Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)

On a craqué pour Cracovie

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Voyager au long cours, c’est garder la curiosité, l’envie de découvrir sinon on emmagasine les visites de sites et très vite, le regard s’émousse. On se dit : à quoi bon continuer ? C’est un petit peu ce qui nous est arrivé entre le 14 juillet et le 15 août. Du coup nous sommes un peu passés à coté de la Hongrie et surtout de la Slovaquie. L’arrivée en Pologne a déclenché, chez tous les deux, un regain d’énergie, et c’est reparti ! Et comme voyager au long cours, c’est aussi s’offrir le luxe de prendre son temps, on a passé une semaine entière à Cracovie, garés sur la pelouse d’un concessionnaire de camping cars (ElCamp N50.03445 E 19.87665 10€), puis sur un parking gardé du centre-ville (rue Karmelika N50.0653 E19.9282, 13€). Cela a été aussi l’occasion de renouer avec le couch surfing. Nous avons ainsi rencontré Marek, Beata et leur fils Tomek, qui nous ont accueillis très chaleureusement et avec lesquels on a passé deux après-midis très intéressantes. Ils sont, eux aussi, comme nous, inquiets de la tournure populiste et raciste que prend l’Europe toute entière.

La vieille  ville de Kracow est entourée d’une ceinture verte avec pistes cyclables et c’est un bonheur d’en faire le tour en vélo. Il fait bon vivre dans cette ville et on y mange pour pas cher !

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La grand-place est annoncée comme la plus grande d’Europe. En son centre se trouve une grande halle, magnifique. Autour, des grands cafés et des stands d’artisanat,  de babioles et de sandwichs attendent les 10 millions de touristes annuels. (photo prise sur internet)

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La très belle église Sainte Marie dans un de ses angles est envahie par les visiteurs en dehors des heures des messes. Et il y en a des messes ! Nous sommes en Pologne et les curés ne chôment pas, comme on peut le voir sur cette photo prise à Sanok.

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On a vu dans la campagne de nombreuses églises où les fidèles débordaient à l’extérieur, faute de place, pendant les offices. On est arrivé de plus une semaine après les JMJ. La ville était encore pavoisée de calicots  l’effigie de François et de Jean-Paul II.Celui-ci est une vraie star. On ne compte plus les statues et portraits de l’ancien évêque de la ville.

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Cracovie a été capitale du pays pendant plusieurs siècles et son château domine la vieille ville. C’est aussi là que se trouve la cathédrale. Celle-ci est très décevante car remplie de chapelles aux décorations surchargées, et des grands tapisseries pendent aux murs et coupent toute perspective architecturale. Le château lui-même, de style renaissance, ne nous a pas réellement passionné. Il faut dire qu’à 10h du matin, après une heure de queue, tous les billets de la journée pour visiter les appartements royaux étaient vendus ! Dommage.

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Cracovie c’est aussi bien sûr le souvenir de la seconde guerre mondiale.  La ville comptait 25% de juifs et ceux-ci ont grandement participé au développement de la cité. D’après Marek et Beata, on doit à leurs ingénieurs l’installation du réseau d’eau potable et de l’électricité.

La Pologne est le pays martyr de la guerre : 17% de la population, soit 6 millions de personnes, dont la moitié de polonais juifs y ont trouvé la mort. Pour la France, on compte 600 000 morts, soit 1,35% de la population.

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Il faut rappeler que les polonais n’ont jamais signé d’armistice et que le gouvernement en exil à Paris puis à Londres a toujours continué le combat, via la résistance intérieure et l’intégration de bataillons polonais dans les armées alliées. Pour les Nazis, la notion même de nation polonaise devait disparaître et devenir une colonie de peuplement pour les allemands. Si à Cracovie les chrétiens ont subi le joug nazi, avec son lot de privations, d’humiliations et de travail forcé, ce sont bien sûr les 70 000 juifs de la ville qui ont été la cible première. Réduits à l’esclavage, puis emmurés dans le ghetto, ils seront finalement tous expédiés à Auschwitz où ils seront exterminés.

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Du ghetto, il ne reste que quelques pans de murs – suprême sophistication dans l’horreur, les dalles du mur avaient la forme de pierres tombales- et la place centrale où les gens étaient rassemblés avant d’être embarqués pour les camps. Sur la place, des chaises métalliques symbolisent ces départs.

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La vie quotidienne à Cracovie pendant la guerre est mise en scène de manière spectaculaire et poignante dans l’exposition installée dans l’ancienne usine Schindler, cet industriel nazi qui a finalement ouvert les yeux sur les souffrances de ses employés juifs et réussi à en sauver 1 100 avant qu’ils ne soient gazés, en transférant son usine en Allemagne en 1945. C’est ce que raconte La liste de Schindler, le film de Spielberg.

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Le parcours dans l’exposition est chronologique et montre bien comment les Nazis avaient décidé de rayer la Pologne de la carte. On y voit la progression dans la répression, jusqu’à la liquidation du ghetto les 13 et 14 mars 1943.

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On y a passé 4 heures et on n’en est pas sorti indemnes. Le soir on s’est fait un film idiot sur l’ordi pour se sortir des images récurrentes de l’exposition, et des citations hallucinantes des monstres nazis (« Il est normal que le niveau de vie des polonais ne soit pas celui des allemands : on ne peut pas comparer une race de maîtres avec une race de serviteurs« , « Il faut se débarrasser des poux et des juifs« ,…).

Le quartier juif de Kazimierz est peu spectaculaire et ressemble à tous les autres quartiers de la ville. On y trouve plusieurs synagogues, parfois utilisées comme salles d’exposition ou de concert.

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Le cimetière de la synagogue Remu’h avait été détruit. Il a été reconstitué et les pierres tombales qui n’ont pas retrouvé leur emplacement d’origine ont été intégrées dans un mur d’enceinte émouvant.

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Dans les rues commerçantes, les restaurants proposent soit les falafels et cuisines méditerranéennes des Séfarades, soit les recettes plus locales des Ashkénazes, dont la célèbre carpe farcie, gefilte fish en Yiddish, qui se mange avec du raifort ou de la betterave rouge..

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On y passera une soirée mémorable entre un concert de musique Klezmer dans la Haute synagogue et une dégustation de gefilte fish arrosée de vodka. Les pistes cyclables étaient bienvenues pour retrouver le camping car en toute sécurité.

 

 

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