Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)


1 commentaire

Sonate d’Automne

A Riga, nous avions établi notre camp de base sur le parking du port des ferries. L’emplacement était idéal près du centre-ville et calme… dans la journée. Pas de chance, comme cela nous était déjà arrivé à Belgrade, nous n’étions pas très loin d’une discothèque, et avons pu profiter à fond de la techno jusqu’à 5h du matin. De plus, il s’est mis à pleuvoir !

s1

Aussi, pour notre ultime semaine balte (le temps passe, et notre ferry pour Helsinki est réservé le 2 octobre à Tallinn), nous avons décidé de profiter une dernière fois de la mer, des forêts et des lacs de la région , le soleil étant finalement revenu.

s2

Les côtes lituaniennes et lettones ne sont qu’une succession de grandes plages de sable fin bordées de pinèdes. Nous nous sommes installés au camping écolo de Abragciems (57°11’47.29 23°12’25.62, 15€), à 80 kms à l’ouest de Riga. Nous étions seuls face à la mer. Un petit paradis pour deux jours de repos, internet, blog, lectures, balades, cuisine.

s3

s4

Seule ombre au tableau, on n’a toujours pas trouvé d’ambre sur les plages …

s5

… mais on n’a pas perdu le moral pour autant.

s6.JPG

Bizarrement la baie de Riga n’abrite pas d’oiseaux de mer, mais des cygnes et des canards. Elle est si calme qu’on se croirait sur un lac. Les levers du soleil sont magnifiques !

s8

Une journée de liaison ennuyeuse – des bouleaux, des sapins, des bouleaux, des sapins le long de la route – nous a fait passer en Estonie avec comme objectif un petit lac d’un parc naturel au sud du pays.

DSC_0041.JPG

Pas de surprise, le paysage est le même et les forêts aussi denses, tapissées de myrtilles. Les couleurs d’automne commencent à arriver petit à petit.

r3

r4  r5

r6

L’espace de pique nique et de camping (58°7’16,932 24°46’9,516 ; gratuit) du lac Rae est génial. Des tables, des toilettes nickel, des panneaux d’information sur les randonnées possibles, et bien sûr tout cela est construit en solides rondins. On s’attendrait à voir passer des indiens dans des canoës ou un Davy Crockett en goguette.

r10  r7

Les coins à barbecue ont une réserve de bois à disposition, avec un billot pour fendre les bûches et pas un papier gras ne traîne ! Cerise sur le gâteau, tout cela est pour nous tout seuls. Vive l’Estonie !

r14

r11 r12 r13

Après l’effort, le réconfort. Et aussi le farniente d’autant que pour fêter cela on a trinqué en arrivant au Black Balsam, un apéro local à base de plantes. Le lendemain, on sentait encore les 45° du breuvage sur l’estomac.

r1.JPG  r2

Même si on ne s’est pas baignés, on aurait dû se méfier, au vu du logo sur la pancarte : en Estonie, boire ou nager, il faut choisir.

Pas d’internet dans ce coin perdu de forêt, mais l’occasion d’avancer dans nos lectures : La Famille Moskat de I.B. Singer (saga d’une famille juive dans la Pologne du début du vingtième siècle), Purge de la finlandaise Sofi Oksanen (superbe, mais très sombre, le roman se passe dans l’Estonie communiste) et La Lionne blanche de Mankel (un de ses meilleurs polars, avec une intrigue entre Suède et Afrique du Sud).

Et puis, pouvoir manger dehors à midi (avec une petite laine quand même à cause du vent frais) devant un lac par 58° nord, un 28 septembre, c’est le rêve, quand on pense que par ici il a plu des cordes tout le mois d’août. Notre voyage est béni du dieu de la météo !

r8

Demain, il va falloir quitter ce lieu idyllique pour rejoindre Tallinn : ça sent la fin du périple. En attendant, on a l’impression de participer à un remake de la pub pour les Krisprolls suédois !

Mais avant de partir, une dernière balade en vélo avant de prendre la route de Tallinn.

r15


1 commentaire

10b, rue Elizabetes, Riga

C’est l’adresse du plus bel immeuble de Riga, ou du moins du plus impressionnant. Construit en 1903 par l’architecte Eisenstein (le père du cinéaste), c’est un exemple incroyable de l’Art nouveau, digne des plus beaux fleurons de Prague ou de Bruxelles. On pense aussi à Gaudi à Barcelone.

a1

A2.JPG

A3.JPG  a4

a5

C’est en fait tout le quartier qui est époustouflant. la rue Alberta est une merveille, du début à la fin. Plusieurs de ces immeubles sont aussi l’oeuvre d’Eisenstein. On ne sait vraiment pas où donner de la tête pour tout voir.

a11

a6  A7.JPG

A10.JPG

a8  a9

A12.JPG

a13

a14

A16.JPG

a18

Bref, vous l’aurez compris, Riga vaut le voyage !

A17.JPG

 

 

 

 

 

 

 


2 Commentaires

La Lettonie, à l’ombre du géant

Prenez un Duc de Courlande d’origine allemande, régent de la Lettonie pour le compte de la Russie, Ernest Von Biron, un peu mégalo, un architecte italien, Bartolomeo Rastrelli, à qui on doit le palais de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, deux tsarines Anna et Catherine II et leurs amants, des intrigues inextricables de palais – Von Biron passera 22 ans en Sibérie avant de revenir en grâce- et vous avez le plus beau château que nous ayons croisé sur notre chemin : le palais de Rundale, à 100km au sud de Riga.

DSC_0178.JPG

Ce palais est sans doute un avant goût de ce que nous allons découvrir à Saint-Petersbourg.

c1

c2

c4  c3

c5

Il est très élégamment décoré, loin de la lourdeur de bien des châteaux de par chez nous.

C6.JPG

C8.JPG  c9

DSC_0191.JPG

c7

c11

En tous cas, il est symbolique de la main mise russe sur ce petit pays qu’est la Lettonie.  Celle-ci est née officiellement il y a seulement 100 ans. Riga date cependant de 1200, mais la ville a longtemps été allemande et le pays occupé par de puissants voisins. La Russie, elle, s’est installée en 1710 à Riga, puis a occupé tout le territoire en 1795, et n’a lâché l’indépendance du pays qu’en 1920. Riga a longtemps été la troisième ville la plus importante de Russie après Moscou et Saint-Petersbourg.

r0

Entre 1944 et 1991, les Russes sont de retour, font de ce petit pays de 2 millions d’habitants une des républiques de l’URSS et installent la flotte russe de la Baltique à Liepaja. Ils interdisent la langue lettonne et mènent une politique de peuplement, dont le résultat sera que les Lettons se retrouveront pratiquement minoritaires dans leur propre pays en 1991.

r1

Les derniers soldats de Moscou n’ont quitté le pays qu’en 1999 et aujourd’hui encore les Russes représentent 30% de la population et même presque 50% à Riga !

Comme les Lituaniens et les Estoniens, les Lettons ont rejoint l’UE en 2004, mais surtout l’OTAN. Avec Poutine aux commandes au Kremlin et ses annexions brutales en Géorgie et en Ukraine, et l’intérêt militaire et économique des ports lettons – libres de glace toute l’année-, ce confetti face au géant russe n’est pas très rassuré.

Alors, quand ce fou de Trump a déclaré qu’il n’engagerait peut-être pas les Etats-Unis en cas d’agression des Russes dans les pays Baltes, remettant en cause les fondements même de l’OTAN, c’est un peu la panique chez les Baltes et les Lettons en particulier.

r3

En attendant, la vie continue.

Dimanche, c’était la foire de la Saint-Michel dans le centre de Riga , sous un ciel gris, avec un grand marché de produits locaux sur fond de danses folkloriques.

 R4.JPG  R5.JPG

R7.JPG  R8.JPG

R6.JPG  r9

r18

r14  r13

R19.JPG

Et pendant ce temps, sur scène, on dansait sous la pluie…

r20

La pluie, une bonne excuse pour se réfugier dans un bar et profiter des excellentes bières locales, servies avec un sourire, avant de partir à la découverte du Riga Art nouveau.

R21.JPG

Mais cela sera l’occasion du prochain épisode.


Poster un commentaire

Les mariés de Vilnius

La Lituanie compte 3 millions d’habitants et 500 000 habitent Vilnius. Un caprice du GPS nous a fait traverser des banlieues d’immeubles pas bien gaies, pas bien riches mais bien soviétiques, pour nous amener sur un parking (N54°41’53,55 »   E25°17’37,356  », 6€ la nuit) très bien placé en centre-ville, au pied de la colline du château, près d’un parc.

v1

Le centre-ville est finalement assez petit et se parcourt à pied sans problème. Le musée national, installé dans le « château inférieur », la cathédrale et la statue de Mindaugas, le fondateur du grand duché de Lituanie en 1236, servent de point de repère. Celle-ci a remplacé une de celles de Lénine que nous avions saluée à Grotos Park.

Après sa fondation en tant que royaume indépendant, la Lituanie a connu un âge d’or aux siècles suivants. Son territoire s’étendait de la Baltique à la Mer noire, englobant une grande partie de la Biélorussie et de l’Ukraine actuelles, soit au maximum de son apogée au XVème siècle sur une surface 12 fois (si, si!) plus grande que la Lituanie actuelle !

v2

La place est entourée de bâtiments massifs, abritant sans doute des administrations. La cathédrale elle-même est énorme, avec une façade vaguement grecque. L’intérieur est sans grand intérêt, la nef étant supportée par d’énormes piliers carrés qu’on imagine en béton. Dans la chapelle Saint-Casimir sur le côté, le rococco a encore frappé !

v3  v4.JPG

v5

Le charme opère par contre dès qu’on s’écarte de ces grandes avenues et qu’on se perd dans les petites rues piétonnes. On découvre de belles maisons baroques, souvent peintes de couleurs pastel, ou avec de jolies façades en briques.

v6

v7  v8.JPG

v10.JPG

On a vraiment l’impression d’une balade dans une petite ville calme et tranquille. L’église Sainte Anne, adossée à l’ensemble du monastère franciscain est assez étonnante avec ses colonnades de brique rouge. Napoléon, en route pour Moscou, voulait la démonter et la ramener à Paris. Au retour, en repassant par Vilnius avec son armée en débandade, il avait d’autres chats à fouetter. On n’y est pas rentré, pour cause de mariage en cours.

v9.JPG

Dans la rue Literatu, une centaine de plaques avec des citations rappellent le souvenir des grands écrivains de la littérature mondiale.

v11.JPG

La rue Pilies est la rue principale -et touristique- du vieux Vilnius. Il fait bon s’y promener sans se presser, devant les boutiques de souvenirs d’ambre. Ici encore, l’ambre est roi et proposé sous toutes ses formes. C’est un peu l’or de la Baltique, et depuis les villes côtières de Pologne, nous avons l’embarras du choix entre colliers, bagues, pendentifs et autres bateaux miniatures. On peut même s’offrir des coupe-ongles et des clés USB plaquées d’ambre !

v12.jpg

Si l’on se balade le nez au vent, on ne peut pas manquer les clochers des églises. Il y en a partout, au détour d’une rue, au bout d’une place, en haut d’une colline. Depuis le haut de la butte du château, on en a compté 25 !

v13

Comme en Pologne, la communauté juive était importante en Lituanie avant la guerre. Elle formait la moitié de la population de Vilnius. Elle a été entièrement décimée par les nazis et les soviétiques ont terminé le travail en rasant entièrement le ghetto lorsqu’ils ont annexé le pays en 1944. Il n’en reste rien, sinon un lacis de petites rues piétonnes assez bobos. On sent que c’est devenu un secteur résidentiel chic.

v15

L’Université de Vilnius est sur tous les guides touristiques comme un must à visiter. Elle occupe tout un quartier et est organisée autour de 13 cours intérieures qui communiquent entre elles. La aussi c’est le calme absolu. On dirait bien que les cours n’ont pas encore commencé.

v16

L’église de l’Université nous a réservé une belle surprise, avec son choeur, ou plutôt sa dizaine de choeurs. On a l’impression d’une construction en 3D. Malheureusement, ce jour-là on avait oublié l’appareil photo et les photos ci-dessous sont extraites d’internet.

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

La petite librairie de l’université est étonnante avec son plafond bas vouté couvert de fresques en l’honneur d’illustres professeurs.

v18

D’autres fresques couvent entièrement l’intérieur d’une pièce assez mystérieuse dans le bâtiment des études lituaniennes. Un graphiste, Petra Repzys, l’a entièrement décorée de personnages et de scènes surréalistes dignes d’une BD. C’est très bizarre. On a vraiment regretté l’appareil photo !

Lithuania, Vilnius, University (19th-20th century), Frescoes by Petras Repsys, stations of life (1976-1985)

Lithuania – Vilnius – University – Frescoes by Petras Repsys

En rentrant « chez nous », on est passé par le quartier « alternatif » d’Uzupis, qui s’est proclamé république indépendante, et fourmille d’ateliers d’artistes. Quartier branché et très agréable le long de la rivière.

v22  v23

Et pour finir la journée en beauté, on a eu droit à un lâcher de montgolfières dans le ciel de Vilnius, et une photo de mariés !

v21

Prochain billet : Des diables et des sorcières !