Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)

La diagonale du vide / crossing the void

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La géographie de l’Iran est rythmée par deux chaines de montagnes : l’Alborz , ouest-est, qui longe la Caspienne depuis la frontière turque jusqu’à celle du Turkménistan, et le Zagros, depuis l’Arménie jusqu’au golfe persique. Ces deux massifs prennent en ciseaux les deux grands déserts iraniens, le Dasht-e-Kavir au nord, face au Turkménistan, et le Dasht-e-Lut au sud, face à l’Afghanistan et au Pakistan. Ils sont immenses et couvrent les deux tiers de la taille de la France !

The geography of Iran is punctuated by two mountain ranges: the Alborz, west-east, which runs along the Caspian from the Turkish border to that of Turkmenistan, and the Zagros, from Armenia to the Persian Gulf . These two massifs take in scissors the two great Iranian deserts, the Dasht-e-Kavir in the north, in front of Turkmenistan, and the Dasht-e-Lut in the south, in front of Afghanistan and Pakistan. They are huge and cover two thirds of the size of France !

Traverser en diagonale les 1 500 kms de Chiraz à Mashad n’est pas difficile car les routes sont bonnes mais c’est terriblement ennuyeux.

Crossing diagonally the 1,500 kms from Shiraz to Mashad is not difficult as the roads are good but it is terribly boring.

Si il n’y avait pas quelques villes comme Yazd et quelques oasis perdues dans l’immensité, on se croirait sur la lune. Les étendues de graviers, les zones de dunes, succèdent aux barres de pitons rocheux déchiquetés, en passant par des lacs de sel asséchés. Pas un arbre, peu de végétation à part de courageux tamaris de loin en loin.

If there were not a few cities like Yazd and some oases lost in the immensity, one would feel like being on the moon. The gravel stretches, the dune areas, are followed by bars of shattered rocky peaks, or dried salt lakes. Not a tree, little vegetation apart from some courageous tamaris from time to time.

On voit plus de panneaux « attention chameaux » que de chameaux ! On oublierait presque les caravanes de la route de la soie, si on ne croisait pas, de temps à autre, un caravansérail bien pratique pour se mettre à l’ombre à midi.

One sees more « beware of  camels » signs than the real animals! One would almost forget the caravans of the Silk Road, if one did not come across, from time to time, a convenient caravanserai to get into the shade at noon.

Tabas, à mi-parcours, est tout de même une étape sympathique. C’est une ville-oasis sous les palmiers, elle est dotée d’un magnifique jardin où poussent à profusion palmiers, orangers, citronniers, mûriers, grenadiers, le tout accompagné du murmure des bassins d’eau fraîche. Il y a en fait très peu de palmiers dans le désert du nord, car il y fait trop froid l’hiver.

Tabas, at the halfway point, is however a nice stage. It is an oasis town under the palm trees, it has a magnificent garden, where there is a profusion of palm trees, orange trees, lemon trees, mulberry trees, pomegranate trees, all accompanied by the murmur of pools of fresh water. There are actually very few palm trees in the northern desert, because it is too cold in the winter.

Une trentaine de kms plus loin, au hasard d’un virage (ils sont rares), nous est apparu un grand village de terre pratiquement abandonné.

About thirty kms further, around a curve (they are rare), we spotted a large adobe village, almost totally abandoned.

Faut-il rendre les tremblements de terre réguliers dans la région responsables de cet abandon ? On pense aux 40 000 morts de Bam en 2003, mais on a découvert que Tabas avait aussi été détruit en 1978, et subi 45 000 morts.

Are the regular earthquakes in the region responsible of the destruction ? One thinks of the 40,000 casualties in Bam in 2003, but we discovered that Tabas was also destroyed in 1978 and suffered 45,000 deaths.

Plus loin, nous laissons derrière nous, la ville poussiéreuse de Ferdows, avec une pensée pour Ferdowsi, le poète auteur du Shah Nameh, le livre des rois. Ce monument de la littérature persane est un poème épique, retraçant l’histoire de l’Iran depuis la création du monde jusqu’à l’arrivée de l’Islam, en plus de 60 000 couplets de deux vers, écrit aux alentours de l’an 1000. C’est un peu l’équivalent de l’Illiade et l’Odyssée, le Mahabaratha, l’Epopée de Gilgamesh ou les Chevaliers de la table ronde dans d’autres régions du monde. De nombreux iraniens portent comme prénom les noms de héros du Shah Nameh  et tout le monde ici connaît par cœur les exploits de Rostam, le héros pourfendant les méchants !

Further away, we leave behind us, the dusty city of Ferdows, with a thought for Ferdowsi, the poet author of the Shah Nameh, the Book of kings. This monument of Persian literature is an epic poem, retracing the history of Iran from the creation of the world until the advent of Islam, in  60,000 double verses, written around the year 1000. It is somewhat equivalent to the Illiad and the Odyssey, the Mahabaratha, the Gilgamesh Epic or the Knights of the round table in other parts of the world. Many Iranians wear the names of the heroes of the Shah Nameh as their first name, and everyone here knows by heart the deeds of Rostam, the hero fighting the villains !

Hercule et ses petits travaux font pâle figure devant le champion de tous les champions du Shah Nameh, défendeur de la nation iranienne face à tous les envahisseurs, hommes ou démons !

Hercules and his little works annot stand before the champion of all the champions of the Shah Nameh, the defendant of the Iranian nation against all invaders, men or demons!

Quant à nous, plus modestement, on a traversé confortablement ce grand désert à notre rythme. Ce soir nous dormons dans un parc à Torbat-e-Heydayeh (35.24878, 59.20954). C’est avec soulagement qu’on voit arriver le bout de cette diagonale du vide, et la ville de Mashad. C’est la deuxième plus grande ville d’Iran et elle abrite le plus grand sanctuaire chiite du pays autour du mausolée de l’imam Reza, particulièrement vénéré par les Iraniens. Ce sera notre prochaine étape.

As for us, more modestly, we comfortably crossed this great desert at our rhythm. Tonight we sleep in a park in Torbat-e-Heydayeh (35.24878, 59.20954). It is with relief that we see coming the end of this diagonal of emptiness, and the town of Mashad. It is the second largest city in Iran and is home to the largest Shi’a shrine in the country around the mausoleum of Imam Reza, particularly revered by the Iranians. This will be our next step.

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