Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)


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Battambang insolite

Après un repos bien mérité dans la guest house d’Anelyse et Sarom, nous avons accepté l’offre de celui-ci pour une journée entière de ballade dans et autour de Battambang. Bien nous en a pris, car cela a été une journée formidable, hors des circuits habituels.

On a commencé, pour nous mettre en appétit, par la visite d’une « usine » de poisson séché. Dans des ateliers bricolés à l’odeur infernale, des femmes et des hommes nettoient et font mariner dans le sel (on pourrait dire pourrir) des poissons de rivière dans de grandes barriques de bois. Cela ne donne pas vraiment envie.

La « banlieue » ressemble plutôt à une succession de villages très pauvres. Le premier arrêt a été pour la découverte de la récolte du sucre de palme. Grimpant à une échelle de bambou très sommaire, les paysans installent sous les longues tiges des fruits du palmier à sucre des « bidons » qui recueillent le jus qu’ils laissent ensuite fermenter pour en faire de l’alcool.

Plus loin, au bord de la route, des drôles de panneaux solaires attirent l’attention : ce sont en fait des galettes de riz mises à sécher au soleil.

Elles sont fabriquées sur place, à la chaine. Le feu est alimenté par de la balle de riz !

Une fois de retour en centre-ville, c’était l’occasion de faire la connaissance de Madame Kim Hoa, 73 ans, la seule rouleuse de cigarettes de la ville. Elle les roule avec une baguette et un vieux billet de banque.

Elle a survécu au génocide et occupe un tout petit espace d’un m2 entre deux boutiques.

Et jusqu’à cinq à la fois. Qui dit mieux ?

Avec tout cela, nous n’aurons pas vu les curiosités de la ville, le train de bambous, les grottes de Phnom Sampeau, ou l’école de cirque locale. Mais les yeux pétillants de Madame Hoa valaient toutes les « attractions » du monde.


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Des lotus, du riz, et du rat

 

La campagne de Battambang est connue comme un grenier à riz. Le soleil et des centaines de canaux – beaucoup creusés à mains nues pendant la période Khmer rouge – permettent jusqu’à trois récoltes par an. Nous avons passé une après-midi avec notre volubile guide Sarom Sam à sillonner en tuk-tuk ces pistes de long en large.

La campagne est très belle avec ses rizières à perte de vue

Près d’un lac artificiel, creusé aussi à la même époque par les malheureux cambodgiens (trente mille y sont morts pendant les travaux), on a traversé de magnifiques champs de lotus en fleurs.

Les lotus sont cultivés pour les graines qui se trouvent au coeur de la fleur. Celles-ci servent pour les offrandes aux temples. C’est la fleur sacrée des bouddhistes et on la retrouve sculptée sur tous les édifices religieux.

Ces grosses graines ressemblent à des glands et ont un goût de noisettes fraîches très agréables.

De retour sur notre tuk-tuk, nous avons croisé des petits animaux grillés sur le barbecue au bord de la route.

A un dollar le rat, c’est une affaire à ne pas manquer.

Le goût est quelque part entre celui du poulet et celui du lapin. Quelqu’un veut essayer ?