Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)


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Gdansk ville hanséatique

Gdansk, c’est bien sûr Solidarnosc, les chantiers navals et Lech Walesa. L’électricien moustachu est maintenant retiré de la vie publique. Après avoir été Président de la République  de 1990 à 1995, il a finalement été repoussé par les Polonais, notamment pour ses positions conservatrices, avec seulement 1% de voix aux élections présidentielles de 2000. solidarnosc_logo

Les chantiers navals périclitent, mais le syndicat est toujours vivant : nous avons trouvé un tract réclamant des augmentations de salaire pour les personnels des musées sur le comptoir du Musée de la Marine.

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Mais Gdansk, alias Dantzig, c’est d’abord une des principales villes de la Ligue Hanséatique, qui a conservé le monopole du commerce en Mer du Nord et Baltique, du XIIème au XVIIème siècle.

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Sa position à l’embouchure de la Vistule, navigable jusqu’à Torun à 200km dans les terres lui a permis d’être le débouché de tout l’arrière pays polonais pendant des siècles. La richesse de Gdansk se voit encore dans ses portes monumentales et les bâtiments des riches commerçants de la Hanse.

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La ligne d’horizon de la ville est marquée par les grues du port, mais aussi par la masse de la cathédrale. Elle est énorme, peut accueillir 20000 personnes, mais est surtout très moche !g1

Nous avons passé de bons moments à regarder le flot des passants sur les quais le long des canaux, face à l’énorme grue de l’époque médiévale, en surplomb au dessus de l’eau.

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En face de la grue, il ne faut pas manquer le Musée Maritime. L’épopée de Gdansk l’hanséatique y est présentée de manière très vivante et complète, et on a adoré les maquettes.

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Et comme une visite de ville doit toujours se terminer autour d’une bonne table, Krystyna, notre nouvelle amie couchsurfeuse nous a fait découvrir le meilleur restaurant de Pierogi de Gdansk. Il est à Oliwa, dans la banlieue nord, près d’un très beau parc.

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Une ballade sous les arbres nous avait mis en appétit, et les Pierogi étaient formidables. Ce sont des « raviolis » king-size avec des farces toutes meilleures les unes que les autres. On vous conseille les Pierogi au sanglier nappés de sauce aux chanterelles, et préparés sur place. Y’a pas plus frais !

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Et pour finir, un petit jeu : combien de pierogi sont cachés dans l’image ?

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Prochain billet : Kolejka, un jeu communiste

 

 

 

 


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Locquirec sur Vistule

Après Malbork, nous sommes montés jusqu’à la Baltique, 50 kms plus haut.On n’avait pas vu la mer depuis Istanbul.

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Des deux côtés de Gdansk, où nous serons ce week end, des langues de terre créent des presqu’îles de sable et de pinèdes, à droite et à gauche de l’embouchure de la Vistule. On se croirait du côté de La Palmyre ou sur la presqu’île de Quiberon.

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Dans le village de Krynica Morska où nous sommes, on trouve les mêmes bouées-canards et parasols qu’à Royan ou Locquirec. C’est déjà la fin de saison (ouf !) et les campings (n°179 N54.37855 E19.40546) sont déjà presque déserts. Ce n’est pas pour nous déplaire !

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Et sur la plage, on pourrait être aux Sables blancs à Locquirec. Il fait 22° en ce 2 septembre (30° à Limoges ?!) et l’eau a la même température qu’en Bretagne nord. On s’est même baignés sans burkini !

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Avec une petite bière et une friture pour finir la journée,

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avant un coucher de soleil magnifique.

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Chez les chevaliers teutoniques

Un peu d’histoire… (C’est la rentrée des classes)

En 1231, le duc Conrad de Mazovie (dans l’est de la Pologne actuelle), incapable de refouler les méchants Baltes et Saxons païens à sa frontière, appelle à la rescousse les moines-soldats de l’Ordre teutonique. Il les invite à s’installer sur la côte polonaise pour l’aider à repousser ses voisins. Mal lui en a prit : non seulement les Teutons écrasent les Baltes, mais se taillent un royaume énorme sur toute la côte jusqu’en Estonie, à l’exception de la Lithuanie.

Par Space Cadet de en.wikipedia.org, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=929739

Il faudra attendre la bataille de Grunwald en 1410 pour que l’alliance polono-lithuanienne prenne le dessus sur les chevaliers teutoniques. Les populations allemandes sur place constitueront la future Prusse orientale. On retrouve presque sur cette carte les futures frontières de l’entre deux guerres, avec le fameux couloir de Dantzig.

Par DerHexer; derivate work: Carschten — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11052758

Les chevaliers teutoniques feront de Marienberg (Malbork en polonais) leur capitale et y construiront en 1274 le plus grand château de brique rouge d’Europe. Il a été gravement endommagé par les combats de 1945. les Russes l’ont pilonné pour déloger les Allemands.

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Aujourd’hui, il est entièrement restauré. L’église a été en grande partie reconstruite et n’a ouvert au public qu’en 2016. Le mur d’enceinte entoure 20 ha de terrains et de bâtiments. Il nous a fallu 3 heures pour parcourir l’ensemble. C’est le plus beau château fort que nous ayons vu, avec le Krach des chevaliers en Syrie (mais dans quel état est-il aujourd’hui ?)

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Les chevaliers teutoniques, ordre créé lors des croisades à Jérusalem, avaient comme sainte patronne la Vierge, d’où la statue de 20m de haut sur la façade du château.

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Il ne fait pas chaud l’hiver en Poméranie, et même les statues peuvent avoir froid !

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Torun à vélo

Depuis Varsovie, nous sommes remontés vers la Baltique en deux étapes.

Nous nous sommes d’abord arrêtés à la jolie ville de Torun sur la Vistule, elle aussi classée UNESCO.

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Cette cité commerçante était toute proche de la frontière allemande d’avant 1945 et a visiblement intégré des aspects germaniques. On pense aux villes du nord de l’Allemagne. Nous passons petit à petit dans l’univers de la brique rouge.

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Mais les façades peintes et décorées restent toujours aussi belles.

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Décidemment, toutes ces villes polonaises sont superbes !

La Pologne est aussi le pays du vélo ! Les campagnes qu’on a traversées jusqu’ici sont plates, sauf dans le sud-est, et c’est un plaisir de parcourir les villes en pédalant. Il y a des pistes cyclables partout, les piétons partagent les larges trottoirs et les voitures s’arrêtent pour vous laisser passer. C’est encore mieux qu’en Hollande où il y a tellement de vélos qui roulent vite qu’on est un peu stressés. A Torun, on a même trouvé une borne gratuite avec pompe et outils de réparations  !

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On va rentrer avec des mollets de coq !

 

 


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Varsovie revient de loin

Le 1er août 1944, le gouvernement polonais en exil et la résistance intérieure lancent l’insurrection de Varsovie contre l’occupant nazi. L’objectif est de libérer la ville pour accueillir ensuite l’Armée rouge qui arrive, en capitale d’un pays libre.  Si le centre ville est vite vidé des soldats allemands, l’euphorie est de courte durée. La contre-offensive durera 63 jours et la population sera écrasée sous la puissance de feu allemande. Les soviétiques,  à quelques kms seulement de la ville, restent l’arme au pied et sourds aux appels à l’aide de Varsovie ! Staline préférait récupérer à la fin de la guerre une Pologne exsangue vidée de ses résistants et de ses élites et a laissé faire les Allemands sans bouger.

Les Nazis détruiront 85% de la ville et lorsque l’Armée rouge y entrera finalement, en janvier 1945, elle ne trouvera dans les ruines qu’un millier de survivants hagards. Avant cela, elle aura envoyé au Goulag ou assassiné les résistants polonais. Les photos de l’époque sont hallucinantes, sans doute les mêmes que celles de Dresde,  bombardée massivement par les alliés.

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Le musée dédié à l’insurrection raconte cette histoire de manière très poignante, bien qu’ on en ressorte avec un certain malaise, car tous les habitants sans exception semblent avoir été des résistants combattants et les communistes polonais installés au pouvoir par les Russes semblent être sortis de nulle part en 1945.

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Aujourd’hui Varsovie est reconstruite, même si on peut penser que certains terrains vagues couverts d’herbes folles et entourés de palissades pourraient dater de 1944. On arrive en ville par des autoroutes à quatre-voies toutes neuves et de grandes avenues bordées d’immeubles dignes de la Défense.

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Le symbole de la longue parenthèse communiste est la Palais de la Culture et de la Science qui dominait la ville à la chute du régime, et reste le point culminant du paysage urbain. Il est aujourd’hui entouré de tours futuristes et d’une gare ferroviaire ultra moderne.

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Tout semble neuf. Les nouveaux bâtiments de verre -des banques, des bureaux, des hôtels- tranchent avec les austères bâtiments staliniens. Bizarrement, nous n’avons vu aucun drapeau européen contrairement, par exemple, à la Bulgarie et la Roumanie.

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Quant à la vieille ville médiévale, elle a été reconstruite entièrement à l’identique avec ces places aux belles maisons décorées et son château. On pourrait oublier totalement que ce quartier a seulement 70 ans !

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La voie royale qui relie les parties de la vieille ville est le soir le domaine des piétons, des vélos, des musiciens de rue, des danseurs de hip-hop et des bulles de savon !

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On a passé à Varsovie une soirée formidable, avec un concert de jazz flamenco -gratuit- qui clôturait le festival qui a lieu chaque été sur la  place centrale du « vieux » quartier. Si vous avez l’occasion de voir et d’entendre le « Antonio Serrano quartet », n’hésitez pas : Serrano lui-même est un harmoniciste extraordinaire et le guitariste Antonio Sanchez est digne de Paco de Lucia. Voici un extrait du concert !