occupation by the Macedonians. The city will never recover and will be permanently abandoned.

A sept kms de Persépolis, dans la falaise de Naqsh-e Rostam, taillées dans le roc, se trouvent les sépultures de Darius Ier, et de trois de ses successeurs. Ils reposent face à la plaine, avec dans le lointain les colonnes, les bas reliefs et les taureaux majestueux de Persépolis. Au pied de ces tombes, les souverains Sassanides, en signe de continuité de l’empire perse depuis les Achéménides, ont eux aussi gravé leurs exploits. On y trouve notamment un bas relief montrant le souverain perse Shapur 1er recevant l’allégeance des empereurs romains Philippe l’arabe et Valérien qu’il avait vaincus.

Seven kilometers from Persepolis, in the cliff of Naqsh-e Rostam, carved in the rock, are the tombs of Darius the first, and three of his successors. They stand facing the plain, with, in the distance ,the columns, the bas reliefs and the majestic bulls of Persepolis. At the foot of these tombs, the Sassanid sovereigns, as a sign of continuity of the Persian empire from the Achaemenids, have also engraved their exploits. One finds in particular a bas relief showing the Persian sovereign Shapur I receiving the allegiance of the Roman emperors Philip the Arab and Valerian whom he had defeated.

De cet empire immense il nous reste des vestiges superbes, mais cette civilisation disparue est toujours très présente dans la mémoire des Iraniens. Comme le disait un jeune professeur d’anglais rencontré à Ispahan, très amer sur la situation politique de son pays, « que sont 40 ans de dictature religieuse face à 2 500 ans d’histoire ? »

From this immense empire we still have superb vestiges, but this disappeared civilization is still very present in the memory of the Iranians. As a young English teacher in Isfahan, who is very bitter about the political situation in his country, said: « What are 40 years of religious dictatorship in the face of 2,500 years of history? « 

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Une apparition / an apparition

Ce billet est en fait une comédie en trois actes…

Premier acte :

Nous étions à Ispahan, dans le souk des bijoutiers à examiner (surtout Chon) les vitrines. Tout d’un coup, on est interpellé en français « Bonjour ! Bienvenue en Iran ! ». on se retourne et on fait la connaissance d’une dame d’un certain âge, élégante, bijoutée, parlant un français un peu suranné, bref, très BCBG ! Mitra (c’est son nom)- a été éduquée chez les sœurs, à l’école Jeanne d’Arc à Shiraz, à l’époque du Shah bien sûr, car aujourd’hui toutes les écoles chrétiennes sont fermées à double tour. Elle est de passage à Ispahan, adore parler français et bien entendu nous invite à Chiraz.

This post is actually a comedy in three acts …

First Act :

We were in Ispahan, in the souk of the jewelers to examine (especially Chon) the showcases. All of a sudden, we are stopped in French « Hello! Welcome to Iran! « . we turn around and get acquainted with an elegant lady of our age,  speaking a little outdated French, in short, a very parisian-like bourgeois person ! Mitra (that’s her name) – was educated at the « Joan of Ark » Sisters’ school  in Shiraz, at the time of the Shah of course, because today all the Christian schools are closed. She was passing through Isfahan, she loved to speak French and of course invited us to Shiraz.

On lui demande quelques infos sur des achats à faire, et notamment où acheter des « gaz », nougats à la pistache, spécialité de la ville. Après qu’elle nous ait demandé à quel hôtel on était et qu’on lui ait expliqué qu’on était basé sur un parking près d’un cinéma, on s’est quitté avec la promesse de se revoir à Chiraz, et l’adresse du « Borzeix » d’Ispahan (les limougeauds auront compris). Leurs gaz se révéleront excellents.

We asked her some information on where to buy a few things, and in particular where to buy « gaz« , nougats with pistachio, specialty of the city. After she asked us in what hotel we were and after we explained to her that we were based in our motorhome on a car park near a cinema, we left with the promise to meet again in Shiraz, and with the address of the equivalent of the « Borzeix » shop of Ispahan (limougeauds will have understood). Their gaz proved indeed to be excellent.

Acte deux :

le lendemain, encore émus par la visite de la mosquée Lotfollah sur la place de l’Imam, on a oublié le téléphone de Daniel sur un banc. Il faut imaginer qu’il y a des centaines de personnes sur cette grande place. Une demie heure plus tard, après des achats au bazar, on s’en rend compte, on court sur la place et évidemment plus rien sur le banc !

Act two :

The next day, still excited by the visit of the Lotfollah mosque in the Imam Square, we forgot Daniel’s phone on a bench. One must imagine that there are hundreds of people on this great square. Half an hour later, after shopping in the bazaar, we realized it, we run back to the square and obviously found nothing on the bench!

Tout penauds, nous nous dirigeons vers le bureau de la police touristique au cas où on leur aurait rapporté le téléphone, sans beaucoup d’illusions. On est alors abordé par deux jeunes femmes en tchador, avec l’objet perdu à la main ! Elles avaient ouvert le téléphone, trouvé une photo de Chon sur Whatsapp, l’avaient reconnue parmi la foule et nous le rapportaient !

We headed for the tourist police office in case someone brought them the phone, without muchhope. We are then approached by two young women in chador, with the lost object in hand ! They had opened the phone, found a picture of Chon on Whatsapp, had recognized her among the crowd and were reporting it to us!

Formidable Iran, et formidables Iraniennes. Bien sûr cela aurait pu arriver en France ou ailleurs, mais cette vision des deux jeunes femmes en tchador, courant après nous tout sourires avec le téléphone, on ne l’oubliera pas. On les a remerciées autant qu’on a pu et on est reparti après un selfie, avec un poids en moins sur la poitrine.

Formidable Iran, and formidable Iranians. Of course this could have happened in France or elsewhere, but this vision of the two young women in chador, running after with smiles (and  with the phone), we will not forget it. We thanked them as much as we could and we left after a selfie, really relieved.

Acte trois :

Le surlendemain, c’était le premier jour de  Moharram, premier mois de l’année lunaire. Ce jour-là est vraiment férié et notre parking, pardon, notre résidence, fermait de 9h du matin à 17H. Le gardien a bien voulu nous laisser seuls à l’intérieur avant de fermer le portail. C’était l’occasion d’une journée complète de repos, après trois jours de ballades dans Ispahan : lavage du camion, lessive, cuisine d’avance, sieste, blog,..

Act three:

Two days later, it was the first Moharram, the first month of the lunar year. That day is really a holiday and our parking, sorry, our residence, closed from 9am to 5pm. The guard was kind enough to leave us alone inside before closing the gate. It was the occasion of a full day of rest, after three days of walks in Isfahan: motorhome washing, laundry, cuisine in advance, siesta, blog, ..

Vers 13h, tout d’un coup, on entend appeler « Daniel, c’est Mitra ! » par dessus le mur du parking et on voit apparaître une femme toute en noir (on est en Moharram), en haut d’une échelle branlante en bois : c’était effectivement Mitra, qui s’inquiétait pour notre téléphone !

Around 1pm, all of a sudden, we hear call « Daniel, it’s Mitra! » over the wall of the car park and we see a woman in black (this Moharram), climbing on top of a rickety wooden ladder : it was indeed Mitra, who was worrying about our phone!

Par quel miracle nous avait elle retrouvé ? Nul ne le sait !

Elle nous a expliqué que les jeunes femmes qui avaient trouvé le téléphone avaient téléphoné aux derniers numéros que Daniel avait appelés, et comme le dernier appel était pour elle, elle s’était mise sur notre piste ! On l’a évidemment remercié de sa sollicitude, et elle nous a reconfirmé qu’elle nous attendait à Chiraz.

C’est elle qui a eu le mot de la fin, lorsque qu’on lui a demandé comment on pouvait la remercier : « Priez Dieu que je ne me casse pas la figure en descendant de l’échelle, et à bientôt » !!!

Mais bien entendu, avant cela, elle a fait une photo avec nous en contrebas depuis son perchoir !

By what miracle did she find us? No one knows!

She explained that the young women who had found the phone had tried the last numbers that Daniel had called, and as the last call was for her, she was on our track since the day before ! We thanked her so much for her solicitude, and she reconfirmed that she was waiting for us at Shiraz. It was she who had the last word, when asked how to thank her: « Pray God that I will not break my face as I get off the ladder, and see you soon! » But of course, before that, she took a picture with us on the backgound from her perch!


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Ispahan : bleu, ocre, vert / ispahan : blue, ocher, green

« Ispahan, c’est exactement l’émerveillement qu’on nous en promettait. Elle vaut à elle seule le voyage ».

Il avait cent fois raison, Nicolas Bouvier (L’usage du monde), qui a traversé la ville en 1953.

Elevée au titre de capitale par le souverain Shah Abbas 1er le grand, au XVIIème siècle, c’est sans doute la plus belle ville d’Iran.

« Isfahan, it is exactly the wonder we were promised. It is worth the trip by itself . « 

He was a hundred times right, Nicolas Bouvier (The way of the world), who crossed the city in 1953.

Raised as the capital by the sovereign Shah Abbas the Great, in the seventeenth century, it is without a doubt the most beautiful city of Iran.

Comme à Bruxelles, Venise, Madrid ou Marrakech, tout tourne autour d’une grande place centrale. La place de l’Imam (ex-place royale) est une splendeur. Elle est immense (500 X 160 m) et bordée sur chacun de ces quatre côtés par des monuments :  deux mosquées,  de l’Imam et Lotfollah, le palais Ali Qapu et l’entrée majestueuse du grand bazar.

As in Brussels, Venice, Madrid or Marrakesh, everything revolves around a large central square. The  Imam square (ex-royal square) is a splendor. It is immense (500 X 160 m) and bordered on each of these four sides by monuments: two mosques, the Imam’s and  Lotfollah’s,  Ali Qapu palace and the majestic entrance of the grand bazaar.

Au nord de celui-ci, c’est la magnifique mosquée du vendredi qui attend le visiteur.

Au sud, deux grands ponts sur la rivière, hélas définitivement à sec, suite à l’installation de barrages en amont.

On ne va pas vous décrire la ville et les deux mosquées de la place de l’imam, on serait trop en deçà de leur beauté, et il y a sur Internet beaucoup de vidéos, comme par exemple celle-ci :

To the north of it is the magnificent Friday mosque that awaits the visitor.

To the south, two large bridges over the river, alas permanently dry, following the installation of dams upstream.

We are not going to describe the city and the two mosques in the Imam Square, we would be too far short of their beauty, and there are many videos on the Internet, such as this one:

On dira seulement que ces deux édifices sont grandioses avec leurs dômes et parois ornés de mosaïques bleues. La mosquée de l’Imam est très grande et installée au centre d’une grande cour, alors qu’on entre dans la mosquée Lotfollah par un couloir couvert du sol au plafond de carreaux de faïence. C’est peut-être celle que Daniel a préférée. Voici tout de même quelques détails de ces deux merveilles de l’art islamique.

We will only say that these two buildings are grandiose with their domes and walls adorned with blue mosaics. The mosque of the Imam is very large and installed in the center of a large courtyard, while one enters the Lotfollah mosque by a corridor covered from the floor to the ceiling of earthenware tiles. Maybe that’s what Daniel preferred. Here are some details of these two wonders of Islamic art.

C’est encore Bouvier qui parle le mieux de ce bleu.

« C’est le fameux bleu  ; j’y reviens. Ici, il est coupé d’un peu de turquoise, de jaune et de noir qui le font vibrer et lui donnent ce pouvoir de lévitation qu’on n’associe d’ordinaire qu’à la sainteté. L’immense coupole [de la mosquée de l’Imam] qui en est couverte tire vers le haut comme un ballon captif »

Again, Bouvier is the one who speaks best about this blue :

« It is the famous blue, and I return to it : here it is cut with a little turquoise, yellow, and black, which make it vibrate, and give it that power of levitationthat one usually linke with to holiness. The immense dome [of the mosque of the Imam] that is covered with it pulls up like a captive balloon « 

On retrouve partout dans Ispahan le bleu de ces décors, Ils dessinent sur les bâtiments des motifs floraux d’une élégance absolue.

Everywhere in Isfahan, we can see the blue of these decorations. They draw on the buildings floral motifs of absolute elegance.

L’autre couleur de l’architecture de la ville c’est bien sûr l’ocre des briques de terre qui forment la base de toutes les constructions, palais, ponts ou modestes murs des maisons de la vieille ville.

The other colour of the architecture of the city is of course the ocher of the earthen bricks which form the basis of all the buildings, palaces, bridges or modest walls of the houses of the old city.

A l’époque où il y avait encore de l’eau sous les ponts (photo Le Monde)

La mosquée du vendredi, et ses centaines de coupoles de toutes tailles, ou la cathédrale arménienne au sud de la ville en sont deux beaux exemples.

The Friday mosque, with its hundreds of cupolas of all sizes, or the Armenian cathedral in the south of the city are two fine examples of this ocher.

Et il ne faudrait pas oublier le vert des grands arbres qui ombragent les rues et les nombreux parcs et bassins d’eau vive qui rafraîchissent cette ville entourée d’étendues désertiques.

And one should not forget the green of the large trees that shade the streets and the many parks and basins of running water that refresh this city surrounded by desert expanses.

Bleu, ocre et vert sont les couleurs d’une ville magnifique, mais il faudrait avoir la finesse de la poésie de Saadi ou Hafez pour en parler vraiment.

Blue, ocher and green are the colours of a magnificent city, but one would need the delicacy of  Saadi’s or Hafez’s poetry to really talk about it.

Deux poètes que nous retrouverons bientôt à Chiraz.

Two poets we are about to meet soon in Shiraz.

 


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Kashan

Sur la route d’Ispahan, on a fait étape à Kashan, un peu par hasard. Et ce fut une surprise, en deux temps.

Tout d’abord, en allant au bazar s’acheter des provisions, on a été frappé par le nombre de tchadors noirs dans les rues. Alors que jusqu’ici les « pintades » (la formule est de Delphine Minoui dans son livre Les Pintades à Téhéran) ne représentaient pas la majorité des tenues féminines jusqu’à mainenant, ici à Kashan, c’est l’inverse et c’est assez troublant.

On the road to Isfahan, we stopped in Kashan, a little by chance. And it was a surprise, in two stages. First, by going to the bazaar to buy supplies, we were struck by the number of black chadors in the streets. While the « guinea fowls » (the formula is from  Delphine Minoui in her book Les Pintades à Téheran) did not, up tonow,  represent the majority of the feminine outfits here in Kashan, the reverse is quite troubling.

Est-ce la proximité de la ville sainte de Qom ? Est-ce l’approche du mois de Moharram, le mois du deuil chiite dont on aura l’occasion de parler car on se rapproche de ce moment de célébration du martyre d’Hussein (le 30 septembre prochain) ? En tous cas c’est assez impressionnant.

Is it because we are close to the holy city of Qom? Is this because we are getting close to the month of Moharram, the month of the Shiite mourning ? W will have the opportunity to talk about because we are approaching this moment of celebration of the martyrdom of Hussein (September 30th).  In any case it is quite impressive.

Notre première impression de Kashan était donc mitigée. Après une bonne nuit dans un parc de la ville, on a eu l’occasion de découvrir la « médina » et le quartier historique. Les petites rues serpentent entre les murs de terre et de brique crue, un peu comme au Maroc. Au détour d’un passage, on découvre une mosquée, une placette, des impasses.

Our first impression of Kashan was therefore mixed. After a good night in a park in the city, we had the opportunity to discover the « medina » and the historical district. The small streets meander between the walls of earth and brick, a bit like in Morocco. At the turn of a passage, one discovers a mosque, a small sqaure, dead ends.

Mais la belle surprise, ce sont les maisons historiques et les bains du sultan Amir Ahmad. Ce hammam est entièrement couvert de mosaïques : jugez plutôt :

But the beautiful surprise is the historic houses and baths of Sultan Amir Ahmad. This hammam is entirely covered with mosaics :

La vue des toits est étonnante. Cela fait penser aux bains de Tbilissi en Géorgie, sans la foule des touristes.

The view from the roofs is amazing. This reminds one of the baths of Tbilisi in Georgia, without the crowd of tourists.

La visite des bains n’était que le début d’une belle après-midi de découverte. Dans le même quartier se trouvent des maisons de riches familles du XIXème siècle, maintenant appartenant à l’Etat.

The visit to the baths was only the beginning of a beautiful afternoon of discovery. In the same quarter are houses of rich families of the nineteenth century, now belonging to the State.

La maison Tabatabaei est la plus belle. Elle éclipse (on s’excuse auprès de nos amis marocains) les plus beaux riads de Marrakech. Elle est immense, pleine de dédales et de pièces cachées.

The Tabatabaei House is the most beautiful. It eclipses (sorry for our Moroccan friends) the most beautiful riads of Marrakech. It is immense, full of mazes and hidden rooms.

En sous-sol, des salles permettent de conserver la fraîcheur pendant les fortes chaleurs, et des tours de vent (les badgirs) captent tous les souffles d’air et les renvoient dans les pièces du bas : l’ancêtre de la climatisation.

In the basement, rooms keep cool during the hot weather, and wind towers (the badgirs) capture all the breaths of air and send them down to the rooms below: the ancestor of air conditioning.

La maison Abbasi est moins spectaculaire, mais aussi  très belle avec ses deux grandes cours communicantes.

The Abbasi house is less spectacular, but also very beautiful with its two large communicating courtyards.

Un restaurant traditionnel y occupe une grande salle.

A traditional restaurant occupies a large room.

Après ces visites et une glace bien méritée, on s’est laissé perdre dans la vieille ville, pour découvrir un peu par hasard la mosquée Agha Bozorg. Encore une belle surprise !

After these visits and a well-deserved ice cream, we lost ourselves in the old town, to discover a little by chance the Agha Bozorg mosque . Again a nice surprise!

Et pour finir la journée, un peu de repos dans le jardin Fin, archétype des jardins perses, labellisé UNESCO.

And to end the day, a little rest in the Fin garden, the archetypal Persian garden, recognized as such by UNESCO.

Kashan, une ville à ne pas rater !


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Iran en camping car, mode d’emploi

Vous voulez venir en Iran en camping car ? N’hésitez pas, c’est une destination formidable et vous serez totalement en sécurité, contrairement aux idées reçues. Inutile de venir en véhicule blindé. Notre CC est un Challenger Génesis 34.

Ci-dessous quelques détails techniques pour préparer votre voyage.

Visa

Pour un titulaire d’un passeport français, à date de juillet 2017, les choses se passent en 2 temps

Obtenir un numéro d’autorisation du Ministère des affaires étrangères iranien à Téhéran. Cela peut se faire en ligne, mais on a eu des échos comme quoi la demande s’était perdue sur le site du MAE iranien. Il vaut mieux passer par une agence spécialisée. Nous avons utilisé les services de Perse voyages à Paris (http://www.persevoyages.fr ). Après une saisie en ligne sur leur site et le paiement de frais de 39 € , il faut environ 15 jours pour recevoir par mail de l’agence le n° en question (en fait une feuille A4 à imprimer avec le précieux n°).

Vous avez ensuite un mois pour déposer la demande de visa dans un consulat. Il faut donc tenir compte de ce délai pour la demande de visa. A noter que dans le formulaire de demande de n°, il faut préciser dans quel consulat vous souhaitez retirer le visa. Pour nous c’était Erevan en Arménie. On doit aussi donner un itinéraire potentiel, mais personne ne vérifie.

Le visa : Un formulaire, une attestation d’assurance rapatriement (en anglais, sauf peut-être à Paris) à demander à son assurance (Pour nous c’était Inter mutuelle assistance via la MAIF qui nous l’a envoyée par courrier en deux jours), le n° d’autorisation imprimé, deux photos (voilées pour les dames) et le reçu de la banque iranienne Melli attestant que nous avions payé 50 €.  Il a fallu aller en ville à Erevan à une agence précise pour déposer les 50 €. On a eu notre visa à Erevan 7 jours après le dépôt de la demande. On pouvait l’avoir en 48h pour 75 €.

Le visa est valable 30 jours à partir de la date d’entrée en Iran. Il faut entrer dans le mois suivant la délivrance du visa.

Conclusion : Bien réfléchir aux délais pour ne pas être coincé.

Si vous voulez plus de 30 jours, il faut le faire sur place en Iran auprès des bureaux des Affaires étrangères dans les villes. On vient de le faire sans problème à Ispahan. Il faut demander l’adresse à la Police ou à l’Office du tourisme quand il y en a un. Arrivés à 9h30, on est reparti à midi avec le nouveau visa.

Là aussi, passage obligé par une banque Melli pour déposer le montant : par personne on a payé 34 500 tomans, soit environ 8 €. Des taxis attendent devant les bureaux pour vous amener à la banque et vous ramener, et le taximan a fait la démarche pour nous à l’intérieur de la banque (un exemple de la gentillesse des Iraniens) : cela nous a coûté 20 000 tomans de taxi, soit un peu plus de 4 €. Tout cela se passe de manière très cool dans les bureaux, avec sourires et nombreux « welcome to Iran ». Rien à voir avec la gestion des étrangers dans les préfectures en France !

Pas de visa pour la Turquie, la Géorgie et l’Arménie, mais attention aux dates de l’importation temporaire du CC en Arménie (voir plus bas).

Monnaie

Les billets sont en rials, avec la tête de Komeini dessus. Aujourd’hui 20 septembre 2017 on a changé au taux de 1 €=46 000 rials.

Mais les iraniens comptent en tomans, soit les rials avec un zéro en moins, et vous annoncent avec leurs doigts en milliers de tomans. 3 doigts levés veulent dire 3 000 tomans, soit un billet de 30 000 rials, soit 75 centimes d’€. On arrive très vite à des sommes monstrueuses en billets ! 1 000 000 rials, soit 100 000 tomans, valent 22 € !

A cause des sanctions, les cartes visa ou mastercard ne sont pas utilisables en Iran. Cela veut dire qu’il faut venir avec du cash pour la durée du voyage. C’est évidemment un peu compliqué quand on a pris l’habitude de la carte bleue, et là aussi, il faut anticiper auprès de sa banque en France pour obtenir le montant en euros nécessaires. Les banques demandent quelques jours pour « lâcher » cet argent qui pourtant nous appartient !

Carnet de passage en douane

Le truc le plus dur à avaler : pour éviter que vous vendiez votre véhicule en Iran, il faut déposer auprès de l’Automobile club en France 150% de la valeur argus de votre camping car ! Impossible d’y échapper ! (de l’intérêt de ne pas partir avec un CC neuf !). La demande de carnet peut mettre jusqu’à 3 semaines. Il faut donc anticiper. On récupère les sous une fois rentrés, avec les beaux tampons de sortie du territoire iranien. IMA nous garantit une assistance personne, mais pas de rapatriement du véhicule en cas de problème. Au pire (CC inutilisable), il faudrait le mettre sur un camion plateau jusqu’à le sortir vers la Turquie et ensuite appeler IMA pour l’assistance véhicule.

Si vous passez par l’Arménie, il vous faudra payer une Importation Temporaire pour le CC (45 €) et on part avec un papier tout en arménien. A la sortie, on s’est rendu compte que l’IT était de 15 jours : c’était écrit en petit en arménien sur la feuille, mais personne ne nous avait prévenu. On avait 3 jours de retard  en sortant : on a du payer 700 (sept cents) dollars US d’amende !! donc bien vérifier cette histoire de date à l’entrée.

Assurance

La MAIF couvre la Turquie et l’Iran, qui est dans les conventions carte verte. Ce n’est pas le cas en Géorgie ou Arménie. En Géorgie, on a pris une assurance (Aldagi) dans la première ville rencontrée, Batoumi, et à la frontière en Arménie. 30 € pour un mois à chaque fois pour une assurance au tiers.

Parcours de liaison

Pour nous c’était Limoges-Strasbourg-Vienne-Hongrie-Serbie-Bulgarie-Istanbul- la route de la mer noire jusqu’à la frontière géorgienne. On a ensuite passé un mois entre Géorgie et Arménie. Le plus court c’est quand même Istanbul-Erzurum-Dogubeyazit et la frontière iranienne à Bazargan. Bien sûr cela fait pas mal de pleins au tarif « européen », mais on se rattrape avec le prix du gasoil en Iran.

Par contre la traversée d’Istanbul est une vraie galère : 60 kms d’embouteillages garantis dans la journée : essayer de passer de nuit !

Réseau routier

Les routes jusqu’à la Géorgie sont de très bonne qualité. Ce n’est pas le cas en Géorgie et encore pire en Arménie. Dès qu’on passe en Iran, on retrouve un réseau nickel avec de nombreuses 4 voies et autoroutes. Souvent on ne paye pas les péages quand les préposés voient les plaques françaises : « welcome to Iran ! ». De toutes façons les tarifs sont ridicules. Les villes sont sillonnées de 4 voies à sens unique. Il faut un peu avoir les yeux derrière la tête vu le comportement des conducteurs, mais ça passe. Attention tout de même sur les nombreuses pistes avec le porte-à-faux et la garde au sol ! (expérience vécue).

Carburant 

Si vous roulez au diesel, il faut faire attention. Il y a peu de pompes car seuls les camions marchent au gasoil. Mais il suffit de demander à quelqu’un de vous indiquer où en trouver (souvent on nous a accompagné gentiment à la sortie de la ville à la seule station pour camions). Un petit bidon d’avance est une sécurité. Le prix défie toute concurrence : 16 centimes d’euro le litre (environ 70 centimes en Géorgie et Arménie). Il faut une carte magnétique pour débloquer les pompes. On n’en a pas, mais les pompistes mettent la leur. Pas de problème. On avait lu qu’il fallait en acheter une à la frontière, mais apparemment c’est une info obsolète.

Hébergement

Il y a très peu de campings en Géorgie ou en Arménie et aucun en Iran. Mais pas de panique : les Iraniens sont des fous de camping ! Toutes les villes ont des parcs équipés pour recevoir les tentes et les campeurs, avec toilettes, quelquefois douches et toujours des lavabos avec robinets d’eau.

Il y a toujours un point d’eau pour le réservoir. La meilleure option est donc de viser un parc pour se garer. C’est aussi la meilleure façon d’être sûr de rencontrer des Iraniens et d’être invités pour un thé ou un repas. Difficile de refuser ! Cela devient même parfois envahissant ! Sinon, vous pouvez bivouaquer absolument partout sans problème. Vous attirerez systématiquement la curiosité des passants, et ferez visiter mille fois le CC et serez pris en selfie au moins autant devant le camion. On n’a croisé aucun CC en Iran.

Applis pour le téléphone / internet

Pour le téléphone et internet, le plus simple est de prendre une carte SIM locale. Par exemple la carte Irancell coûte quelques € et les recharges sont aussi très peu chères : par exemple 6 Gigabits pour 7 €. Avec 6 Gb, on « tient » une dizaine de jours en partageant la connexion du téléphone avec l’ordi. Pour téléphoner gratuitement via internet, on utilise Whatsapp ou Messenger (Messenger = Facebook, donc il faut avoir un VPN). Mais on nous a dit que le réseau avec la meilleure couverture était « Hamrahe avval ». Les Iraniens utilisent beaucoup Telegram.

Plusieurs applis permettent de se servir du GPS sans internet : Nous avons téléchargé avant de partir les cartes des pays traversés sur Google maps et Navigator. Bizarrement Google maps fonctionne seulement à moitié (pas de copilotage vocal en route au Nagorno-Karabagh ou en Iran). Par contre Navigator est impeccable partout, si on a déchargé les cartes en amont.

Internet est verrouillé en Iran pour pas mal de sites : Facebook, Youtube, les blogs Blogger ou les outils de gestion de WordPress. Un VPN permet de détourner cela, en positionnant fictivement votre téléphone ou ordi à l’étranger. Nous utilisons ExpressVPN. Il faut évidemment installer (et acheter) l’appli avant d’arriver en Iran, car les sites de téléchargement de VPN sont bloqués. Vous pouvez aussi voir les programmes télés français en positionnant votre adresse IP en France avec le VPN.

Pour trouver des bivouacs signalés par des voyageurs, on utilise l’appli Ioverlander (http://Ioverlander.com) ou Park4night (http://www.park4night.com) . Attention aux infos d’i-overlander : ce sont souvent des sites proposés par des quatre-quatreux et pas toujours accessibles aux camping cars classiques. Mais jusqu’à maintenant cela nous a toujours permis de trouver des points de chutes (souvent des parcs) dans toutes les villes traversées : c’est un outil inestimable ! Quant à Park4night, peu de lieux de bivouacs signalés en Iran. On en a rajouté quelques uns sur ces deux applis participatives.

Coût de la vie

Chacun a bien sûr sa façon de voyager. Pour nous, après déjà 3 semaines en Iran, on peut dire qu’on dépense entre 20 et 40 € par jour, en comptant l’essence, et on ne se prive pas. Un resto pour locaux revient au maximum à 10 € pour 2. Pour le CC, la seule fois qu’on a payé pour la nuit, c’est 18 000 tomans pour 24h dans un parking gardé à Isfahan près du centre (environ 4 €).

Intéressés ? n’hésitez pas à nous contacter si vous voulez en savoir plus !


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Cinq jours à Téhéran / Five days in Tehran

Tout d’abord, posons le décor. Téhéran, 15 millions d’habitants, s’étend au pied de l’Alborz sur 50 kms de long d’ouest en est. Au nord, les riches, dans leurs immeubles chics, et des rues bordées d’arbres. Au sud, les pauvres, en bordure du désert de poussière, et l’immense mausolée de Khomeiny.

First, let’s set the scene. Tehran, with a population of 15 million, extends at the foot of the Alborz over 50 km long from west to east. To the north, the rich, in their classy buildings, and tree-lined streets. To the south, the poor, on the edge of the dust desert, and the immense mausoleum of Khomeini.

Téhéran vu de la tour Milad

La ville est sillonnée d’autoroutes urbaines et de grands boulevards à plusieurs voies et sens uniques.

On y circule très facilement, et très vite (les iraniens roulent vite sur ces avenues, se suivent de très près et changent de file brusquement -ça surprend au début- et la place du mort dans la voiture n’est pas la plus confortable ). Par contre le centre est interdit aux voitures particulières, heureusement, vue la foule qui envahit les rues.

The city is criss crossed by urban highways and large multi-lane one way boulevards. It is very easy to get around (the Iranians drive fast on these avenues, they follow each other very closely and change  lanes abruptly – it surprises at first – and the front passenger seat in the car is not the most comfortable) . On the other hand, the center is forbidden to passenger cars, fortunately, when one sees crowd that invades the streets.

Depuis la tour Azadi

Le métro est très moderne, mais bondé toute la journée dès qu’on se rapproche du bazar au cœur de la ville, avec des voitures réservées aux femmes. et heureusement un wagon mixte au milieu. Sentiments étranges…

The metro is very modern, but crowded all day as soon as you get close to the bazaar in the heart of the city, with cars reserved for women. and fortunately a mixed wagon in the middle. Strange feelings…

Un vendeuse de bijoux dans le métro

Et on a l’impression que tout le monde se retrouve dans les allées du bazar.

And we get the impression that everyoneis going to the  bazaar.

Après avoir été « captés » par une famille de Qazvin, nous avions rendez-vous avec une partie de celle-ci, qui habite Téhéran. On pensait y passer une soirée ou deux, finalement, on y est resté cinq jours, tellement ces gens sont accueillants et gentils.

After being « captured » by a family of Qazvin, we had an appointment with a part of it, which lives in Tehran. We planned  to spend an evening or two with them, but finally we stayed there for five days,  as these people are so welcoming and nice.

Du pain frais pour le pique nique

C’est avec eux que nous avons visité la ville. Le luxe absolu : on était véhiculés sans le moindre souci et doudounés comme des membres de la famille. Aussi pour nous Téhéran sera d’abord cette hospitalité incroyable de nos amis.

It was with them that we visited the city. The absolute luxury: we were transported  around without the slightest concern for us and cocooned like members of the family. For us Tehran will first be this incredible hospitality of our friends.

On n’a pas tout vu des sites « touristiques » mais parcourir la ville ainsi était formidable. Et vivre une semaine le quotidien d’une famille iranienne n’a pas de prix.

We did not see all the « tourist » sites but traveling around the city with them and living the Iranian way was great.

Le premier soir, ils nous ont amené nous promener (avec peut être 100 000 autres téhéranais) sur le  Tabiaat bridge, illuminé de bleu. C’est une superbe passerelle piétonne à trois niveaux qui relie deux grands parcs en enjambant deux autoroutes. Le paseo à la mode iranienne !

The first night, they took us for a walk (with perhaps 100 000 other Tehranese) on the Tabiaat bridge, illuminated by blue lights. It is a superb pedestrian footbridge on three levels, that connects two large parks and spans two motorways. The Iranian way of doing the paseo.

Cela a été notre première surprise de Téhéran : la modernité de la ville. Il y a cette passerelle superbe, mais aussi la tour Milad, 450 m de haut, d’où l’on domine toute l’agglomération. La tour Eiffel iranienne !

This was our first surprise in Tehran: the modernity of the city. There is this superb footbridge, but also the Milad tower, 450 m high, from which you dominate the whole city. The Iranian Eiffel Tower!

A l’entrée ouest de la ville, c’est la tour Azadi (Liberté en Farsi) qui accueille les automobilistes, en guide d’Arc de triomphe.

At the west entrance of the city, it is the  Azadi tower (Azadi means Liberty in Farsi) that welcomes motorists, their Arc de Triomphe.

Voulue par le dernier Shah pour fêter les 2500 ans de la dynastie Achéménide, c’est en fait un centre culturel complet. Son architecture toute en courbes est remarquable et les expositions sur l’art iranien dans ses sous-sols sont passionnantes.

Wanted by the last Shah to celebrate the 2,500 years of the Achaemenid dynasty, it is in fact a complete cultural center. Its curved architecture is remarkable and the exhibitions on Iranian art in its basements are exciting.

On trouve aussi à Téhéran la plus grande librairie du monde, 60 000 m2, qui vient d’ouvrir cet été.

Tehran also has the largest bookshop in the world, on 60,000 square metres,  which has just opened this summer.

Dans cet immense espace très aéré, on a notamment un secteur jeunesse très important.

In this huge and very airy space, we have a very important kids library.

Quant au secteur adultes, si la poésie est bien entendu -Iran oblige- très bien mise en valeur, difficile de savoir la qualité des fonds quand on ne connait pas la langue.

As for the adult sector, if the poetry collection is of course -we are in Iran- very well developed, difficult to know the quality of funds when you do not know the language.

Le fonds en anglais est très pauvre, à part la partie apprentissage de la langue. On y a trouvé bizarrement trouvé un  Surveiller et punir de Michel Foucault, à côté des Coelho et Game of Thrones.

The fund in English is very poor, apart from the language learning part. There was found to have found a Michel Foucault, next to Coelho’s novels and the Game of Thrones.

Une telle initiative dans un pays où la liberté d’écrire est verrouillée ne peut que nous interroger.

Such an initiative in a country where freedom of writing is locked can only question us.

Question palais, la ville n’est pas en reste, avec le palais du Golestan, ancienne résidence des shahs Kadjar du XIXème siècle et les palais de Saad Abad au nord de la ville.

The Golestan palace, former residence of the Kadjar shahs of the XIXth century and the palaces of Saad Abad in the north of the city, are not to be missed.

Le parc du Golestan et le bâtiment principal sont malheureusement coincés en centre-ville entre des immeubles sans intérêt.

The Golestan Park and the main building are unfortunately stuck in the city center between buildings of no interest.

Dommage pour la perspective, mais l’intérieur reste époustouflant avec ses salles d’apparat.

Too bad for the perspective, but the interior remains breathtaking with its state rooms.

En 1925, la dynastie Kadjar est renversée par la famille Pahlavi qui installe ses quartiers dans le superbe parc boisé Saad Abad au nord de la ville, sur les premières pentes de la montagne.

In 1925 the Kadjar dynasty was overthrown by the Pahlavi family, who set up their quarters in the superb Saad Abad wooded park north of the city on the first slopes of the mountain

Une vingtaine de bâtiments sont répartis dans ce parc. On ne visite pas le palais du dernier Shah qui est devenu la résidence du Président de la république, mais seulement la résidence d’été, le palais blanc.

About 20 buildings are distributed in this park. We do not visit the palace of the last Shah which became the residence of the President of the Republic, but only the summer residence, the white palace.

De l’extérieur, cela ressemble à un vulgaire bâtiment administratif sans charme. Mais c’est à l’intérieur que l’on peut imaginer la vie quotidienne des monarques. Les Pahlavi semblaient fascinés par la France et Napoléon en particulier. On y remarque de nombreux meubles Louis XV et Empire sur les immenses tapis tissés à la taille des pièces. Certains mesurent 150 m2 d’un seul tenant !

From the outside, it looks like a vulgar administrative building without charm. But it is inside that one can imagine the daily life of the monarchs. The Pahlavi seemed fascinated by France and Napoleon in particular. There are many Louis XV and Empire furniture on the huge carpets woven to the size of the rooms. Some measure 150 m2 in one piece!

Le lit du dernier Shah est une copie de celui de l’impératrice Eugénie. Quant à la statue monumentale de son père devant le bâtiment, il ne reste plus que ses bottes ! La révolution est passée par là.

The bed of the last Shah is a copy of that of the Empress Eugenie. As for the monumental statue of his father in front of the building, only his boots remain after the revolutuion.

Ce qui nous a le plus impressionné, ce ne sont pas les palais royaux. On y trouve finalement ce qu’on pouvait en attendre. Non, c’est le musée des joyaux de la couronne qui nous a époustouflé. Gardé dans une salle coffre-fort de la banque nationale, on y accède après une fouille au corps, sans appareils photos ou sacs. Une fois entrés, on comprend mieux les mesures de sécurité. C’ est sans doute la plus belle collection de joaillerie au monde ! On a vu l’an dernier le trésor des tsars dans les sous-sols du musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, qui était déjà fabuleux, mais il nous semble que là, c’est encore plus exceptionnel. Quelques photos trouvées sur internet permettent de se rendre compte de ce fabuleux trésor.

What impressed us most was not the royal palaces.We found there what we could expect. No, it is the museum of jewels of the crown that has blown us. Guarded in a safe room of the national bank, it is accessed after a body search, without cameras or bags. Once entered, the security measures are better understood. It is undoubtedly the most beautiful collection of jewelery in the world ! Last year we saw the treasure of the Tsars in the basement of the Ermitage Museum in St. Petersburg, which was already fabulous, but it seems to us that it is even more exceptional. Some pictures found on the internet make it possible to realize this fabulous treasure.

182 carats !

La couronne impériale de la dynastie Pahlavi. Elle est composée de 3 380 diamants, pour un poids total de 1 144 carats, dont le plus gros est un diamant jaune de 60 carats. Les émeraudes pèsent 200 carats au total, et la plus grosse pèse 100 carats. Le saphir le plus gros de la couronne pèse 20 carats. (source Wikipedia)

On y trouve les couronnes des rois Kadjars et Pahlavis, des centaines de bijoux-dont une broche montée autour d’un diamant de 182 carats-, des fourreaux d’épées sertis de pierres magnifiques, un incroyable globe terrestre couvert de pierres précieuses, où les mers sont en émeraudes et les continents de pierres de couleurs différentes, …avec évidemment,l’Iran dessiné par des centaines de diamants !

There are shown the crowns of the Kadjar and Pahlavi kings, hundreds of jewels – including a brooch mounted around a diamond of 182 carats – sword scabbards set with magnificent stones, an incredible globe covered with … 36,000 precious stones, where the seas are emeralds and the continents of different colored stones … with Iran drawn by hundreds of diamonds !

35 kg d’or et 51 000 pierres, essentiellement rubis, émeraudes et diamants

On en est sorti abasourdis de tant de beauté et de richesse !

We came out stunned by so much beauty and wealth !

Pour nous ce furent des moments exceptionnels que de visiter ces lieux avec nos amis téhéranais et ces cinq jours dans cette famille resteront comme un des plus beaux cadeaux que pouvait nous faire l’Iran. Et bien sûr, comme toujours, cela s’est terminé par un pique nique !

For us it was exceptional moments to visit these places with our Tehran friends and these five days in this family will remain as one of the most beautiful gifts that Iran could give us. And of course, as always, it ended with a picnic !

Et maintenant, en route vers Kashan and Ispahan !

Next stops Kashan and Isfahan !

 


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Kidnappés ! / kidnapped !

La petite ville de Soltaniyeh était sur notre chemin vers Qazvin. On y a dormi avant de jeter un œil sur le mausolée de Uldjaitu. Ce bâtiment  coiffé d’un dôme bleu de 52  m de haut est visible dans la plaine depuis plusieurs kms à la ronde, malgré la brume de chaleur.

The little town of Soltaniyeh was on our way to Qazvin. We slept there before taking a look at the mausoleum of Uldjaitu. This building with a blue dome of 52 m high is visible in the plain for several kilometers away despite the heat mist.

Le sultan mongol Uldjaitu (1304-1317) qui avait fait de Soltaniyeh sa capitale, converti au Chiisme, voulait en faire le tombeau des imams Hussein et Ali, dont les sépultures sont à Kerbala et Nadjaf en Irak. Devant le refus des villes en question de les transférer, il en a fait son propre tombeau. Malheureusement pour nous, l’intérieur est en réfection et bardé d’échafaudages.

The Mongol sultan Uldjaitu (1304-1317) who turned Soltaniyeh into his capital, once converted to Shi’ism wanted to make it the tomb of Imams Hussein and Ali, whose graves are in Kerbala and Najaf in Iraq. Faced with the refusal of the cities in question, he made it his own tomb. Unfortunately for us, the interior is in repair and brimmed with scaffoldings

La grande ville de Qazvin a eu le statut de capitale du pays après Tabriz et abrite de nombreux monuments religieux. Nous n’avons visité que l’imâmzâdeh (mausolée) Hossein, qui abrite le cercueil de ce saint homme. Nous mettons la pédale douce sur ce genre de visites, car nous préférons garder un œil neuf pour celles des grandes cités du sud comme Isfahan ou Chiraz.

The large city of Qazvin has had the status of capital of the country after Tabriz and is home to many religious monuments. We visited only the Imamzadeh Hossein, who shelters the coffin of this holy man. Wedo not rush on such visits, because we prefer to keep a new eye for the big cities of the south like Isfahan or Shiraz.

Nous avons tout de même eu la chance d’entrer non seulement dans la cour mais aussi dans le mausolée et Daniel a pu prendre des photos de l’intérieur.

We were lucky enough not only to enter the courtyard but also into the mausoleum and Daniel was able to take pictures of the interior.

Tout est or, miroirs, lumières et mosaïques autour du catafalque, entouré d’une barrière de bois. Un peu trop cliquant à notre goût ! L’ambiance est très tranquille : on prie, on se repose, on vient toucher le mausolée, des enfants jouent. Rien à voir avec l’austérité des églises ! Les femmes ont leur entrée à l’arrière du bâtiment mais sont confinées dans un petit espace. Tchador strict obligatoire.

Everything is gold, mirrors, lights and mosaics around the catafalque, surrounded by a wooden fence. A little too shining for our taste! The atmosphere is very quiet : some pray, some rest, some come to touch the mausoleum, children play. Nothing to do with the austerity of churches ! The women have their entrance at the back of the building and are confined in a small space. Chador strictly mandatory.

Après une nuit courte près d’un parc -les Iraniens font la fête (avec pique nique) jusqu’à 2h du matin sur les pelouses-, nous voilà partis pour la vallée d’Alamut. Après un col rude à passer sur la montagne, on bascule dans une vallée fertile où le riz est la culture principale.

After a short night near a park – the Iranians party (and have picnic) until 2am on the lawns – we were off to the valley of Alamut. After a rough pass over the mountain, one dives down to a fertile valley where rice is the main culture.

Dès notre premier arrêt près de la rivière, Chon est interpellée par une jeune femme et nous sommes invités à partager des fruits et un thé avec sa famille. C’est le début d’un chaleureux kidnapping qui dure encore quatre jours plus tard. Après le thé, on est invité au village des parents, riziculteurs en retraite. Superbe endroit avec une vue imprenable sur les cultures et la montagne, l’Alborz. Le vert tendre des rizières contraste avec l’orange des pentes.

From our first stop near the river, Chon is welcomed by a young woman and we are invited to share fruit and tea with her family. This is the beginning of a warm kidnapping that lasts four days later. After tea, we are invited to the village of her parents, retired rice farmers. Superb location with stunning views of the fields and the mountain, the Alborz range. The tender green of the rice patches contrasts with the orange of the slopes.

Fatema, Massouma et Saïd habitent Qazvin ou Téhéran et sont venus avec leurs conjoints et enfants passer le week-end à la campagne dans la maison de vacances de leurs parents.

Fatema, Massouma and Said live in Qazvin or Tehran and have come with their spouses and children to spend the weekend in the countryside in their parents’ holiday home.

Le soir, il aurait été malvenu de dormir devant chez eux. On a donc passé la nuit avec eux, et le lendemain matin Massouma et Isfandiar son mari sont repartis pour Téhéran,  après nous avoir arraché la promesse de séjourner chez eux. C’est avec le reste de la tribu que nous avons parcouru la vallée. Derrière un autre col, un petit lac de montagne nous attendait pour le pique nique de midi, avant que l’on ne rejoigne le bout de la vallée en direction du château d’Alamut.

In the evening, it would have been unwelcome to sleep in the motorhome. So we spent the night with them, and the next day, when Massouma and Isfandiar her husband had gone back to Tehran, together we went through the valley. Behind another pass, a small mountain lake was waiting for us for the lunch picnic, before we reached the end of the valley in the direction of the castle of Alamut.

Ce château était la forteresse des Ismaéliens au XIème siècle. Cette secte soufi chiite, aussi surnommée les Haschichins, a donné le terme assassins. Allez savoir pourquoi !

This castle was the fortress of the Ismailis in the 11th century. This sect was also nicknamed the Haschichins, which gave the term assassins. who knows why !

Construit sur un piton qui nous a fait penser aux Météores en Grèce, il est aujourd’hui en ruine, et nous sommes arrivés trop tard le soir pour le visiter. L’occasion d’une photo de groupe sur les 300 marches qui mènent au rocher.

Built on a piton that made us think of the Meteora in Greece, it is now in ruins, and we arrived too late to visit it. The opportunity of a group photo on the 300 steps that lead to the rock.

Nos amis rentraient à Qazvin -fin du week end- et nous avons eu la permission de rester dormir au lac, après avoir promis de venir chez eux le lendemain.

We left our friends who were returning to Qazvin-end of the weekend- and we have been allowed to sleep at the lake after promising to come to them the next day.

Fatema et Saïd habitent dans un immeuble neuf dans la banlieue de Qazvin. On est en Iran dans un pays plutôt riche et les standards urbains n’ont rien à envier aux villes européennes. Ce n’est sans doute pas vrai partout, mais c’est le cas des nouveaux quartiers de Qazvin et Fatema et Saïd, ainsi que l’ensemble de leur famille font visiblement partie de la classe moyenne. Mais la faiblesse du taux de change (et la question des visas ?) les empêche de voyager.

Leur hospitalité est incroyable. Impossible de payer quoi que ce soit. Nous sommes leurs invités et impossible de sortir le porte-monnaie. Ils sont aux petits soins pour nous. On est vraiment gênés mais nos kidnappeurs sont inflexibles.

Fatema and Saïd live in a new building on the outskirts of Qazvin. We are in Iran in a rather rich country and urban standards have nothing to envy to European cities. This is probably not true everywhere, but it is the case of the new quarters of Qazvin and Fatema and Said, as well as their whole family, are obviously part of the middle class. But the low exchange rate(and the visa issue ?) prevents them from traveling abroad.

Their hospitality is amazing. Can not pay for anything. We are their guests and impossible to open our purse. We’re really embarrassed. But our kidnappers are unyielding.

Le lendemain, rebelote, c’est cette fois-ci chez les parents qu’on sera invités pour le déjeuner avant de partir pour Téhéran, attendus chez Massouma et Isfandiar. Fatema a décidé de nous accompagner pour nous servir d’interprète car sa sœur et son beau-frère ne parlent pas bien anglais. Saïd nous rejoindrait le week-end à Téhéran. Nous n’avons bien sûr pas pu dire non ! Fatema ne travaille plus depuis la naissance de Saman. C’est un petit garçon de trois ans très attachant mais qui demande une attention continuelle. Il est autiste et c’est incroyable de voir comme il est entouré par toute la famille.

And the next day, same scenario, this time we will be invited for lunch at he parents’ , before leaving for Tehran, where Massouma and Isfandiar are waiting for us. Fatema offered to accompany us to act as an interpreter because her sister and her brother-in-law do not speak much English. Said would join us on weekends in Tehran. Of course we could not say no! Fatema speaks English well. She is a chemist but she stopped working since Saman’s birth. He is a very nice three-year-old boy who needs constant attention. He is autistic and it is amazing to see how he is surrounded with the love of the whole family.

Quant à nous, le kidnapping (volontaire) continue, direction la capitale et ses 15 millions d’habitants.

As for us, the happy kidnapping goes on, now in the capital and its 15 million inhabitants !