Daniel et Chon

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront (René Char)


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Coup de mou !

Petit billet d’humeur perso (Chon)

Depuis notre retour de Paris, le 16 mai, j’ai du mal à retrouver l’énergie de la découverte, les sens en alerte face à la nouveauté, la différence, bref…l’envie de continuer le voyage !

Il faut dire que depuis que nous avons enfin réparé le frigo à Thessalonique le parcours pour être à Sofia le 10 mai a été assez dense : 5 jours à Istanbul où nous n’avons guère flâné puis retour en Bulgarie, Plovdiv, Koprivchtitsa, Troyan, Véloko-Tarnovo et Sofia, ça fait beaucoup.

Mais je crois aussi que le séjour parisien, riche en émotions mais bien loin des préoccupations précédentes suivi d’une nuit blanche dans un hall d’aéroport m’ont un peu déstabilisée.

Comment repartir d’un bon pied ? Même le magnifique massif de grès rouge de Belogradcik avait du mal à me réveiller !

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Quand aux rencontres par l’intermédiaire du couchsurfing, elles sont rendues difficiles par le tout petit nombre d’inscrits et, pour les vieux retraités que nous sommes, leur age (souvent autour de 25 ans)

C’était sans compter avec ces merveilleuses petites surprises qui font le sel d’un voyage.

A la sortie de Belogradcik nous arrivons dans le quartier Rom de la ville, c’est à dire une sorte de grand bidonville à la rue totalement défoncée et qui se termine par la décharge de la ville avec trois ou quatre cochons qui fouinent au milieu ainsi que quelques roms qui chargent dans des carrioles tirés par des chevaux, des trucs trouvés là. La misère totale ! A l’entrée du quartier, nous avions demandé notre chemin à un vieux rom installé dans sa camionnette, nous nous étions compris par gestes mais tout cela n’était pas très clair alors il nous a suivi pendant 5 km pour être sûr que nous ne rations pas l’embranchement où nous devions tourner, nous a fait un grand sourire et a fait tranquillement demi tour vers son quartier !

Un peu plus tard, il y a eu la traversée de cette grotte immense accompagnés d’un petit chat dont nous vous avons parlé dans un autre billet.

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Et aujourd’hui, complètement perdus dans la campagne serbe, nous allons sonner à la porte d’une ferme pour demander le chemin de Pristina au Kosovo et comme nous ne nous comprenions pas, ils nous ont invité à entrer, nous ont offert de l’eau et du miel, ont joint par « Skype » une soeur émigrée à Sevran (93) et par ordinateur interposé, le beau-frère nous a indiqué le chemin !

Et c’est reparti….Elle est pas belle, la vie ?


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Trois jours en Serbie / Three days in Serbia

Au début de notre voyage, fin mars, il faisait trop froid pour parcourir les montagnes de Bosnie, du Monténégro et du Kosovo. On y retourne maintenant en espérant que toutes les neiges auront fondu. Pour cela, depuis la Bulgarie, c’est l’occasion de commencer à découvrir la Serbie.

At the beginning of our trip in late March , it was too cold to go through the mountains of Bosnia , Montenegro and Kosovo. Now we go back there and hope that all the snow has melted. To do that, we seized the opportunity to begin to discover Serbia.

Le paysage est celui de moyenne montagne, avec des villages assez coquets. Le niveau de vie paraît supérieur à celui de la Bulgarie ou de l’Albanie.

The landscape is that of mountains, with rather quaint villages . The standard of living seems higher than in Bulgaria or Albania .

La première ville rencontrée nous a offert un spectacle un peu étrange : sur la place de Zajecar, des centaines de jeunes en tee shirts rouges et blancs dansaient le quadrille entourés par une petite foule qui applaudissait. On n’a pas réussi à savoir à quelle occasion !

The first town we encountered offered usa slightly strange sight : On Zalecar central square , hundreds of young people in red and white t-shirts danced the quadrille surrounded by a small crowd applauding . we failed to know what occasion !

Nichée dans une vallée profonde la petite ville de Soko Banja est une station thermale réputée. Deux grands parcs en plein centre la rendent très agréable . On était samedi et on avait l’impression que toutes les familles étaient de sortie, ainsi que des dizaines de groupes d’enfants en promenade scolaire.

Nestled in a deep valley the small town of sokobanja is a spa resort. Two large parks in the center make it very enjoyable. It was Saturday and it seemed that all the families were out , as well as dozens of groups of children in school outing .

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Soko Banja est aussi la ville où Ivo Andric aimait se rendre, à l’hôtel Moravica, un grand bâtiment un peu décati qui surplombe la rivière. Son buste orne la pelouse devant l’entrée.

Sokobanja is also the city where Ivo Andric liked to go to the hotel Moravica, a large and somewhat decrepit building overlooking the river . His bust adorns the lawn outside the entrance.

Nous avions rendez-vous avec une couch surfeuse à Nis, la grande ville du sud, carrefour routier sur l’autoroute nord sud de l’ex-Yougoslavie. A gauche, la route de la Bulgarie et de la Turquie, tout droit, c’est Skopje, la Macédoine, puis la Grèce, et à droite Pristina et le Kosovo.

We had an appointment with a couch surfer in Nis , the big city  of southren Serbia. It is a crossroad on the north-south highway in the former Yugoslavia. On the left, the road to Bulgaria and Turkey , straight on you go to Skopje , Macedonia , and Greece, andif you turn right, you are on your way to Pristina and Kosovo.

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Dominant la ville, la forteresse érigée par les Turcs au XVIIIème pour se protéger des avancées austro-hongroises est en fait un domaine de 22 ha enserré de fortifications. Il n’est reste pas grand chose à l’intérieur sinon une belle petite mosquée et à l’entrée du fort, une porte monumentale, la porte d’Istanbul.

Overlooking the city, the fortress built by the Turks in the eighteenth to protect the Austro-Hungarian advances is actually an area of 22 hectares enclosed fortifications. There is not much left inside, except for a beautiful small mosque and for the main entrance to the fort, a monumental door, called Istanbul gate.

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En 1809, une armée serbe qui essayait de libérer la ville des Ottomans a subi à Nis une sévère défaite. Les Turcs ont érigé un tour pour fêter l’événement en insérant des centaines de têtes coupées tout autour ! Cette tour aux crânes est aujourd’hui protégée dans un bâtiment qui ressemble à une chapelle. Il y a encore suffisamment de crânes sur le reste de la tour pour imaginer ce que ce devait être. Pas joyeux !

In 1809, a Serbian army that was trying to free the city from the Ottomans suffered a severe defeat in Nis. The Turks erected a tower to celebrate the event,  inserting hundreds of severed heads all around  the walls ! The skull tower is now protected in a building that looks like a chapel. There are still enough skulls on the rest of the tower to imagine what it would be. Hard times !

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Pour la première fois depuis que nous « couch surfons », on nous a posé un lapin ! On devait rencontrer une habitante de Nis, prof de français. Cela aurait été l’occasion d’évoquer la Serbie d’aujourd’hui, après les bouleversements de la fin de la Yougoslavie… Personne ! Nous étions très déçus.

For the first time since we « couch surf, » we faced a no show ! We had to meet a resident of Nis , who teaches French. This would have been an opportunity to discuss today’s Serbia, after the upheavals of the end of Yugoslavia … Nobody ! We were very disappointed.

Cela ne nous a pas empêché de passer une bonne nuit au calme près d’un grand parc (toutes les villes de Serbie sont elles aussi vertes ?) et de prendre la route de Pristina, avec un détour prévu au « Village du diable », ensemble de cheminées de fées cité dans le Petit Futé comme un site exceptionnel.

That does not stop us from getting a good night sleep near a large park (all Serbian cities are also green ? ) and take the road to Prishtina, with a detourto see « Devil’s Town  » a group of fairy chimneys quoted in the Petit Futé as an exceptional site.

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C’est vrai que c’est un lieu étonnant, mais peut-être sommes nous un peu émoussés (cf le billet de Chon) mais cela ne nous a pas semblé si extraordinaire. Ce n’est pas la première fois que le guide s’enflamme pour des lieux intéressants mais sans plus : les parcs de Soko Banja étaient censés être « magiques » !

Cette nuit, nous avons dormi dans la campagne, avec au programme l’entrée au Kosovo. A bientôt !

It is true that this is an strange place, but maybe we are a bit dull (see Chon’s post) but it did not seem so extraordinary to us. This is not the first time the guide talks of wonder places : Soko Banja parks were supposed to be « magic » !

That night, we slept in the countryside, with  Kosovo on today’s program. See you soon !

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Siphon, grès et grotte / Siphon , sandstone and cave

Notre dernier jour en Bulgarie a été très varié. La matinée a été consacrée à un atelier plomberie pour déboucher l’évier du camping car. Nous savons maintenant comment dire « siphon »  en Bulgare, même si cela sera sans doute difficile à replacer un jour dans une conversation.

Our last day in Bulgaria was very varied . The morning was devoted to a plumbing workshop for unblocking the sink of the camper. We now know how to say  » siphon  » in Bulgarian, although this may be difficult to place one day in a conversation

Belogradchik est une petite ville au confins de la Bulgarie, de la Serbie et de la Roumanie. A l’ouest, la chaine de Stara Planina sert de frontière avec la Serbie, et au nord commence la plaine du Danube et la Roumanie. Entre les deux, un massif de grès rouge sculpté par l’érosion et un paysage étonnant.

Belogradchik is a small town on the borders of Bulgaria, Serbia and Romania . To the west The Stara Planina range forms the border with Serbia, and in the north begin the Danube plain and Romania. In between,  red sandstone hills, carved by erosion have created an amazing scenery .

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Après un pique nique dans ce décor, il nous restait une cinquantaine de kms avant la frontière, par une petite route. Sur la carte, un symbole indiquait au milieu de nulle part une grotte. Aucun guide n’en parlait. Par curiosité, on a fait le détour par une route bien fatiguée.

After a picnic in this setting , we still had about fifty kms before the border, on a small road . On the map , a symbol indicated a cave in the middle of nowhere. No guide ever mentionned it . Out of curiosity, we made the detour through a very bad road.

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Et là, surprise : une immense grotte, longue de 2 km ! Des salles de 30m de haut et autant de large se succèdent le long du chemin aménagé et vaguement éclairé. Nous étions bien évidemment seuls, à part un petit chat blanc qui nous a suivi en ronronnant sur tout le parcours.

And there, surprise : a huge cave , 2 km long ! 30m high halls and as wide, one after the other, along a path . Of course, we were the only visitors, except for a small white cat that followed us, purring all the way .

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Nous avons fini la journée près d’un petit monastère caché dans les contreforts de la Stara planina, près de la frontière au milieu des rosiers sauvages, seuls au monde, à part comme voisine une bonne sœur toute en noir, réplique féminine de pope – sans la barbe quand même – Un oiseau insomniaque, tout en trilles et roucoulades (un rossignol ?) nous a accompagné jusque tard dans la nuit.

We ended the day near a little monastery hidden in the foothills of the Stara Planina, near the border, in the middle wild roses, alone in the world apart from a nun, all in black, female replica of a pope – except for the beard -and  an insomniac bird,  trilling and cooing ( a nightingale ? ) accompanied us late into the night .

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