Après avoir servi de frontière avec la Serbie puis la Roumanie et coulé vers l’ est et la mer noire, le Danube fait soudainement un coude pour « remonter » plein nord jusqu’à former un immense delta à la frontière de l’Ukraine. C’est le paradis des oiseaux et des pécheurs.
After having served as border with Serbia and Romania and flown to the east and the Black Sea , the Danube suddenlymakes a bend to « go up » due north to form a vast delta on the border of Ukraine. It is a paradise for birds and fishermen .
Nous l’avons parcouru avec le patron du camping du lac à Murighiole, petit village tout au bout du delta, sur le bras droit du fleuve. Octavian est ukrainien, parle couramment français, italien, anglais et un peu d’allemand, et bien sûr roumain, ukrainien et russe.
We criss crossed it with the owner of the Lake campsite in Murighiole, a small village at the end of the delta, on the right arm of the river. Octavian is Ukrainian, speaks fluent French, Italian, English and a little German, and of course Romanian, Ukrainian and Russian.
Il connait parfaitement tous les oiseaux du fleuve et a été un guide idéal pendant les 5 heures où il nous a fait sillonner les lacs et les chenaux de l’immense delta. Le Danube s’étale dans toutes les directions et on se demande comment il se repère dans ce dédale.
He perfectly knows all the birds on the river and was a perfect guide for the 5 hours it took us through the lakes and channels of the vast delta. The Danube stretches in all directions and we wonder how it finds his way in this maze .
Il nous a bien sûr donné tous les noms des oiseaux rencontrés, que nous avons bien sûr oubliés à fur et à mesure.
Of course he gave us all the names of the birds we saw, and of course we forgot all of them.
Mais les rois du delta, ce sont les pélicans, même si au décollage, ils ont l’air ridicule .
But the kings of the delta are the pelicans, though they look ridculous when they take off.
Restent de belles photos d’une très belle matinée, un peu longue, qui a commencé à 6h du matin, mais cela valait la peine de se lever tôt.
But we will not forget the beautiful photos of this cruise, even if we had to be on the boat à 6 a m !
Prochaine étape : sur la route de la Moldavie ou Retraite au couvent !
Bucarest est une ville de plus de 2 000 000 d’habitants, au milieu d’une grande plaine agricole et réputée très chaude l’été. Notre première impression s’est faite depuis un taxi qui nous a conduit à toute vitesse du camping au centre ville passant par de très larges avenues, assez vides (on était dimanche matin) et bordées d’immeubles un peu tristounets.
Pourtant le coeur de Bucarest est agréable, très éclectique : des immeubles XIXème, voisinent avec de l’art nouveau, des immeubles des années 60, des façades modernes en verre et au milieu de tout cela subsistent quelques charmantes villas (souvent en mauvais état) ou une petite église ancienne.
Le quartier « historique » est devenu très branché, avec beaucoup de bistrots, de terrasses, de jolis passages couverts débouchant dans de petites rues vivantes, actives. Bref, il est très plaisant d’y flâner et les bucarestois ne s’en privent pas, du moins ceux qui sont aisés car la pauvreté à Bucarest est bien visible.
Nous sommes allés au musée national qui a une magnifique collection médiévale d’objets en particulier de Valachie et de Moldavie. Les peintures elles, comme à Sibiu, nous ont paru intéressantes mais sans grande originalité. Mais le point culminant des visites touristiques à Bucarest est évidement Le palais du parlement (ex palais du peuple).
C’est un grand quadrilatère bâti de 270m sur 250m. Mais c’est en fait tout un quartier qui a été construit autour. Pour cela le « Génie des Carpates » a fait raser 500 hectares de Bucarest (l’équivalent de 3 arrondissements parisiens) et expulser 40 000 personnes de ce qui était un des quartiers historiques de la ville.
Le résultat est un ensemble d’avenues bordées d’immeubles pour la plupart en marbre et déjà un peu décatis qui mènent triomphalement au palais. Ils devaient servir à loger la nomenklatura !
Il faut avouer que cela forme un ensemble tout à fait cohérent, mais assez froid et qui semble peu habité.
Les chiffres du bâtiment donnent le tournis : 350 000 m2 de plancher, 12 étages et 5 niveaux en sous-sol. Il compterait plus de 10 000 pièces, des milliers de m2 de tapis et 5 000 lustres de cristal ! 20 000 ouvriers ont travaillé nuit et jour de 1983 à 1989 sur le chantier. Un million de M3 de marbre ont été nécessaires pour l’édifier et des monastères ont été réquisitionnés pour broder les tentures des fenêtres. Le point positif est que tous les matériaux et la fabrication sont d’origine du pays.
Et Il Il devait abriter la Présidence de la république, l’Assemblée nationale, le Sénat, le comité central du PC et la Sûreté nationale. Ce ne devait pas être la résidence des Ceaușescu, même si on peut penser qu’ils s’étaient réservés sans doute un petit studio quelque part. Malheureusement pour eux, ils n’ont jamais pu s’en servir : le 21 décembre 1989, au balcon, il était hué par la foule, apparemment à sa grande surprise, et le lendemain, en pleine révolution, Elena et Nicolae s’échappaient en hélicoptère, avant d’être arrêtés, jugés sommairement et exécutés dans la foulée !
En 1989, lorsque les Roumains se sont débarrassés du couple, le bâtiment était achevé à 70 %. Il est aujourd’hui terminé à 95%. Après quelques hésitations sur ce cadeau empoisonné, le nouveau régime y a installé le Parlement, puis le Sénat. On peut regretter que toutes les allusions aux Ceaușescu soient effacées du bâtiment, dont on visite des salles d’apparat absolument vides de mobilier et de décoration. La plus grande fait 3000 m2 et a un plafond ouvrant. On y voit encore deux cadres de marbres de 15 m de haut qui contenaient des portraits d’Elena et de Nicolae.
Nous, on trouve dommage que tout ce passé soit entièrement effacé. Il faut parait-il visiter la maison du couple transformée en Musée pour cela.
La mégalomanie des Ceaușescu et leur culte personnel n’avaient pas de limites. Lorsqu’on entre dans le hall d’entrée principal (50m x50m) on a devant soi deux escaliers monumentaux de 10 m de large : celui de gauche est celui de Nicolae. Quant à celui de droite, une fois terminé, Elena l’a fait refaire car elle voulait pour son escalier des marches moins hautes pour être plus à l’aise : aussitôt dit, aussitôt fait : les marches font 7 cm alors que celles de l’escalier de gauche sont normales !
Pendant 6 ans, la construction a englouti 40 % du PIB du pays ! Reste aujourd’hui un bâtiment incroyable, d’assez bon goût quand même, mais totalement démesuré et apparemment en grande partie vide et inutile.
Ce qui est un peu choquant, c’est qu’aujourd’hui, pour visiter « leur » palais, les Roumains doivent payer -comme les touristes étrangers- 35 lei (8 €). N’ont-ils pas déjà assez payé pour ce Versailles des Carpates ?
Sighisoara est une petite ville avec un centre médiéval très bien conservé. Les rues pavées sont bordées de maisons peintes, évoquant la Hongrie ou l’Allemagne.
Sighisoara is a small town with a well-preserved medieval center The cobbled streets are lined with painted houses, evoking Hungary or Germany.
C’est aussi ici que nous avons rencontré le « Dracula business » ! il se trouve que le modèle de Bram Stoker pour son roman, Vlad Tepes Dracul, est né ici. C’était en fait un chef de guerre roumain, qui s’est battu contre les turcs. Très cruel avec ses ennemis-surnommé l’empaleur-, il valait mieux ne pas tomber entre ses mains !
It is also here that we met the » Dracula business « ! Vlad Dracul Tepes was born here. He was the model for Bram Stoker’s novel. He was actually a Romanian warlord who fought against the Turks. Very cruel with his enemies – nicknamed the impaler-, it was better not to fall into his hands !
Tout ici est prétexte à déclinaison sur ce thème ! T shirts, mugs, dents de vampires en plastique, masques de zombies, épées en plastique bordées de rouge, tapis de souris, pseudos instruments de torture, etc…
Everything here is a pretext for a variation on this theme ! T shirts, mugs, plastic vampire teeth, zombie masks, plastic swords lined with red, mouse pads, fake instruments of torture, etc …
Après Sighisoara, direction la grande ville de Brasov. De belles places et rues piétonnes, des immeubles de couleurs, et la plus grande église gothique, luthérienne, entre Vienne et Istanbul. Elle est un peu lourdingue, quand même !
After Sighisoara, we headed towards the large city of Brasov. Beautiful squares and pedestrian streets, with coloured buildings, and the largest Gothic church , Lutheran, between Vienna and Istanbul. It is a little clumsy, to tell the truth !
Et il n’y a pas qu’à Limoges qu’on trouve des pubs-bibliothèque !
20 km au sud de Brasov s’élève le château de Bran. Là aussi, on est en plein folklore draculesque. Vlad Tepes y aurait passé une nuit. Le bâtiment est très impressionnant sur son rocher, mais il a surtout été habité comme résidence d’été des rois de Roumanie au XIXème siècle.
20 km south of Brasov rises Bran Castle. Again, we are right in the middle of draculesque folklore. Vlad Tepes is said to have stayed there overnight. The building is very impressive on his rock , but it was mainly inhabited as summer residence of the kings of Romania in the nineteenth century.
Après une nuit au Vampire camping, on a pris peur : non pas à cause d’éventuels fantômes mais plutôt à cause des dizaines de stands de draculeries dans la ville et autour du château, et des cars de touristes. On est partis en courant sans le visiter, direction plein sud vers Bucarest en traversant la chaîne des Carpates.
After a night at the so-called Vampire camping, we got scared : not because of any ghosts but because of the dozens of stalls of Draculabilia in the city and around the castle and also because of the numerous tourist buses. We ran away from them without visiting the castle, heading south to Bucharest, crossing the Carpathian Mountains.
Eh oui, nous sommes en juillet et le temps où nous visitions des sites sans le moindre touriste est terminé. Il va falloir s’y habituer !
Obviously, we are in July and the time when we visited the sites without any tourists around is over. We’ll have to get used to it !
Chuck Todaro est d’origine new yorkaise, journaliste, et passionné par la culture Rom. Il a une « guesthouse » dans un petit village de Transylvanie où il accueille des voyageurs curieux d’approcher le monde des Gypsies (cf article dans Causette). Par son intermédiaire, nous avons passé une journée dans une famille de la tribu des Gabor. Il nous a appris que les Gypsies (qui entre eux s’appellent Roms) ont subi 400 ans d’esclavage en Roumanie. Ils ont été libérés au milieu du XIXème siècle. Par analogie avec l’Inde, Chuck parle de castes, depuis les Brahmanes jusqu’aux intouchables.
Chuck Todaro is a New York journalist and is passionate about Roma culture. He runs a « guesthouse » in a small Transylvanian village where he welcomes travelers wishing to approach the world of the Roma. Through him, we spent a day in a family of the Gabor tribe. He taught us that Gypsies ( who call themselves Roma ) suffered 400 years of slavery in Romania. They were released in the mid-nineteenth century. By analogy with India, Chuck talks about castes, from the Brahmins to the untouchables .
Certains sont très riches et construisent d’étranges palais, quand d’autres vivent à proximité des décharges publiques, dans la misère la plus noire.
Some are very rich and build strange palaces, while others live near the garbage heaps , in the most abject poverty.
Nous avons traversé un de ces villages constitué d’énormes maisons de brique rouge, à l’architecture étonnante, à mille lieux des villages misérables croisés jusqu’ici. Devant les maisons, les hommes portent fièrement leurs grands chapeaux, quand les femmes arborent des robes très colorées.
We crossed one of these villages made of huge houses of red brick, with stunning architecture, far from the miserable villages crossed so far. In front of the houses, the men proudly wear their dark suits and big hats when women wear brightly colored dresses.
Les Gabor font partie des « Brahmanes ». C’est une tribu « noble », traditionaliste, de près de 5 000 membres, dont le centre est en Transylvanie autour de Targa Mures, mais répartie aussi dans le reste de la Roumanie, en Hongrie, Allemagne, Danemark, république tchèque et jusqu’aux Etats-Unis. Ils sont très secrets et pratiquent ce que Chuck appelle une « auto-ségrégation » pour éviter toute pollution de leur culture par des éléments extérieurs. Ils travaillent le métal depuis toujours. Les hommes de la famille que nous avons rencontrés sont mécaniciens, ferronniers, zingueurs et en particulier fabricants de gouttières.
The Gabor are among the « Brahmins ». This is a « noble », traditionalist tribe of nearly 5000 members, whose center is in Transylvania around Targa Mures, but that has also spread in the rest of Romania, in Hungary, Germany, Denmark and the Czech republic, and even the United States. They are very secret and practice what Chuck calls a » self-segregation » to avoid any pollution of their culture by outsiders. They are metal workers. The men of the family we met are mechanics, ironworkers , zinc workers , and especially gutters manufacturers.
La famille qui nous a accueillis habite dans un petit village de 1000 habitants (80% de Hongrois, 20% de Roms). Nous sommes en effet dans la région hongroise de Roumanie. Leur grande maison où ils habitent depuis 6 générations (rien à voir avec les palais clinquants vus sur la route) est attenante aux ateliers et au garage de Gaby… Gabor, le chef de famille. Toute la tribu a « Gabor » comme patronyme !
The family that welcomed us lives in a small village of 1000 inhabitants (80% of Hungarians, 20% of Roma ) . We are in the Hungarian region of Romania. The large house where they have lived for 6 generations ( nothing to do with the glitzy palaces seen on the road) is adjacent to the workshops and garage of Gaby… Gabor, the head of the family . The whole tribe has « Gabor » as surname !
La maison est le domaine des femmes qui, comme dans d’autres civilisations (on pense au Maroc), sont les gardiennes des traditions mais aussi les véritables maîtresses du domaine intérieur. Dans la salle de séjour trône un buffet extraordinaire où sont exposés la vaisselle que la maîtresse de maison reçoit à son mariage. C’est en fait une sorte d’autel familial qui marque la richesse de la famille.
The house is the domain of women, as in other civilizations (we think of Morocco). They are the guardians of tradition, but also the true masters of the home and the family. In the living room stands a wonderful buffet which displays the kitchenware that the hostess has received for her wedding. This is actually a kind of a shrine that marks the wealth of the family .
Il y a toute une symbolique autour des vêtements portés par les hommes, et surtout par les femmes.
La confection des jupes est quelque chose d’extraordinaire. Le tissu, de 12 mètres de long, est plissé à la main, puis cousu et repassé pour que les plis restent en place. Plus de mille plis et plusieurs jours de travail ! Lorsque nous étions là, Klara fabriquait trois jupes qui seront expédiées en Angleterre : une commande de Gabor londoniens.
The making of the skirts is something extraordinary. The fabric, 12 meters long, is hand pleated and sewn and ironed for the folds to remain in place. Over a thousand folds and several days of work ! When we were there, Klara was making three skirts that will be shipped to some Gabor customers in London.
La jupe se porte avec un tablier lui même très travaillé et plissé à l’identique. Les jeunes filles non mariées portent deux très longues nattes avec rubans rouges. A partir de 15 ans, après leur mariage, leurs cheveux seront rassemblés sous un fichu.
The skirt is worn with an apron which is very well pleated the same way. Unmarried girls wear two very long braids with red ribbons . Once married, their hair will be gathered under a scarf .
On se marie tôt chez les Gabor et 4 voire 5 générations vivent sous le même toit. Chez Gaby, l’arrière grand-mère a 62 ans et deux arrière petits enfants de 6 et 2 ans. La petite Rita nous a fait complètement craqué. C’est vraiment la star de la maison !
People marry very young among the Gabor and 4 or 5 generations may live under the same roof. At Gaby’s, the great-grandmother is 62 years old and has two great grandchildren of 6 and 2 years old. Little Rita is the star of the house!
Dans cette grande maison pleine de vie, il règne une atmosphère de paix assez étonnante. Des voisins et voisines entrent et sortent, les enfants jouent, les femmes s’affairent, pendant que les marteaux tapent dans l’atelier de ferronnerie. Klara, 24 ans et sa sœur de 14 ans sont les seules à parler anglais (remarquablement bien), qu’elles ont appris, en grande partie, avec la télévision. Cela nous a permis des échanges très intéressants avec des filles intelligentes, ouvertes, curieuses et pleines de personnalité. On s’est tout de suite sentis bien dans cette famille attentionnée, souriante et fière.
In this large house full of life , there is a pretty amazing atmosphere of peace . neighbors and relatives come and go, the children play, the women are busy, while you hear the hammers in the metal workshop. Klara , 24, and her 14 years old sister are the only ones speaking English (remarkably well), which they have learned , in large part, with television. This allowed us some very interesting exchanges with these smart, open, curious girls, and full of personality. We immediately felt well in this caring, smiling and proud family.
On les quittera avec émotion et avec un pot d’échappement réparé par M. Gabor (c’était l’occasion!). Ce même Gaby que l’on verra quitter sa cotte de mécanicien pour un superbe uniforme de policier municipal avant de prendre son service.
We left them with emotion and with an exhaust pipe repaired by M. Gabor ( it was an opportunity !). This same Gaby that we will swap his mechanic’s greasy outfit for a superb uniform of municipal police officer before taking his service.
Décidemment on est loin des clichés des Gypsies fourbes et voleurs ! Les Gabor tiennent beaucoup à cette image d’honnêteté et d’indépendance. On n’oublie pas pour autant les mendiants professionnels rencontrés dans les villes ici ou là, sales et dépenaillés.
We are far from the clichés of Gypsies asknaves and thieves ! The Gabor are proud of this image of honesty and independence. But we do not forget all the professional beggars encountered in cities here and there, dirty and ragged .
On a été bien secoués par cette rencontre. Ce n’est pas en 24h qu’on peut prétendre avoir compris grand chose à cet univers. On est repartis, frappés par la chaleur et la gentillesse de ces gens, et avec mille questions dans la tête.
We have been quite shaken by this encounter. 24 hours are of course not enough to claim to have understood much of this universe. We left, struck by the warmth and kindness of these people, and with a thousand questions in our heads.
Au moment de partir, Rita s’est glissée dans le coffre du camping car et ne voulait plus en sortir !
Upon leaving , Rita has crept into the trunk of the camper and did not want to get out !
(les photos 4, 5, 7 et 8 sont de Chuck Todaro, extraites de son site www.tzigania.com)
Pictures #4, 5, 7 and 8 are from Chuck Todaro, downloaded from his website www.tzigania.com
Sibiu est une ville de Transylvanie de la taille de Limoges. Elle a un passé hongrois et saxon. Au moment de la chute du mur, 20 000 « allemands » y habitaient. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 5 000, beaucoup ayant profité de l’occasion pour rejoindre la mère patrie. Mais l’héritage saxon est partout et même dans le nom de la ville : Sibiu Hermannstadt.
C’est particulièrement vrai dans l’architecture.
On a adoré les « yeux » des toits de Sibiu !
Mais ce qui nous a frappé c’est surtout l’effervescence culturelle de cette ville. Capitale européenne de la culture en 2007, on a l’impression que cela continue au même rythme. Jugez plutôt : pendant les 4 jours qu’on y a passé, on avait le choix entre les 10 ans du TIFF (Transylvania international film festival), le plus grand festival de cinéma de Roumanie, un festival de théâtre, la saison musicale du Philharmonique de Sibiu, un formidable musée des traditions populaires. La seule chose qui nous déçue, c’est le musée Bruckental, constitué des collections personnelles du Baron Samuel de Bruckenthal, gouverneur autrichien de la ville au XVIIIe siècle.
Résultat : on a vu un film en russe (sous-titré en roumain et en anglais) racontant les relations entre le directeur du Louvre et les autorités allemandes pendant 39-45, au titre bizarre de Francophonia, une représentation en plein air d’une version de la tempête de Shakespeare avec acteurs et marionnettes (en roumain, on a quand même craqué après 20 mn), pendant que sur une autre grande place était projeté gratuitement dans le cadre du TIFF un film roumain sur grand écran gonflable, sans oublier deux soirées dans le théâtre à l’italienne du Philharmonique, avec un concert de l’orchestre : Bernstein, Enescu, Lazarescou, Gershwin, (ce n’était peut-être pas le programme de nos rêves mais une belle découverte de musiciens roumains avec un excellent orchestre), et une soirée jazz avec un quintet américain et une chanteuse locale.
Cela fait du bien ! On était un peu sevrés de spectacles depuis 3 mois. Il aura fallu Sibiu et la Roumanie pour nous offrir ces moments ! On est loin de l’image arriérée du pays (même s’il y a encore des charrettes tirées par des chevaux). On sent un pays dynamique, européen à fond (même les églises arborent des drapeaux bleu-jaune-rouge et européens). Les gens sont réservés au premier abord, mais très sympas dès qu’on leur parle. Par contre la francophonie a encore du travail : tout le monde répond spontanément en anglais, ou en allemand, même si on trouve quelques francophones heureux de parler avec nous.
Quant au musée des arts et traditions populaires, on n’a y pas tout vu : il fait 86 hectares et des dizaines de maisons traditionnelles, de moulins à vent, à eau, d’églises en bois, d’ateliers d’artisans, y ont été installés, après avoir été démontés de leur région d’origine puis remontés à l’identique.
On a même surpris une messe en plein air devant une église en bois entièrement peinte à l’intérieur.
C’est une superbe balade. On a quelquefois l’impression d’être dans le village d’Astérix !
Nous voici donc en Roumanie. Les Carpates traversent le pays d’ouest en est, avant de remonter vers le nord. Elles ressemblent beaucoup aux Pyrénées. Des forêts de sapins, des sources et des torrents, des lacs d’altitude. Notre première expérience des Carpates s’est faite un peu par hasard. A la recherche d’un camping, on en a repéré un sur la carte dans le parc national Retezat, tout à l’ouest du massif. Après 35 km de montée, on est arrivés à un lac de barrage et découvert que le camping était encore à 18 km par une piste caillouteuse. On est restés donc près du lac, entièrement seuls dans un environnement superbe. Le calme absolu !
Here we are in Romania. The Carpathian Mountains cross the country from west to east before heading north . They closely resemble the Pyrenees. Pine forests, springs and streams, mountain lakes . Our first experience of the Carpathian Mountains happened by chance. Looking for a campsite, we spotted one on the map in the Retezat National Park, west of the range » After 35 km uphill, we reached a dam and a lake and discovered that the camping was still 18 km away by a stony track. We are thus remained near the lake, completely alone in a beautiful environment. The absolute calm !
Le lendemain, on a décidé de faire le tour du lac : on prévoyait 3 heures de marche.
The next day, we decided to hike around the lake : we expected to have to walk about 3 hours.
Sauf que une fois arrivés au trois quarts du tour, la piste a pris la tangente en grimpant dans la montagne. On a fini par faire demi-tour. Résultat, ce n’est pas 3 heures mais 7 heures qu’il nous fallu pour retrouver nos pénates, avec 30 km dans les jambes :Plus fort que Jean-Mi ! Encore heureux qu’on n’ait pas fait de mauvaises rencontres.
But once we had gone through the three quarters of the lake, the track decided to go up the hill, away from the water. We eventually turned back. As a result we ended up walking for 7 hours ! lucky enough, we did not make bad encounters !
Plus loin vers l’est, une route mythique nous tentait pour notre deuxième incursion dans la montagne : la Transfăgăraș. Elle traverse le massif du nord au sud et était annoncée comme très spectaculaire sur son versant nord, jusqu’à un lac glaciaire tout en haut.
Further east, we were tempted by a mythical road p for our second try in the mountain : the Transfăgăran highway. It crosses the range from north to south anc was publicized as very spectacular on its northern slope, up to a glacier lake.
Cette route a été construite en réponse à l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’URSS en 1968. Ceausescu désirait garantir une intervention militaire à travers les montagnes des Carpates dans le cas ou l’URSS tenterait une opération en Roumanie. Aujourd’hui, c’est un haut lieu touristique. Le lac ne vaut pas tripette, avec ses boutiques de souvenirs et ses baraques à sandwichs, même si c’est le rendez-vous des photos de mariage.
This road has been built as a response to the invasion of Czechoslovakia by the soviet troops in 1968. Ceausescu wanted to have a safe route through the mountains in case of a Russian operation in Romania. Today, it is a tourist attraction. The lake is not worth the trip, with its souvenir shops and sandwich stands, though it is often used as a background for wedding pictures.
La route par contre défie les règles de la pesanteur ! Cela nous a rappelé les « circuits 24 » de notre enfance (les plus jeunes parleront plutôt de jeux vidéos). Ce doit être une des plus sinueuses en Europe !
But the road defies the rules of gravity ! It must be one of the most winding roads in Europe !
Ah, le Danube ! Ce grand fleuve romantique qui danse à travers l’Europe au son d’une valse de Vienne, aux eaux bleues comme les yeux de Sissi l’impératrice, avant de se jeter en rugissant dans le défilé des Portes de fer entre Serbie et Roumanie !
Ah, the Danube ! This great romantic river dancing across Europe on the sound of a Vienna waltz, its waters as blue as Sissi’s eyes, before roaring down the gorge of the Iron Gate between Serbia and Romania !
Sauf que…. Ses eaux ne sont pas souvent bleues mais plutôt grises, même sous le soleil. Sauf que… c’est surtout un grand paresseux qui s’étale dès qu’il le peut, au point de ressembler par moment au lac d’Annecy.
Except that…. its waters are not often blue but gray or green, even under the sun. Except that… it is mostly a big lazy river that spreads whenever it can, to the point of resembling at times to the Annecy Lake.
Sauf que… les Portes de fer sont aujourd’hui fermées par un énorme barrage hydraulique qui a calmé le jeu et permet à des dizaines de bateaux de vendre des croisières « romantiques » !
Except that … the iron gates are now closed by a huge hydroelectric dam that cooled down the game and allows dozens of boats to sell » romantic » cruises !
Ceci dit, les Portes de fer restent un endroit assez magique où le placide Danube se resserre sur 150 m de large (et 100 m de profondeur !) après avoir eu jusqu’à 2 kms de large juste avant.
That said, the Iron Gates remain a pretty magical place where the placid Danube narrows to a width of only 150 meters ( and a depth of 100 meters !) After having been 2 kms wide just before .
La forteresse de Golubac marque l’entrée dans les gorges, avec une succession, sur une centaine de kms de moments où le fleuve s’étale entre les collines et se resserre entre les falaises, avec sur la rive droite les montagnes des Balkans, et sur la rive gauche celles des Carpathes.
The Golubac fortress marks the entrance into the gorge, with a succession, over a hundred kms , ofmoments where the river spreads between hills and squeezes between cliffs, with on the right bank the Balkan mountains, an on the left the beginning of the Carpathian range.
photo D. Barthel CC BY-SA 3.0 wikipedia
Face au passage le plus étroit, on découvre une immense sculpture de 55 m de haut, taillée dans la roche roumaine, de Décébale, le dernier roi Dace, (est-ce un hasard que les Renault roumaines s’appellent Dacia ?) quelque chose comme le Vercingétorix roumain : on se croirait presque dans un remake du Seigneur des anneaux !
Facing the narrowest passage, we discover a huge sculpture, 55 meters high, carved in the Romanian rock, of Decebal, the last Dace king, something like the Romanian Vercingetorix : it is almost like a remake of The Lord of the Rings !
Pour découvrir les Portes de fer, nous étions basés sur la Colline du Capitaine Misha à Donji Milanovac. Cela sonne comme un titre de roman de Jules Verne. Mihailo « Miša » Anastasijević, alias le Capitaine Misha, était au XIXème siècle l’homme le plus riche de Serbie, après le prince régnant. Il a bâti sa fortune sur le transport sur le Danube jusqu’à Vienne du sel de Roumanie et de Moldavie. Au faite de sa réussite, le « Rotschild du Danube » possédait 80 navires et commandait à 10 000 marins ! Il a fini par rendre jaloux le monarque qui l’a exilé en Roumanie.
To discover the Iron Gates, we were based on Captain Misha’s hill in Donji Milanovac. This sounds like a title of a novel from Jules Verne. In the nineteenth century, Mihailo » Miša » Anastasijević , aka Captain Misha was the richest man in Serbia, after the ruling prince. He built his fortune on transporting the salt from Romania and Moldova on the Danube to Vienna . At the height of his success , » the Rotschild of the Danube » had 80 ships and commanded 10,000 sailors ! The monarch eventually got jealous of his success and he was exiled in Romania.
Natif de la région, il surveillait le trafic sur le fleuve depuis sa propriété sur une colline qui aujourd’hui porte son nom. La Colline du Capitaine Misha, en serbe Kapetan Mišin Breg (N44.472624, E22.1039503), est maintenant une galerie de sculptures à ciel ouvert, dans un verger planté de pruniers, de cerisiers, d’abricotiers, de rosiers, de pins.
A native of the region, he used to watch the traffic on the river from his property on a hill that now bears his name. Captain Misha’s hill , in Serbian Kapetan Misin Breg ( N44.472624 , E22.1039503 ) is now an open air gallery in an orchard with plum , cherry , apricot trees,, roses and pinewood .
C’est aussi un restaurant avec quelques chambres d’hôtes, qui accueille également quelques campeurs ou camping cars.
It is also a restaurant with a few guest rooms, which alsomay host a few tents or motor homes .
C’est un endroit sublime au dessus du Danube, où l’on mange sous des tonnelles couvertes de vigne, entre les sculptures de bois du propriétaire.
It is a sublime place above the Danube, where you eat under vine covered arbours, between the owner’s wood sculptures.
La famille qui tient ce lieu est adorable, et leur rakia au miel est délicieux ! Nous y avons passé 3 jours à découvrir la région et à profiter de ce lieu magique, tout en surveillant bien entendu le trafic sur le Danube !
The family that runs this place is adorable, and their rakia mixed with honey is delicious! We spent 3 days there to discover the region and enjoy this magical place, while monitoring the traffic on the Danube ! Of course !
Belgrade est construite au confluent de la Save et du Danube. Comme beaucoup de villes de la région elle était protégée par un fort au dessus de la jonction des deux fleuves. Aujourd’hui la capitale serbe compte plus de 2 millions d’habitants.
Belgrade is built at the confluence of the Sava and the Danube. Like many towns in the region it was protected by a fort above the junction of the two rivers. Today the Serbian capital has over 2 million inhabitants.
Comme pour Sofia, Novi Sad ou Nis, en arrivant, nous avons visé un grand parc où nous pourrions garer le camping car et dormir tranquilles. Nous avons choisi le parc de l’autre côté de la citadelle, le long de la Sava, à 10 mn à pied du centre ville par un pont. Superbe vue sur la ville, et les bateaux mouches qui descendent le Danube.
As for Sofia , Novi Sad and Nis , on arrival, we aimed at a large park where we could park the camper and sleep peacefully. We chose the park on the other side of the citade , along the Sava, 10 minutes walk from the city center by a bridge. Lovely view over the city and the boats going down the Danube.
Sauf que les bateaux-bars-restaurants amarrés le long de la Sava, près de nous, se sont révélés être des boites de nuit et que les Belgradois adorent la fête ! Résultat, les deux premiers soirs, musique électro à fond jusqu’à 5 h du matin. Le lendemain, on s’est déplacés vers un endroit qui était silencieux la veille. Manque de chance, le bateau le plus près a décidé de faire une soirée latino ! Salsa jusqu’au petit matin ! La quatrième nuit, on est partis se planquer dans une petite rue près d’un cimetière : là au moins les voisins ne nous ont pas dérangés.
Except that the restaurants on the boats moored along the Sava, close to us, turned out to be nightclubs and Belgraders love to party ! As a result, the first two nights, we got electro loud music until 5am . The next day we moved to a place that was quiet the night before. Bad luck : That barge decided to hold a latino event ! Salsa until morning ! The fourth night, we went to hide in a small street near a cemetery : there at least the neighbors did not bother us.
Les deux premiers jours ont été consacrés à des courses pour le camion. En Bulgarie, un poteau électrique avait eu la mauvaise idée de nous abîmer un optique de phare à l’arrière. Dans un répertoire des campings nous avions repéré deux magasins d’accessoires à Belgrade. Nous avons passé la première après-midi à chercher le premier magasin : il n’existe plus ! On a aussi cherché un Décathlon fantôme. Le lendemain, on est parti avec le camion au « Camping center Belgrade» en banlieue.
The first two days were spent shopping for the motorhome. In Bulgaria, a power pole had the bad idea to hit a headlight to the rear. On a campgrounds directory we spotted two accessory shops in Belgrade. We spent the first afternoon to get to the first store : it no longer exists ! we also sought for a non existent Decathlon store. The next day, we went with the camper to the » Camping center Belgrade » in the suburbs.
C’est en fait un magasin de meubles, dont le patron, lui-même camping cariste, met à disposition la pelouse devant son magasin pour les touristes de passage. Pas d’accessoires à l’horizon, mais on découvre que Dusan, le marchand de meubles, est aussi le président du camping club de Serbie ! Il passera plus d’une heure au téléphone pour nous trouver un magasin de phares. Finalement, à l’autre bout de la ville, on pourra acheter un phare plus ou moins identique à l’original. Merci Président ! Dans la foulée, on a aussi investi 12 € dans deux fauteuils de campings neufs !
It turned out to be a furniture store, whose boss , himself a motorhome owner, offers the lawn in front of his store for the passing tourists. No accessories on the horizon, but we discovered that Dusan , the furniture dealer, is also the president of the Serbian club camping club ! He spent more than an hour on the phone to find us a headlights store. Finally, at the other end of town , we managed to buy a more or less identical light. Thank you President ! In the process, we also invested € 12 in two new camping armchairs !
Le troisième jour, on a quand même repris notre casquette de touristes ! Un petit tour dans le centre piétonnier, très agréable, et en route pour le musée Nicolas Tesla. Dans chaque ville ou village de Serbie, il y a une avenue à son nom, et son portrait orne le billet de 100 dinars. C’est en fait une sorte de Léonard de Vinci du début du XXème siècle, inventeur génial dans le domaine de l’électricité. On lui doit 300 brevets dans le domaine.
On the third day , we eventually played the tourists ! A short walk in the very nice pedestrian center, and we were on our way to the Nicolas Tesla museum . In every town or village in Serbia, there is an avenue to his name, and his portrait adorns the 100 dinar note. He is actually a kind of early twentieth century Leonardo da Vinci, a brilliant inventor in the field of electricity. He has 300 patents in that field.
Après une longue ballade dans les rues de Belgrade -beaucoup d’immeubles nécessiteraient un ravalement complet-, nous arrivons au Musée. Un premier tour nous laisse dubitatifs devant les applications des champs magnétiques centrifuges et autres bricolages « géniaux ». On attend une visite guidée en anglais pour y comprendre quelque chose. Sauf que le guide parlait avec un pur accent texan de notions de physique bien complexes. Daniel comprenait un peu les mots des démonstrations mais son 4/20 au bac en physique ne permettait pas d’en saisir le sens. Au bout de dix minutes, on s’est éclipsés direction la cathédrale Saint Sava, la plus grande église orthodoxe d’Europe, dans le même quartier.
After a long walk in the streets of Belgrade -many buildings require a complete facelift- , we come to the Museum. A first round leaves us skeptical in front of the application of centrifugal magnetic fields and other « awesome » devices. We waited fort a guided tour in English to understand something . Except that the guide explained complex physics concepts with his red neck Texan accent . Daniel understood some words but his 4/20 in physics at the baccalaureat did not allow him to grasp the meaning. After ten minutes, we escaped towards Saint Sava Cathedral, the largest Orthodox church in Europe, in the same neighborhood .
Elle est effectivement très haute, mais l’intérieur est en pleine réfection, avec des échafaudages partout et les fresques protégées par du plastique ! Circulez, y’a rien à voir.
It is actually very high , but the inside is undergoing refurbishment , with scaffolding everywhere and frescoes protected by plastic ! Move along, there’s nothing to see.
En fait, on a décidé d’en rester là avec Belgrade. Les Belgradois sont gentils, mais on en avait un peu marre. Cela semble une ville très active, très animée, pas forcément très belle, mais attrayante, malheureusement on est visiblement passé à côté !
In fact, we decided to stop there with Belgrade. Belgraders are nice, but we were a bit fed up . This seems a very active city , bustling , not necessarily beautiful, but attractive, unfortunately we obviously missed it !
On a donc pris la route vers l’est et le défilé du Danube à travers les « portes de fer », en direction de la Roumanie, à la recherche d’un camping. On s’est d’abord arrêtés pour voir le site romain de Viminacium. En pleine campagne, entre deux usines Seveso, au milieu des champs de blé et de maïs, des grandes tentes blanches protègent les vestiges.
So we took the road east down the Danube and the » iron doors « gorge towards Romania, looking for a campsite. Our first stop was to see the Roman site of Viminacium. In the countryside, between two Seveso plants, amid the wheat and corn fields, large white tents protect the remains .
Il y a même une reconstitution complète d’une villa romaine. Improbable mais intéressant, sauf qu’on sera pris en otage par un guide volubile qui ne nous lâchera pas pendant 2 heures et 20 minutes, avec en point d’orgue la visite à Vika, respectable dame mammouth de 5 millions d’années, trouvée également sur le site !
There is even a complete reconstruction of a Roman villa . Interesting. Except that we were be held hostage by a talkative guide, who kept us for 2 hours and 20 minutes. The highlight was the visit to Vika , respectable lady mammoth 5 million years , also found on the site !
As for the camp site, we finally found one in Veliko Gradiste after a first unsuccessful attempt. But then again, bad surprise : it was full of old, moldy caravans, covered with moss and dead leaves. Really bad luck these days !
Ce qu’on ne savait pas, c’est que le lendemain on allait trouver un petit paradis. Mais cela c’est une autre histoire !
What we did not know was that the next day we would find a little paradise. But that is another story!
Après un long parcours de liaison entre Bosnie et Serbie via la Croatie par l’autoroute centrale de l’ex-Yougoslavie, nous voici dans la province serbe de Voïvodine.
After a long liaison section between Bosnia and Serbia through Croatia by the central highway of the former Yugoslavia, we are now in the Serbian province of Vojvodina. The atmosphere of cities has totally changed with no more references to the Ottomans : we are on the side of the former Austro-Hungarian empire.
L’ambiance des villes a changé du tout au tout : plus de références aux Ottomans, nous sommes du côté de l’ex-empire austro-hongrois.
La ville de Novi Sad en est l’illustration. Bâtie face à la citadelle qui surplombe le majestueux Danube, elle est récente (300 ans) et le centre, autour de grandes rues piétonnes et de grands cafés en terrasse, est construit de beaux immeubles de style Austro-Hongrois. Le reste fait voisiner des constructions très modernes aux inévitables barres d’immeubles de l’époque titiste mais c’est une ville très aérée, beaucoup d’espaces verts, de pistes cyclables et même une grande plage de sable le long du Danube.
The city of Novi Sad is the illustration. Built facing the citadel which overlooks the majestic Danube river, it is recent (300 years) and the center is made of wide pedestrian streets and large terrace cafés. Lots of beautiful Austro-Hungarian style buildings. In the resto fo the town, you find very modern constructions close to the inevitable blocks of flats of the Tito era but it is a very airy city, with lots of parks, bike paths and even a large sandy beach along the Danube.
Beaucoup de passages et de cours intérieures plus intimes aussi entre les rues.
And also many passages and more intimate courtyards between the streets.
Pour fêter nos 3 mois de voyage (déjà!) on s’est offert une nuit dans une Salaš. Ce sont des fermes traditionnelles ouvertes aux touristes de passage. La Cvejin Salas se trouve à 15km à l’ouest de Novi Sad, à l’entrée du village de Begeč (N45.1456993 E19.3859428).
To celebrate our 3 month trip ( already!), We took a night in a Salaš . These are traditional farms open to tourists . The Cvejin Salas is 15km west of Novi Sad, at the entrance ofof the village of Begeč ( N45.1456993 E19.3859428=
Cachée à l’ombre de grands arbres, elle propose quelques chambres un peu bricolées -on avait l’impression qu’on avait ouvert un vieux canapé dans un petit salon décoré de bibelots kitch et de photos de famille- pour 20€ par personne en demi-pension.
Hidden in the shade of large trees, it offers some rooms a little cobbled -we felt like they opened an old couch in a small living room. It is decorated with kitschy trinkets and pictures of the family. All this for 20 € per person with dinner and breakfast.
Mirshka, la mamie adorable qui tient la Salaš parle un excellent français, qu’elle a appris en faisant une année de fac à Grenoble dans les années cinquante, hébergée par un oncle sculpteur qui avait perdu une jambe sur la ligne Maginot en 14-18 et s’était marié avec son infirmière française ! Improbable mais vrai.
Mirshka, the adorable granny owning the Salaš speaks excellent French. she learned it by doing a year of college in Grenoble in the fifties, hosted by a sculptor uncle who had lost a leg on the Maginot Line in 14-18 and had married his French nurse ! Improbable but true.
En nous accueillant elle s’est tout de suite excusée car dans la cour, sur la pelouse, un groupe d’une vingtaine de grands gaillards fêtait un enterrement de vie de garçon, avec musique à fond et bières, vin et rakis à volonté.
When welcoming us she apologized right away because in the yard, on the lawn, a group of about twenty big fellows were celebrating « a bachelor ‘s funeral », with loud music, beers , wine and rakis at will.
On s’est cru retrouvés face à un film de Kusturica, avec la musique de Dragan Bragovic et le no smoking orchestra.
We felt like being in a Kusturica’s movie, with the music from Dragan Bragovic and the No smoking orchestra.
On était un peu au banquet de « Papa est en voyage d’affaire » ! Plus la nuit avançait, plus ça chantait à tue tête et comme clou de la soirée, le futur marié s’est fait offrir une poupée gonflable du meilleur goût : on était assez contents de ne pas comprendre le serbe !
We were a little like at the banquet of « Papa is on a business trpWhen Father was away on business ! » As the night progressed, the singing went louder and louder and as the evening’s highlight , the groom-to-be was offered an inflatable doll : we were quite glad not understand the serbian commentaries !
Heureusement la petite maison dispose de doubles portes et de doubles fenêtres et on a pu dormir tranquilles. Je n’ose pas imaginer comment ces loustics ont repris la route vers 4 h du matin.
Fortunately the little house has double doors and double windows and we slept peacefully . I dare not imagine how these blokes hit the road at 4 am .
Après un petit déjeuner très copieux, Chon a récupéré la recette de la très bonne moussaka aux courgettes de la veille au soir :
After a huge breakfast, Chon collected the recipe for the good moussaka with zucchini of the evening dinner :
3 petites courgettes (comme dans la main de Mamie Mirshka sur les photos)
200 gr de bœuf haché + 200 gr de porc haché
1 oignon moyen
1 cube de bouillon de poule
Poivre, paprika et persil plat
3 beaux œufs
200 gr de fromage blanc + 200 gr de lait
sel (peu)
Découper, dans le sens de la longueur des tranches de courgettes d’ 1 cm et demi d’épaisseur, sans enlever la peau. Les fariner, et les disposer dans un plat à four bien huilé, faire ainsi 2 ou 3 couches, reverser un petit filet d’huile sur le dessus et mette au four jusqu’à ce que les courgettes aient un peu ramollies (environs ½ heure à 180 °)
Pendant ce temps, hacher finement l’oignon, et le faire revenir avec les viandes hachées, ajouter le bouillon cube, le poivre, le paprika et le persil haché. Bien mélanger mais attention : l’ensemble ne doit être qu’a moitié cuit sinon ce sera trop sec au final.
Sortir délicatement les courgettes du plat, puis en tapisser le fond avec la moitié des légumes seulement en les faisant se chevaucher légèrement. Ajouter le mélange de viandes et épices. Terminer par une nouvelle couche de courgettes
Battre les œufs avec le lait et le fromage blanc, ajouter 1 ou 2 pincées de sel
verser ce mélange sur le plat de courgettes et faire pénétrer en piquant et remuant légèrement à l’aide d’une fourchette.
Mettre au four à 200 °, environs ½ heure jusqu’à ce que l’ensemble prenne une belle coloration chaude .
ET BON APPETIT, BIEN SUR !
Variante : on peut bien sur faire cette recette avec des aubergines à la place des courgettes.
S’il y a une chose qui n’a pas changé à Sarajevo, c’est bien la ligne de tram qui parcourt la ville d’est en ouest, sur une dizaine de kms. La ville est déployée sur une vallée toute en longueur, au bord de la rivière Mijacka, cernée de collines, sauf un passage au sud ouest où se trouve l’aéroport. Les pentes sont bosniaques, les sommets sont serbes.
If there is one thing that has not changed in Sarajevo, it is the tramway line that crosses the city from east to west. The city is ten kms wide, deployed on a valley all in length, along the Mijacka River , surrounded by hills, except for a southwest passage where the airport is located. The slopes are Bosnian, the summits are Serbian.
Inutile de rappeler l’horreur des 4 ans de siège. Seul cordon ombilical pour les sarajéviens, le pont aérien de l’ONU (jusqu’à 25 rotations d’avions humanitaires par jour) et un tunnel d’un mètre de large sous les pistes de l’aéroport qui permettait de rejoindre la zone tenue par les forces bosniaques, en évitant les snipers.
Needless to recall the horror of the 4 year siege . The only cords for Sarajevans were the UN airlift (up to 25 rotations of humanitarian flights per day) and a one meter wide tunnel under the runways of the airport which allowed to reach the area held by Bosnian forces, while avoiding the snipers.
Les trams ont été un peu modernisés, et couverts de publicités mais les plus vieux sont toujours là ! On conseille un voyage sur le tram jaune de la ligne 3 qui date sans doute des années 60 et bringuebale d’un bout à l’autre de la ville, permettant de découvrir de multiples visages de Sarajevo aujourd’hui.
The trams have been modernized a little and covered with advertisements, but the older ones are still there ! We suggest a trip on the yellow trams of line 3, which probably date back to the ’60s and keep on jolingt from one end to the other of the city. It is the best way to discover many faces of Sarajevo today.
Sarajevo a d’abord été une capitale ottomane, avec quatre siècles de présence des Turcs. Le vieux quartier de Baščaršija, avec son bazar et ses maisons blanches en témoigne. Drôle de sentiment de visiter un vieux quartier « flambant neuf », entièrement reconstruit. Le tram n°3 en fait le tour.
Sarajevo was first an Ottoman capital, with four centuries of Turkish presence. The old quarter of Baščaršija , with its bazaar and white houses is still a witness of that time. Funny feeling to visit a » brand new » old quarter. The tram No. 3 goes around it.
En 1878, c’est l’empire austro-hongrois qui a remplacé les Ottomans. De nouveaux quartiers ont surgi de terre, le long de la rivière, avec de beaux immeubles à l’ouest de la ville originelle.
In 1878, it was the Austro-Hungarian Empire which replaced the Ottomans. New neighborhoods have sprung up along the river, with beautiful buildings west of the original city.
Pendant quarante ans, jusqu’en 1918, la majorité musulmane a fait le dos rond, la petite minorité catholique a applaudi, et les serbes se sont sentis floués. Ils sont simplement passé du joug turc -donc bosniaque musulman- au joug autrichien. Ces frustrations amèneront à l’attentat contre l’archiduc François-Ferdinand, qui, par effet papillon, a mené à la première guerre mondiale.
For forty years, until 1918, the Muslim majority has lived with it , the small Catholic minority applauded , but the Serbian felt cheated. They had just gonr from the Turkish yoke -id muslim Bosniacs-to the Austrian rule. These frustrations will lead to the attack against Archduke Francis Ferdinand , which led to the First World War.
Le plus beau bâtiment austro-hongrois est sans conteste l’hôtel de ville, bibliothèque nationale durant l’époque yougoslave. Détruit en 1992, il a été reconstruit à l’identique dans un style néo-mauresque vaguement égyptien. C’est aussi le terminus du tram n°3.
The most beautiful Austro-Hungarian building is undoubtedly the City Hall, used as National Library during the Yugoslav era. Destroyed in 1992, it was rebuilt identically in a neo- Moorish, vaguely Egyptian style . It is also the terminus of the tram No. 3 .
Après un épisode de « royaume des serbes, croates et slovènes » avec un roi serbe, entre les deux guerres mondiales, la Bosnie sera un des états de la Yougoslavie de Tito. Les traces de cette époque sont bien visibles dans les quartiers de l’ouest de la ville, toujours le long des rails.
After an episode as » Kingdom of Serbs, Croats and Slovenes » with a Serbian king , between the two world wars , Bosnia will be one of the states of Tito’s Yugoslavia . Traces of this era are visible in neighborhoods west of the city, always along the tracks .
Les souvenirs de la guerre sont encore visibles, entre des immeubles ultra modernes. Des impacts de balles sur les murs, des carcasses de bâtiments et de grands cimetières musulmans sur les hauteurs. Les dates sur les stèles sont parlantes : de 1992 à 1996, 10 000 personnes sont mortes sous les bombardements. Le musée historique est sur ce point passionnant, avec une évocation poignante du siège de la ville.
Memories of the war are still visible between ultra modern buildings. Bullet impacts on the walls , carcasses of buildings and large Muslim cemeteries in the hills . The dates on the stelae are striking: from 1992 to 1996, 10,000 people died under the shellings . The Historical Museum displays a poignant evocation of the siege of the city, not to miss .
Sarajevo était la capitale culturelle de la Yougoslavie, et l’est peut-être redevenue. En témoignent les nombreuses affiches de théâtre, de festivals. Au hasard de nos balades, nous avons croisé un festival pour enfants et une scène de hip hop et de slam, et la préparation d’un concert à l’hôtel de ville.
C’est aussi une ville moderne où les immeubles chics poussent comme des champignons.
Sarajevo was the cultural capital of Yugoslavia, and may be have gained again this title . This is evidenced by the numerous posters for plays or festivals. Through our random walks, we passed by a « kids festival » and an open air stage of hip hop and slam performances, and a concert being rehearsed in the town hall .
It is also a modern city with chic buildings mushrooming everywhere .
Sarajevo est aujourd’hui une ville très touristique, inscrite sur les parcours des agences, avec le circuit Dubrovnik (Croatie) – Kotor (Monténégro) – Mostar et Sarajevo (Bosnie). Très riche en monuments religieux reconstruits (basilique catholique et cathédrale orthodoxe, ancienne synagogue, mosquées historiques), elle est redevenue une ville vivante, plaisante, aux multiples facettes. Mais les haines ont-elles disparu ? Seuls les habitués du tram n°3 pourraient le dire.
Sarajevo today is a tourist town , inscribed on the programmes of the agencies, on a classic tour : is Dubrovnik (Croatia) – Kotor (Montenegro) – Mostar and Sarajevo (Bosnia) . The city is rich in reconstructed religious monuments (Catholic basilica and Orthodox Cathedral , former synagogue , historic mosques ). It has become again a lively, pleasant , multifaceted city . But has hatred between communities gone? Only the people on tram No. 3 could tell.